Ma bimbo.com, ange ou démon ?

Ma bimbo est un jeu « d'élevage » en ligne, gratuit, dont le but est de s'occuper d'une bimbo. L'habiller, la faire travailler, aller draguer...
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C'est en décembre 2006 que le jeu voit le jour sur la toile. Au départ caricature de la société, le jeu a trouvé un style beaucoup plus " girly " grâce à l'arrivée de Céline Ananian, alias Nine. Graphiste de son état et travaillant pour une société d'e-card, elle s'est vue proposer de créer les graphismes du jeu, ainsi que les vêtements. Le site connaît alors un énorme succès. Un an après sa création, il affiche déjà 600 000 joueurs inscrits et près de neuf millions à ce jour.

Ma bimbo démonstration

Du rose, des robes, des princesses, voilà de quoi attirer les plus petites comme les plus grandes, qui aiment encore jouer à la poupée.

Jouer à ma-bimbo ? Rien de plus simple

Sans téléchargement, il suffit d'un navigateur et de rentrer ses identifiants pour pouvoir commencer à jouer. Après l'avoir nourrie, habillée, coiffée, vous aurez le choix entre de multiples activités, comme tenter de rencontrer une star, aller au cinéma, à la bibliothèque, au ski.... Et bien entendu, lui trouver un travail et surtout un mari.

But : devenir riche et populaire. Toutes les activités rapportent des points qui vous font grimper dans le classement.

N'oublions pas le podium. Facultatif pour avancer dans le jeu, il n'en est pas moins très convoité par les joueuses, en particulier les plus jeunes.

Une véritable communauté

À côté du jeu en lui-même, un forum est, comme sur de nombreux autres jeux, à disposition, pour les annonces, mais aussi pour montrer sa poupée, son logement et se faire connaître afin d'accéder au podium.

Tenant à garder un esprit de famille, les actualités du site sont annoncées sur un ton propre à la graphiste, dégageant une image de sympathie et de proximité avec les joueuses.

La page facebook quant à elle, rassemble pas loin de 112 000 fans actifs.

Joueuses contre Beemoov, le côté obscur de ma bimbo

Derrière ce monde jovial se cache, pour qui veut bien fouiller, une autre réalité.

Joueuses insatisfaites, triche sous les yeux des administrateurs, conditions générales d'utilisation (CGU) qui changent sans que les principaux intéressés en soient avertis, la guerre semble être déclarée entre la société et certains joueurs.

Les causes ? Pour débuter, « trop de rose tue le rose ». Les habitués et plus âgés du site semblent en avoir assez des nœuds, des robes de princesse et de la couleur Barbie.

« on voudrait avoir plus de choix, plus de vêtements à la mode, mais Nine se refuse à toute proposition, pire, la moindre remarque à ce sujet sur le forum et le topic est immédiatement fermé »

À cela s'ajoute un manque de communication entre administrateurs et joueurs, qui se sentent infantilisés et mis dans l'ignorance.

Autre reproche : le système de paiement : si le jeu est à la base 100 % gratuit, il existe un moyen, sous forme d'allopass, de gagner des BO (monnaie du jeu). Or, même si les gérants s'en défendent, en proclamant qu'ils n'incitent en rien les joueurs à dépenser leur argent, il n'en reste pas moins que pour passer certains objectifs, il est nécessaire d'avoir beaucoup de BO de côté. De plus, au vu du nombre de jeunes joueuses influençables et tentées par les belles (et chères) robes de contes de fée, les allopass représentent une somme non négligeable pour Beemoov.

En janvier, certains parents se sont plaints à une association de consommateur de la facilité à acheter des allopass sur le site. Depuis la société assure que les moyens de paiement sont sécurisés. Mais il n'en est rien. Après test d'une joueuse, rien de plus simple que d'entrer un adresse mail avec internet + et d'enfler la facture de ses géniteurs.

Des bugs : Aux dires des utilisateurs, chaque nouveauté apporte son lot de problèmes... En effet, il n'est pas rare de voir une nouveauté mettre des mois avant de fonctionner correctement. Aucune excuse, aucune explication des têtes pensantes.

" on aime ce jeu, on paye, ne serait-ce que par la pub, et à côté de ça, aucune forme de respect "

Des joueuses bannies pour avoir parlé : dévoiler une faille qui profite à un petit groupe, dénoncer un modérateur qui s'est moqué de vous publiquement sur le fameux réseaux social Facebook, vous voudra une mise à la porte sans autre forme de procès.

Les autres jeux de la société éditrice ne sont pas en reste, de nombreuses plaintes se font entendre pour être très vite étouffées sur les méthodes plus ou moins douteuses de l'équipe.

À ce rythme-là et sans le soutient inconditionnel des joueurs les plus jeunes, Beemoov risque vite de déchanter...

Ce qui serait dommage pour ce jeu novateur et très addictif.

Alors ma bimbo, diablesse ?

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