Rugby - 6 Nations: XV de France, bonjour tristesse!

Les Bleus ont encore montré leurs limites face à l'Italie. À six mois du Mondial, Marc Lièvremont peut se poser des questions sur son avenir. Réactions.
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Désormais, dire que l’Italie est une petite nation, c’est une grossière erreur. Cette année, les Transalpins ont démontré que leur jeu avait bien évolué et qu’il faudrait désormais compter sur eux pour jouer les troubles-fêtes. Lors de la première journée face à l’Irlande, les Italiens avaient failli faire chuter leurs adversaires (11-13). Si ensuite les Anglais avaient fait exploser la défense de Nick Mallett (59-13), les Gallois avaient connu beaucoup de problèmes pour s’imposer sur la pelouse romaine (16-24). Autant dire que le XV tricolore était averti, ce voyage dans la capitale italienne n’allait pas être de tout repos.

Le match

En parlant de repos, à la mi-temps de la rencontre, les hommes de Marc Lièvremont possédaient deux points d’avance. Les 40 minutes qui ont suivr allaient se transformer en véritable calvaire pour les Bleus. Non seulement étaient-ils aux abonnés absents dans les lignes avant, mais la conquête était inexistante. «On joue à la baballe, on perd tous les ballons, on ne s’engage pas assez. On a peur de se faire mal», confait à la mi-temps du match le sélectionneur français au micro de RMC.

Au rugby, lorsque l’on n’a pas de ballon, il est bien difficile de jouer. Les Français ont bu le calice jusqu’à la lie pour échouer à un point (22-21). À leur sortie du terrain, les larmes étaient de mises alors que de l’autre côté, la joie d’avoir battu cette équipe bleue pour la seconde fois en 32 confrontations était toute légitime.

Déceptions et manque de combativité selon le capitaine

Les réactions à la sortie du terrain étaient unanimes, à commencer par le capitaine Thierry Dusautoir: «Je ressens surtout de la déception, parce qu’on passe complètement à côté du match. On s’est fait dominer sur les phases de combat du début à la fin. Malheureusement, c’est une défaite qui est logique. On n’a pas réussi à relever le défi du combat. En défense, on a souvent reculé sur leurs impacts, en attaque on a peu franchi la ligne. Le rugby reste quand même un sport où il faut gagner du terrain et on n’a pas réussi à le faire. Eux avaient quand même plus de conviction dans ce qu’ils faisaient.» Et le Toulousain de rajouter: «Dans l’ensemble, on est tous conscients de ne pas avoir été à la hauteur. On est tombés sur une équipe italienne qui a confirmé ce qu’elle avait fait sur les trois premiers matches, sauf en Angleterre où elle a pris une raclée, mais face au pays de Galles et à l’Irlande. Elle a fait une bonne partie. On pensait tous qu’on était à l’abri de ce genre de déconvenues. Leur progression a été suffisante pour nous battre ce samedi et on n’a pas été au niveau. Sur ce qui se passe dans le groupe et par rapport à Marc, je pense qu’il faut arrêter de chercher la petite bête. C’est nous qui n’avons pas été à la hauteur de ce qu’on devait faire.»

Les autres joueurs de l'équipe de France

Aurélien Rougerie (trois-quarts centre du XV de France) : «On n’était pas dans notre assiette aujourd’hui. Si j’avais l’explication, on aurait gagné. Il faut arrêter de se prendre pour ce qu’on n’est pas. Ça fait toujours mal de perdre, on ne s’y fait jamais, surtout ici, surtout comme ça, on est très frustrés, très déçus. Que dire? On cherche la solution, mais aujourd’hui on n’a pas montré le vrai visage de l’équipe de France. On a fait des fautes, puis ils mettent tous les points, et ils tiennent le ballon, ils ont bien joué leur jeu. Tout va se passer entre nous dans la semaine? Je ne suis pas d’accord, ça va passer par le terrain, on a le temps de ruminer ça encore jusqu’à demain, après au travail! Inquiet, non, pourquoi? Il y a le temps de travailler.»

Vincent Clerc (trois-quarts aile du XV de France): «LA Coupe du monde? On verra. Le constat est difficile, avec l’Australie, ça fait deux lourdes défaites, celle-là est peut-être encore plus dure à digérer, comment rebondir après ça? Ca va être très important pour nous de voir comment.»

Morgan Parra (demi de mêlée du XV de France): «Déjà en première mi-temps, on n’a pas mis assez d’agressivité, on n’a pas répondu présent, on a joué à la balle devant la défense. Devant une équipe qui joue chez elle et met beaucoup d’agressivité, ça ne passe pas. En seconde période, il y a eu du mieux, on a mis la main sur le ballon, on a enchaîné, c’est bien dommage parce qu’il y avait la place pour gagner. On s’était prévenus toute la semaine, on savait à quoi s’attendre, l’Italie progresse chaque année. Elle avait déjà failli gagner ses deux matches face à l’Irlande et le pays de Galles.

Si on est passés à la trappe, c’est de notre faute. Friables? Je ne sais pas, je ne peux pas vous dire à chaud. Mais quand ils ont marqué, c’est sûr qu’on a eu du mal à mettre la main sur le ballon. Un problème dans le groupe? Il ne faut pas faire de grand discours, on sait ce qu’on a fait, il n’y a pas l’entraîneur, le capitaine ou quoi que ce soit, tous les joueurs ont manqué d’application dans ce match, on est tous passés à côté. Il faut juste assumer, après c’est des phrases… On est grands, on sait ce qu’on a rendu comme copie. Ma performance individuelle? Je n’ai rien à dire sur ça. »

Le XV tricolore va devoir travailler pour se remettre en ordre de bataille pour la prochaine échéance, samedi prochain face au Pays de Galles, vainqueur ce samedi de l'Irlande 19-13 et désormais second du classement après quatre journées dans ce Tournoi des 6 Nations 2011.

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