Le XV de France assure le minimum face aux îles Fidji

Alors qu'il pleut depuis trois jours à Nantes, le test-match du XV de France face aux Iles Fidji, n'a pas été optimum. Une fête gâchée sur un terrain lourd
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Dans un stade de la Beaujoire balayé par la pluie et des vents contraires, les joueurs du XV de France ont reconnu avoir assuré le service minimum pour disposer des Fidji samedi à Nantes, préférant se concentrer sur "les bases" et ne pas prendre de risque pour renouer avec la victoire.

"On aurait aimé produire plus de jeu pour se faire plaisir nous et faire plaisir au public aussi", a reconnu l'ouvreur Damien Traille, pas dupe du spectacle offert par les deux équipes. "Il n'y a pas eu beaucoup d'envolées, mais pour nous c'était important de retrouver le chemin de la victoire après cette tournée qui a été ratée cet été", a-t-il souligné.

Le 2e ligne Julien Pierre, entré en fin de rencontre, a également insisté sur le contexte particulier du match, qui a, en quelque sorte, bouleversé le programme.

"C'était un match compliqué car les conditions climatiques étaient très, très compliquées. On avait mis en place des choses à l'entraînement qu'on n'a pas pu faire. C'était du jeu au large et ce n'était pas évident dans des conditions comme ça", a expliqué le Clermontois.

Trois essais pour la joie des spectateurs

Avant le coup d'envoi, les joueurs des îles Fidji ont défié le XV de France avec leur chant du cibi, conclu par un cri de guerre sur le modèle du célèbre haka des Néo-Zélandais. Le cibi a d’ailleurs été adopté par la sélection fidjienne en 1939 pour contrer le haka des All Blacks. Pendant cette danse tribale les bleus étaient regroupés, comme lors de leur confrontation face aux blacks urant la coupe du Monde.

Ce France - Fidji, 8e du nom s'est déroulé devant 35 717 spectateur acquits à la cause des bleus.

En début de rencontre cela se résumé à un duel de buteurs, Yachvili et Baï se répondaient coup pour coup (6-6, 21e).

Les Fidjiens qui avaient montré en 2007 un jeu vif et alerte durant la coupe du Monde ou ils avaient déjà évolué face au Pays de Galles, présentaient samedi soir un jeu trop "gentil" et encaissait un essai après la demi-heure de jeu.

Après les citrons, le XV Français au petit trot poursuivait avec deux essais supplémentaires dont un de pénalité (transformé) et deux pénalités.La messe était dite. Chez les bleus, l'entrée de Chabal (56e) a amené un peu plus de punch, mais le joueur du Métro Racing 92 a pu voir qu'il était toujours le préféré du public

En fin de rencontre la public faisait la « ola » pour le public présent à la Beaujoire c'était la fête. Ces derniers chantaient La Marseillaise. Une chose est certaine la victoire fut arrosée tout au long de la rencontre.

Fiche technique

France - Fidji : 34 - 12

Mi-temps : 16-6. Spectateurs : 35 717. Arbitre : Andrew Small (ENG)

FRANCE : 3 essais Marty (33e), Médard (42e), pénalité (70e), 2 transformations Yachvili (33e, 70), 5 pénalités Yachvili (2e, 20e, 40e, 44e, 56e)

FIDJI : 4 pénalités Bai (14e, 16e, 49e, 55e)

Composition des équipes :

France : Porical - Arias, Marty, Estebanez, Médard (Palisson 77e) - (o) Traille (Skrela 68e), (m) Yachvili (Parra 77e)- Lapandry, Harinordoquy (cap.) (Chabal 56e), Ouedraogo - Thion, Millo-Chluski (Pierre 68e) - Ducalcon, Guirado (Noirot 56e), Schuster

Fidji : Ligairi (Matavesi 69e) - Nakelevuqi (Lovobavalu 58e), VuliVuli, Rabeni, Nalaga - (o) Baï, (m) Kenatale (Taka 77e)- Qera (Ravulo 69e), Koyamaibole, Naevo - Qovu, Lewaravu (Kalou 72e) - Manu (cap.), Tuapati (Veikoso 72e), Dewes.

Des retours pour la prochaine sortie des bleus

AprèsFidji, le XV de France affrontera l’Argentine le samedi 20 novembre, à Montpellier (20 h 45). Le selectionneur Marc Lièvremont en conférence de presse après la rencointre a laissé entendre « qu’il y a de fortes chances » d’assister aux retours des joueurs laissés au repos (Nallet, Bonnaire, Dusautoir, Jauzion, Rougerie, Andreu et Huget). La rentrée du talonneur toulousain William Servat, forfait contre les Fidji en raison de douleurs aux adducteurs, est également envisagé. Cela a donner un tout autre visage.

Les inquiétudes de Liévremont

Avant le rencontre Marc Liévremont soulignait « Ce matin, je me suis levé en me disant que ce serait difficile d’être comblé ce soir au regard des conditions météorologiques. Je me doutais que ce match nous laisserait sur notre faim…. Le sentiment est mitigé. La satisfaction, c’est d’avoir vu de jeunes joueurs (Schuster et Estebanez, notamment, débutaient) franchir l’obstacle. On a été solidaires en assurant l’essentiel. Mais en deuxième période, avec moins de suspense au niveau du score et moins de stress, j’aurais voulu en voir un peu plus, même si j’ai conscience que les gars ont fait des efforts. Il est difficile de tirer des enseignements de cette rencontre, d’où ma frustration pour le public nantais également qui n’a pas l’occasion de nous voir souvent ».

Sortie du capitaine

La sortie d’Imanol (Harinordoquy) n’était pas prévue. Il y a eu un léger bug entre la loge et la touche. Cela m’a agacé. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je suis un peu énervé ».

Ce dernier déclarait ensuite « J’ai un sentiment mitigé. Il n’y a pas eu de rythme, beaucoup de fautes de main, on ne s’est pas senti dominateurs dans un secteur de jeu, on a eu beaucoup d’approximations en conquête. Personnellement, je ne suis pas satisfait de ma prestation, j’ai parfois manqué de maîtrise, mais ce n’est pas mon rôle (de capitaine) qui a fait que j’ai déjoué ce soir (hier) ».

Le XV de France pour une 10e représentation

Cette rencontre était la 10e prestation de l’équipe de France à Nantes.

Déclartions :

David Marty (centre du XV de France) : "Sur mon essai, il y a de la réussite et de l'opportunisme. Un peu de chance aussi ! On savait qu'il y aurait de la pluie, on a eu la maîtrise sur le match à partir du moment où on a pris le score et ça s'est plutôt bien passé. La suite va être de plus en plus dure mais on va se préparer. L'Argentine c'est un autre niveau mais on sera un peu plus dans le Sud donc normalement il devrait faire meilleur (rires)".

Fulgence Ouedraogo (3e ligne du XV de France) : "Dans ces conditions, l'équipe fidjienne était sans doute un peu avantagée. C'est un match qui pouvait se débloquer sur une erreur individuelle ou un exploit personnel. Il fallait rester sérieux et appliqué. Malgré le manque de cohésion que l'on pouvait avoir, on a fait un match sérieux et c'est ce qu'il faut retenir. Cela prouve que l'équipe de France, c'est 30 joueurs et même plus que ça, et on peut compter sur tout le monde. C'est bien pour la cohésion du groupe. On verra si je joue, j'espère y être".

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