Les "îles flottantes" de Vincent Callebaut, éco-architecte

LYLIPAD, un projet de développement durable à la hauteur des défis du XXIe siècle.
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Des pyramides aux châteaux de la Renaissance, l'homme a fait preuve d'une ingéniosité infinie. De Viollet Le Duc, Nicolas Ledoux, Haussman, Ruskin, à l'Art Nouveau, l'imagination et l'audace cherchaient des identités nouvelles, des adaptations à l'essor urbain, des réponses à l'ère industrielle...

Vincent Callebaut semble être tombé dans la marmite de la puissance créative et scientifique de tous les domaines ! Architecte-aventurier, il plonge dans les racines de la nature, s'en inspire, et retranscrit la nature à une plus grande échelle à l'aide des nouvelles technologies et de l'intelligence humaine, pour nous emmener vers la beauté, la poésie et la sauvegarde de l'environnement.

Si de nombreux projets utopiques ont été classés "hors sujet" ou "impossibles" à réaliser, il serait dommage que ceux de Vincent Callebaut subissent le même sort. L'homme, acculé à la montée des eaux, et aux problèmes liés au changement climatique, à la pollution, à la croissance démographique, doit trouver des solutions. C'est fait avec Vincent !

Au gré de la nature, le nouveau prototype biotechnologique de résilience écologique voué au nomadisme et à l’écologie urbaine en mer, Lilypad voyage en flottaison sur les océans, de l’équateur vers les pôles, en suivant les courants marins de surface, ascendants chauds du Gulf Stream ou descendants froids du Labrador.

LILYPAD, le prototype de ville-amphibie auto-suffisante : pure fiction, miracle ou révolution ?

Véritable ville amphibienne, mi-aquatique et mi-terrestre, pouvant abriter plus de 50.000 habitants, elle invite la biodiversité à développer sa faune et sa flore autour d’un lagon central d’eau douce récoltant et épurant les eaux de pluies. Ce lagon artificiel est complètement immergé et il permet de vivre au cœur des profondeurs subaquatiques.

La structure flottante en « branches » de l’Ecopolis est directement inspirée de la feuille fortement nervurée du nénuphar géant d’Amazonie Victoria Regia agrandie 250 fois. La double coque est constituée de fibres de polyester recouverte d’une couche de dioxyde de titane (TiO2) sous forme anatase qui, en réagissant aux rayons ultra-violets, permettent d’absorber la pollution atmosphérique par effet photocatalytique.

Totalement autosuffisante, Lilypad relève ainsi les quatre principaux défis lancés par l’OCDE en mars 2008 : climat, biodiversité, eau et santé. Elle atteint un bilan énergétique positif à émission de carbone zéro par l’intégration de toutes les énergies renouvelables (énergies solaires thermique et photovoltaïque, énergie éolienne, énergie hydraulique, maréthermique, marémotrice, osmotique, phyto-épuration, biomasse), produisant ainsi durablement plus d’énergie qu’elle n’en consomme !

Véritable biotope intégralement recyclable, cette Ecopolis flottante tend ainsi vers l’éco-compatibilité positive du bâti au sein des écosystèmes océaniques en produisant lui-même de l’oxygène et de l’électricité, en recyclant le CO2 et les déchets, en épurant et en adoucissant biologiquement les eaux usées, et en intégrant des niches écologiques, des champs d’aquaculture et des corridors biotiques sur et sous sa coque pour subvenir à ses propres besoins alimentaires.

Qui adhère ? Qui produira un tel projet ? Qui paiera ?

Bien entendu, c'est la première question que l'on se pose après avoir admiré Lylipad. Des îles voguant au gré des courants appartiendront à quels pays ? Seront-elles réservées aux riches ? Même si nous voguons vers une certaine mondialisation, de nombreux détails sont encore à régler, à moins que la nature humaine ne mute d'un seul coup. Car il faut avouer qu'avec de tels avantages, le seul frein réel reste l'égoïsme de nos petits esprits humains, attachés à la propriété, axés sur des valeurs de profit matériel qu'il serait temps d'élever à une hauteur plus philosophique et urgente au niveau de notre environnement sans lequel nous ne serons rien demain.

Liens intéressants (vidéo) : http://www.linternaute.com/savoir/grand-chantier/photo/lilypad-des-iles-artificielles-pour-les-refugies-des-mers/chaque-ile-aura-son-activite.shtml

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