Tournoi des 6 Nations: la France en réussite face à l'Écosse

Malgré sa victoire sur l'Écosse (34-21) pour son premier match du tournoi, la France n'a pas pleinement convaincu ses supporters pour la suite de l'épreuve.

Après leur déroute face à l'Australie (16-59) fin novembre, les Tricolores ne pouvaient pas aborder ce tournoi sereinement. La veille de la rencontre, le demi de mêlée Morgan Parra estimait d'ailleurs au micro de l'AFP que le XV de France avait «tout à gagner», la question étant de savoir si la défaite face aux Wallabies avait été oubliée: «On l’a toujours dans un coin de la tête parce que ça fait très mal de passer à côté chez nous, devant 80 000 personnes, et de ne pas pouvoir répondre. Surtout qu’on était à égalité, on est même passés à 16-13 et en quelques minutes, on a sombré complètement. On a envie d’effacer ça. Ça va être très dur, on va être très attendu parce qu’on a gagné le titre l’année dernière. On a des ambitions, on a envie d’évoluer, de grandir, de changer les choses...» Et le joueur clermontois de conclure sur l’adversaire du jour: «L’Écosse, c'est l’adversaire idéal et piège aussi. C’est une équipe joueuse, qui n’aura rien à perdre en France.»

Des Bleus appliqués

Tout débutait bien avec un essai de Médard dès la 3e minute, suivi d’un drop de Trinh-Duc sept minutes plus tard. Les Français menaient alors 10-0. Mais voilà, comme tous les pays d’Outre-Manche, les Écossais relevaient la tête et cela permettait au capitaine Kellock de remettre son équipe dans le droit chemin avec un essai. Un coup d’épée dans l’eau, les Français étaient bien dans leur match et repartaient de plus belle à l’attaque dans les 22 mètres écossais, récupérant d’abord l’introduction et glanant un essai de pénalité. Parra transformait pour donner une avance de dix points à la pause. (17-7).

Toujours sous pression

Un moindre mal, mais la suite, bien qu’heureuse, n’était pas une partie de plaisir. Si Harinordoquy participait à la fête pour le 3e essai français, les protégés d'Andy Robinson ne se laissaient pas manœuvrer comme cela. Brown répondait après l’heure de jeu. Les Bleus étaient obligés de maintenir le cap avec Traille, 4e marqueur français (69e). À 31-14, la victoire se dessinait, mais la menace écossaise était toujours présente. La dernière relance était faite à la 76e lorsque les Écossais inscrivaient un troisième essai par l’ailier Sean Lamont. Trop tard pour inverser le cours du jeu. En toute fin de match, Yachvili parachevait même le succès français avec une ultime pénalité. Une victoire intéressante, mais avant le déplacement à Dublin, dimanche prochain, Marc Lièvremont devra modifier sa copie sérieusement pour ne pas tomber de haut.

France - Écosse : 34-21

Mi-temps : 17-7

France : 4 essais : Médard (3e), essai de pénalité (28e), Harinordoquy (55e), Traille (69e). 4 transformations : Parra (3e, 28e), Yachvili (55e, 69e). 1 drop : Trinh-Duc, 1 Pénalité : Yachvili (80e)

Écosse : 3 essais : Kellock (19e), Brown (61e), Lamont (76e). 3 transformations : Parks (19e, 61e), Jackson (76e).

Déclarations faites dans la zone mixte (correspondants et AFP):

Marc Lièvremont (entraîneur du XV de France): «C'est une victoire, déjà, c'est la première des choses. C'est un bon match, avec beaucoup de rythme, une bonne base de travail, beaucoup d'intensité. Vous vous doutez que ce n'était certainement pas simple dans la tête des joueurs de préparer cette rencontre. On a beaucoup parlé de confiance. On craignait beaucoup et on respectait beaucoup cette équipe écossaise et on avait raison de la craindre. Je suis très satisfait.»

Thierry Dusautoir (capitaine du XV de France, sur France 2): «On est surtout soulagés d'avoir gagné et d'être bien rentrés dans le Tournoi. Ensuite, c'est vrai qu'il y a eu pas mal de déchet. Il y a eu de la fébrilité avant de rentrer sur le terrain. Tout n'a pas été parfait, mais il y avait des intentions. Cela fait plaisir de sortir du Stade de France sous les applaudissements. Et puis, c'est bien d'avoir quelques insatisfactions avant d'aller en Irlande.»

William Servat (talonneur du XV de France): «On avait à cœur de bien débuter le Tournoi, parce que la dernière fois (ndlr: en novembre face à l'Australie 16-59), cela avait été difficile. Le rachat, ce sera à la Coupe du monde. Là, on avait à cœur d'être cohérents dans ce que l'on faisait, et on avait envie de produire du jeu. En plus, le résultat est positif.»

Aurélien Rougerie, centre du XV de France: «Il y avait un peu d'appréhension, de nervosité avant d'appréhender ce match, et plus globalement avant d'entamer ce début du Tournoi parce que la France a toujours eu du mal à débuter. C'est une bonne première prestation avec des intentions. Avec du déchet aussi, mais les intentions sont bonnes. On retient la victoire parce qu'on en avait besoin.»

Julien Pierre, 2e ligne du XV de France: «C'est un soulagement. Quand on est rentré hier (vendredi) au Stade de France pour la répétition (l'entraînement du capitaine, ndlr), j'entendais encore les sifflets de novembre. J'avais vraiment envie qu'on gagne ce soir. En première mi-temps, ça a couru énormément, le ballon est très peu sorti en touche, c'était éprouvant. On a plus subi en deuxième mi-temps. On a vu en première que, quand on les a agressés, on a récupéré des ballons, marqué des essais. Il faut pouvoir le faire pendant 80 minutes.»

Imanol Harinordoquy, 3e ligne du XV de France: «Ça fait du bien de gagner pour lancer le Tournoi et pour recommencer une nouvelle aventure. J'ai connu des premiers matches du Tournoi bien plus compliqués que cela. J'ai envie de retenir l'état d'esprit.»

Nicolas Mas, pilier du XV de France : «Le principal c'était la gagne, tout le monde s'est envoyé. Il y a eu beaucoup de rythme. C'est bien.»

Morgan Parra, demi de mêlée du XV de France: «J'ai un sentiment mitigé parce que je pense qu'on aurait pu marquer plus, finir les actions. On était sous pression avant ce match. Ça a été une semaine difficile, on a travaillé. On est arrivés avec l'état d'esprit de vouloir faire quelque chose mais il y avait un peu de stress. Au final, il y a beaucoup de choses positives.»

Dimitri Yachvili, demi de mêlée du XV de France: «On s'est rassurés sur certains points: l'efficacité, une certaine maîtrise, la mêlée, les essais qu'on a mis sur des ballons de récupération... Il était difficile de faire un match parfait après la débâcle de novembre, l'équipe a psychologiquement montré de belles choses.»

François Trinh-Duc, ouvreur du XV de France: «On voulait se rassurer par une victoire. L'essentiel est là. On s'est rassurés, on s'est fait plaisir, on a fait le gros du boulot. Il fallait retrouver une homogénéité entre avants et trois-quarts par un jeu qui ne soit pas trop restrictif. On s'est plutôt bien trouvés.»

Maxime Médard, ailier du XV de France : «C'est une belle victoire, même s'il y a certains ballons qu'on gère un peu mal et des points qu'on laisse un peu facilement. On est assez contents. Ce n'est que le début, il ne faut pas s'enflammer.»

Résultats 1e journée:

Pays de Galles - Angleterre : 19-26

Italie - Irlande : 11-13

France - Écosse : 34-21

Classement:

1. France 2 points (+13), 2. Angleterre 2 (+7), 3. Irlande 2 (+2), 4. Italie 0 (-2), 5. Pays de Galles 0 (-7), Écosse 0 (-13).

Prochaines journées:

12 et 13 févier: Angleterre - Italie (14 h 30), Écosse - Pays de Galles (17 h 30), Dimanche : Irlande - France (15 h 30).

26 et 27 février: Italie - Pays de Galles (15 h 30), Angleterre - France (17 heures), Dimanche : Écosse - Irlande (15 heures).

12 et 13 mars: Italie - France (15 h 30), Pays de Galles - Irlande (17 heures), Dimanche : Angleterre - Écosse (15 heures).

19 mars : Écosse - Italie (14 h 30), Irlande - Angleterre (17 h), France - Pays de Galles (20 h45).

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