Visiter le Iwashimizu Hachimangu à Kyôto (Japon)

Sortez des sentiers battus en visitant le Iwashimzu Hachimangu, un complexe shintô magnifique, dans la campagne de Kyôto.
11

La région de Kyôto regorge de temples bouddhistes et shintô; pas étonnant, puisque Kyôto fut très longtemps la capitale du Japon et le siège du palais de l’empereur. Cependant, parmi tous ces temples, certains ont un rang bien particulier, comme le Iwashimizu Hachimangû.

Un sanctuaire shintô pour la maison impériale

Situé dans la ville actuelle de Yawata, dans la préfecture de Kyôto, le temple fut fondé à l’époque Heian (794-1185), plus précisément en 859, datation de ses plus anciens bâtiments. Selon la tradition du temple, c’est l’empereur Seiwa (850-880) qui en ordonna la construction, d’après les visions successives d’un moine bouddhiste, Gyôkyô.

Il peut paraître surprenant qu’un membre de la religion bouddhiste conduise à la construction d’un sanctuaire shintô. Il faut savoir que la religion shintô est, en quelque sorte, la religion « autochtone » du Japon, alors que le bouddhisme a été importé de Chine et de Corée aux Ve et VIe siècles. Les deux religions ont toujours vécu en bonne intelligence et le Japon n’a jamais connu de guerre de religion; c’est pourquoi il n’est pas rare de voir des autels shintô dans des temples bouddhistes et inversement dans le pays.

Ce sanctuaire shintô est dédié à Hachiman, divinité tutélaire de la maison impériale du Japon assimilée à l’empereur Ojin (270-310), l'un des nombreux empereurs « légendaires » dont l’existence n’est pas historiquement établie, mais qui rattachent la dynastie impériale japonaise à ses mythiques origines divines.

De plus, Hachiman est rapidement devenu une divinité syncrétique, mêlant des éléments bouddhiques et shintô, illustrant la capacité japonaise à assimiler les apports étrangers et à les incorporer dans la culture nationale.

Depuis sa fondation, le Iwashimizu Hachimangu n’a cessé d’accroître son influence et fut même désigné au Moyen-Âge comme l’un des « deux mausolées ancestraux » avec le complexe shintô d’Ise. D’ailleurs, entre 1871 et 1946 (cette dernière date correspondant à la perte du statut de divinité de l’Empereur du Japon, à la fin de la Seconde Guerre mondiale), le Iwashimizu Hachimangu figurait dans la catégorie la plus importante du registre des temples financés par la maison impériale.

Un sanctuaire de campagne

Le Iwashimizu Hachimangu est maintenant devenu un temple plus modeste, à la frontière entre les préfectures d’Osaka et de Kyôto. On y accède en prenant les trains de la compagnie Keihan, qui relie, entre autres, Kyôto et Osaka à la station Yawata-shi, puis par funiculaire pour rejoindre la haute colline Otokoyama sur laquelle se dresse le temple.

L’activité du temple est particulièrement réputée pour les cérémonies de purification qui s’y déroulent. En effet, selon le calendrier zodiacal japonais, certains âges au cours de la vie humaine sont dits « maudits » et ces prières peuvent aider à passer ce cap.

Il y a plusieurs purifications possibles: on peut, par exemple, ramener chez soi une flèche en bois bénie par les officiant(e)s du temple et munie de divers talismans, qu’on installera en l’orientant selon la direction bénéfique de l’année.

On peut aussi participer à une séance collective de purification, menée par un prêtre shintô. Il invoquera dans ses prières l’aide des dieux tutélaires du Japon et « bénira » à l’aide des objets de culte les participants. A la fin de la cérémonie, un sac contenant divers articles (saké, pâte de riz gluant, encens) bénis par le prêtre est remis à chacun et leur consommation au cours de l’année participera de ce rituel de purification.

Le temple accueille aussi un complexe d’hébergement pour les scouts - garçons et filles - du Japon.

Le temple dispose d’une page internet officielle , mais uniquement en japonais.

Sur le même sujet