Voile route du Rhum 2010 : Francis Joyon (Idec) en dauphin

Ça y est, Franck Cammas est enfin arrivée après 9 jours 3 heures 14 minutes et 47 secondes, mais derrière ce vainqueur la course continue encore.

La bataille de l’Atlantique se poursuit toujours. Thomas Coville est depuis deux jours en peine avec la météo. Depuis qu’il avait choisi l’option nord, Sodéb’O s’est battu avec les conditions météorologiques et même pour l’arrivée demain, il n’aura pas la joie de monter sur la seconde marche du podium. Francis Joyon sur Idec lui a grillé la politesse ce mardi et en vieux loup de mer. Son arrivée à Pointe à Pitre était attendue prochainement. Beaucoup plus loin, Yann Guichard (Gitana 11) est assuré sauf casse, de la 4e place, mais ce mardi soir accusait encore un retard de 523 milles de l’arrivée. Une grosse déception sur le bateau vainqueur de l’édition 2006 quelque peu rallongé tout de même

Imoca : Roland Jourdain mène toujours

Indéboulonnable Roland Jourdain reste le leader du groupe des huit Imoca 60 pieds en course et si dans cette catégorie si ont choisi une route nord, Michel Desjoyaux (Véolia) dernier de la bande qui talonne Arnaud Boissières Akena Vérandas sur la route du sud commence à penser que son option sud ne fut pas la bonne comme il l’a expliqué lors de sa vacation radio avec le PC course.

Michel Desjoyeaux (Foncia) : « Dernier ? C’est envisageable"

« J’ai entre 12 et 14 nœuds de vent, le jour se lève. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit car c’était très variable. Il a fallu jouer avec les écoutes. Quand le vent tourne trop, il faut manœuvrer, dans un sens et dans l’autre mais on trouve bien des moments pour dormir. On s’est croisé avec Arnaud (Boissières), j’ai vu sa petite lumière. Finalement, il s’est rallié à ma cause. Arriver dernier fait partie des éventualités qu’il faut anticiper. Ca fait pas mal de temps que ça ne m’est plus arrivé mais ça m’est déjà arrivé dans ma modeste carrière. C’est donc envisageable ! On longe la dépression sans rentrer dedans. Ensuite, on va retrouver un alizé. Pas bien fort malheureusement. » Pour l’heure rien n’est encore fait et l’arrivée des premiers Imoca est attendu jeudi ou vendredi à Pointe à Pitre.

Multi50

Après la casse de Crêpes Whaou et Actual c'est Lalou Roucayrol, Région Aquitaine – Port Médoc qui a pris la direction des opératons et creuse l'cart sur ses poursuivants immédiats. Seul réel danger lointain Philippe Laperche, La mer révèle nos sens qui pointe à 154,3 du leader.

Des solutions envisagées pour Actual

Après un repos essentiel pour Yves Le Blévec, le temps est venu de faire le bilan complet des dégâts et de tenter une réparation. Des lattes de spare pourraient servir à renforcer le bras de liaison et faire office d’attelle. Enfin, dès que possible le skipper plongera à l'aide d'un masque pour évaluer l'ampleur du trou dans le compartiment inondé de la coque centrale, la baignoire, comme il l'a surnomme.

Déjà sur place en Guadeloupe le team Actual suit de près l’évolution du Multi 50 et reste en contact permanent avec Yves. Différentes solutions sont proposées au cas où il faudrait intervenir d’urgence. « Tout se passe bien à bord. La mer est encore un peu agitée mais devrait se calmer dans les prochaines heures. Je me suis bien reposé mais une journée chargée m'attend. Je dois aller faire un tour dans ma baignoire pour contrôler les dégâts et après j'essayerai de bricoler un renfort pour le bras de liaison... bref, je prends mon mal en patience. Ce n'est vraiment pas de chance que les deux leaders de la classe aient subi une avarie à quelques heures d'intervalles. Il ne faut pas tout remettre en cause pour autant, les bateaux sont éprouvés, ils ont beaucoup navigué avant d'attaquer cette Route du Rhum. La classe Multi 50 doit vivre, elle en vaut la peine ! » Grand marin, Yves a beaucoup navigué en équipage à bord de maxi multicoques lors de records comme le Trophée Jules Verne. Face à la victoire de Franck Cammas (Groupama 3), il reste admirateur : « Je suis impressionné ! Avant le départ, je trouvais le projet très gonflé et je regardais ça avec circonspection, un seul homme sur ce bateau… Mais il a géré sa course de façon parfaite. C'est la réussite méritée d'une personne qui associe talent, travail et professionnalisme. Il a su réunir les moyens pour gagner. Les concurrents de la prochaine Volvo Ocean Race ont de quoi être inquiets ! »

Class 40 : Match Nord-Sud

Thomas Ruyant, imperturbable leader, va-t-il pouvoir se faufiler à travers les méandres d’une situation météo pour le moins complexe ? Force est de constater que pour l’heure, le « Chti » de la Route Nord continue d’attraper le vent de la réussite dans ses voiles. De quoi creuser de sérieux écarts face à ses poursuivants directs : entre 105 et 120 milles sur Yvan Noblet (Appart City) et Sam Manuard (Vecteur Plus) Pourtant, l’incertitude l’emporte encore et toujours dans les rangs des Class 40 de la Route du Rhum-La Banque Postale. A 1600 milles (2 960 km), la course redouble d’intensité ! Elle est aussi marquée par le violent abordage dont a été victime dans la nuit Louis Burton (Bureau Vallée). Plus de peur que de mal, fort heureusement pour le plus jeune skipper de la série qui s’accrochait dans le top ten. Le bateau, bien que fortement malmené, ne semble pas avoir été trop endommagé dans ses fonctions vitales et poursuit sa progression vers Pointe-à-Pitre.

Quel bazar météorologique sur la route de la Guadeloupe ! « Digne du pot au noir » où le vent n’en fait qu’à sa tête, dixit Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty). Les spis sont hissés certes, mais ils peinent à se gonfler obligeant les solitaires à rester aux aguets pour sans cesse régler dans ses adapter la voilure à ses sautes d’humeur. Sur l’échiquier de l’Atlantique dans ces conditions exigeantes, les routes commencent à converger entre les nordistes passés par les Açores et les sudistes arrivés par le large du Portugal. Les premiers progressent sous un vent de sud-est de 20 nœuds, contre un alizé d’une force similaire pour les seconds. De quoi préserver, si ce n’est franchement attiser, le suspense jusqu’au bout

Face au « mur des perturbations »

Au Nord en effet, Thomas Ruyant n’en finit pas de creuser des écarts, d’affirmer son leadership, et lever dans son sillage des commentaires flatteurs. Vitesse et perspicacité tactique : il ne semble effectivement manquer de rien pour trouver une porte de sortie et échapper sur une trajectoire pour échapper à « un mur de perturbations » généré par une dépression tropicale.

Plus au Sud, mais avec un déficit de 180 milles de retard sur le premier de cordée du Nord, Nicolas Troussel (CMB) tient, en 5è position, toujours bon la barre d’une option pleine de promesses. Mais à l’instar de ses prédécesseurs sur les chemins tortueux qui mènent au Rhum, il sait que rien est joué et tout reste à faire. Face à un vaste « mur de perturbations » qui se dresse devant les étraves à l’ouest, bien malin celui qui sait si sait le Sud ou le Nord qui passe…

Catégorie Rhum

Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) contraint de jeter l’éponge

Arrivé à Horta hier dans la soirée, Pierre-Yves Chatelin avait annoncé qu’il prendrait la décision de poursuivre son aventure ou non dans cette 9e édition de la Route du Rhum – La Banque Postale après avoir évalué l’ampleur de ses soucis techniques et physiques. Ce soir, le skipper de Destination Calais a tranché : il n'ira pas à Pointe-à-Pitre cette fois-ci. Une déception forcément énorme pour le marin, qui, rappelons-le, a occupé, peu avant ses problèmes, la tête de la flotte Rhum. « Les problèmes électriques ne sont pas complètement résolus et le spécialiste médical consulté a jugé irresponsable de poursuivre cette course en solitaire. Des réparations sont d'ores et déjà en cours sur Destination Calais. L'équipe du port de Horta s'affaire autour du bateau pour permettre à Pierre-Yves de le convoyer, accompagné de deux amis équipiers, vers La Rochelle pour un check-up complet au chantier. »

La course se poursuit et l'aventure est loin d'être finie.

Classement du 9 novembre à 19 h 47

Ultimes:

1, Franck Cammas, Groupama 3 arrivé le 9 novembre à 16 h 16 mn 47s. En 9 jours, 3 h 14 min 47 s

2, Francis Joyon Idec à 50,7 milles de l'arrivée

3. Thomas Coville, Sodebo à 202,2 de l'arrivée

4. Yann Guichard ; Gitana 11 à 523 de l'arrivée

5. Gilles Lemarié, Défi Cancale , à 1390 de l'arrivée

Philippe Monnet, La Boite à Pizza à 1092 milles de l'arrivée (non localisé . Au pointage précédent à 15 h, il était 5e à 1092,7 milles du leader)

IMOCA

1. Roland Jourdain, Veolia Environnement à 758,7 milles de l'arrivée

2 Armel Le Cléac’h, Brit Air à 27,2 du leader

3. Jean-Pierre Dick, Virbac Paprec 3 à 90,5

4. Vincent Riou, PRB à 107,6

5. Marc Guillemot Safran : 117,8

Class Multi 50

1. Lalou Roucayrol, Région Aquitaine – Port Médoc à 891,7 de l'arrivée

2. Philippe Laperche, La mer révèle nos sens à 154,3 du leader

3., Le Blevec, Actual à 156,5

Class40

1.Thomas Ruyant, Destination Dunkerque à 1541,3 milles de l'arrivée

2. Yvan Noblet, Appart City à 106,6 milles du leader,.

3. Samuel Mansardé, Vecteur Plus à 127,1

Catégorie Rhum

1. Andrea Mura, Vento Di Sardegna à 1868,3 milles de l'arrivée

2. Charlie Capelle, Acapella à 126,4 du leader,

3. Pierre-Yves Chatelain, Destination Callais à 130,2.

http://www.routedurhum-labanquepostale.com

Sur le même sujet