Rugby - 6 Nations: le XV de France bousculé par l'Italie

Devant des Italiens volontaires, le XV de France a pris une grosse claque qu'il sera bien difficile d'effacer des esprits avant le Pays de Galles.

À force de balbutier son rugby, les Français sont cette fois tombés bien bas. Dans un match ou les hommes de Marc Lièvremont étaient attendus de pied ferme par environ 25 000 spectateurs, les Bleus ont encore repoussé les limites, mais surtout pas du bon coté. Les Italiens ont joué sans complexes, avec leurs moyens, mais surtout avec l’envie de battre le voisin transalpin et de faire comprendre que l’Italie n’est pas un adversaire à négliger avant la Coupe de monde.

Une entame ratée

Dès l’entame du match, les hommes de Nick Mallett ont su priver le XV tricolore de ballons avec un pack puissant est bien présent. Les coéquipiers du capitaine Dusautoir se mettent à la faute dès la 3e minute, permettant à Mi. Bergamasco d’ouvrir le score sur une pénalité. Les Bleus tentent alors de refaire leur retard, et au quart d’heure de jeu, Trinh-Duc intercepte le cuir et pousse au pied dans les 22 mètres italiens. Médard arrive à reprendre la balle et l'envoie jusqu’à Clerc, qui tape par-dessus le dernier défenseur italien et parvient à plonger pour l’essai (3-5). Cinq minutes plus tard, Parra passe trois points de plus. Les Français se mettent ensuite encore à la faute, permettant à Bergamasco de réduire l’écart (6-8). Un score qui ne bougera plus jusqu’à la pause. Un score flatteur pour des Bleus bien pâle.

Le pire reste à venir

À la reprise, les troupes de Nick Mallett se remettent en marche avec la ferme intention de faire plier les visiteurs. La suite allait leur donner raison, malgré un grand Parra, seul véritable Français à avoir surnagé dans cette déroute : ce dernier passait une pénalité (44e) puis profitait d’une passe de Trinh-Duc pour aller déposer le ballon sous les perches et offrir le second essai à soné quipe. Parra réussissait lui-même la transformation (6-18, 50e). Cette embellie était de courte durée. À l’heure de jeu, les locaux sonnaient la révolte avec un essai de Masi, lui aussi très présent. La transformation était réussie par Mi. Bergamasco (13-18). Une piqûre de rappel. Les Italiens ne sont pas à la rue et en fin de match, le botteur Mi. Bergamasco passait trois nouvelles pénalités contre seulement une pour Parra. La victoire était acquise et les Italiens pouvaient savourer un succès loin d’être un hold-up.

La joie de l'entraîneur Italien

À la fin de la rencontre, l’entraîneur de la Nazionale Nick Mallett arborait un grand sourire après une victoire pour lui tout à fait logique: «J’ai vu que pour les Français, c’était une grande surprise, qu’ils ne s’attendaient pas à ce qu’on rentre dans le match comme ça. J’ai dit à mes joueurs qu’il fallait absolument jouer et garder le ballon, de ne pas avoir peur et j’étais absolument convaincu qu’on pouvait gagner ce match. On a fait trois bons matches à la maison, contre l’Irlande, le Pays de Galles et la France. On n’a pas eu beaucoup de chance sur les deux premiers. Aujourd’hui, la chance était pour nous. J’étais fier de mes joueurs après les matches contre l’Irlande et le Pays de Galles, j’étais très, très déçu après l’Angleterre, et je suis très, très fier de mes joueurs aujourd’hui (samedi 12 mars). J’ai eu beaucoup de chance comme entraîneur, j’ai gagné beaucoup de choses avec des grandes équipes comme l’Afrique du Sud et j’ai gagné deux fois le championnat avec le Stade Français. Mais aujourd’hui, c’est peut-être mon meilleur jour comme entraîneur.»

Au micro de RMC, l’ancien sélectionneur du XV tricolore, ministre des Sports et manager de l'Aviron Bayonnais, Bernard Laporte, faisait un constat terrible sur cette équipe de France: «Je suis aussi triste que les joueurs. Je sais ce qu’ils vivent actuellement, mais lorsque l’on regarde le match, quand on ne parvient pas à bloquer les avants Italiens, on perd des conquêtes et on se met dans une mauvaise position.»

Yannick Jauzion (trois-quarts centre du XV de France): «Toute l’équipe est passée à côté, on sait comment ça va se passer dans la semaine, on doit rester dans notre bulle, il ne faut pas partir dans tous les sens. L’Italie a dominé physiquement son adversaire avant tout.»

Fiche technique:

A Rome (Stade Flaminio), Italie bat France 22 à 21 (mi-temps: 6-8)

Spectateurs: 25 000 environ

Arbitre: Bryce Lawrence (NZL)

Les points:

Italie: 1 essai Masi (60e), transformation Mi. Bergamasco (60e), 5 pénalités Mi. Bergamasco (3e, 24e, 63e, 71e, 75e).

France: 2 essais Clerc (15e), Parra (50e), 1 transformation Parra (50e), 3 pénalités Parra (20e, 44e, 66e).

Les équipes:

Italie: Masi - Benvenuti, Canale, Garcia, Mi. Bergamasco - (o) Orquera (Burton, 58e), (m) Semenzato - Zanni, Parisse (cap.), Barbieri (Derbyshire, 58e) - Del Fava, Dellapè (Geldenhuys, 52e) - Castrogiovanni, Festuccia (Ghiraldini, 48e), Lo Cicero (Perugini, 48e)

France: Médard - Huget, Rougerie, Jauzion (Traille, 71e), Clerc - (o) Trinh-Duc, (m) Parra - Bonnaire, Chabal (Harinordoquy, 57e), Dusautoir (cap.) - Nallet (Thion, 57e), Pierre - Mas (Ducalcon, 41e), Servat (Guirado, 61e), Marconnet

Résultats et Classement

Samedi:

Italie - France 22 - 21

Pays de Galles - Irlande 19 - 13

Reste à jouer dimanche (16 heures GMT): Angleterre - Écosse

Déjà joués:

Pays de Galles - Angleterre 19 - 26

Italie - Irlande 11 - 13

France - Écosse 34 - 21

Angleterre - Italie 59 - 13

Écosse - Pays de Galles 6 - 24

Irlande - France 22 - 25

Italie - Pays de Galles 16 - 24

Angleterre - France 17 - 9

Écosse - Irlande 18 - 21

Classement: Pts J G N P pp pc dif

1. Angleterre 6 3 3 0 0 102 41 61

2. Pays de Galles 6 4 3 0 1 86 61 25

3. France 4 4 2 0 2 89 82 7

4. Irlande 4 4 2 0 2 69 73 -4

5. Italie 2 4 1 0 3 62 117 -55

6. Écosse 0 3 0 0 3 45 79 -34

Reste à jouer samedi 19 mars (5e et dernière journée) :

Écosse - Italie

Irlande - Angleterre

France - Pays de Galles (20h45, Stade de France)

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