Marché de l'immobilier 2010, un trop bon bilan ?

Le marché de l'immobilier français a fortement rebondi en 2010 et son bilan pose des questions pour les perspectives de l'année 2011.
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En France, le marché de l'immobilier et du logement a montré toutes ses capacités de rebond en 2010. Mais ce rebond peut laisser penser que la reprise reste fragile et que l'année 2011 sera plus difficile.

Forte hausse de l'immobilier en 2010

Une année qui a donc balayé rapidement les une année et demi de baisse que les professionnels de l'immobilier ont pu subir. Certains spécialistes parlent déjà de bulle immobilière notamment à Paris où le prix du mètre carré atteint désormais les 7500 euros.

Plus globalement, le rebond s'est caractérisé, d'une part par une forte hausse des prix des logements, et d'autre part par une hausse des volumes de transactions reçues par les professionnels de l'immobilier.

En effet, les prix de l'immobilier devraient afficher une hausse moyenne de 8% sur le territoire français pour l'année 2010. Des chiffres que viennent de confirmer les notaires de France dans leurs dernières données statistiques du mois de novembre. Les volumes de ventes sont également en hausse avec +20% en moyenne. Ces indicateurs du marché sont le signe d'un marché qui a bénéficié de conditions favorables. Le rebond était donc inévitable.

Les conditions favorables au rebond du marché immobilier en 2010

Parmi ces conditions, la principale reste le niveau des taux des crédits immobiliers. Extraordinairement bas, ces taux n'ont jamais été aussi peu élevés de puis plus d'une soixantaine d'années.

Par ailleurs, les aides de l'Etat français ont largement contribué à cette reprise. La défiscalisation Scellier aura permis à de nombreux acheteurs de bénéficier d'une déduction d'impôts liée aux intérêt d'emprunts. Du coup ces derniers mois, les emprunteurs se sont précipités pour acheter et ont contribué fortement à la hausse, les avantages fiscaux liés à ce dispositif étant moins avantageux à compter de 2011.

Enfin, l'effet psychologique et un fort déséquilibre entre l'offre et la demande jouent de grands rôles dans ce retour de la hausse des prix des logements. Cet effet s'explique car l'acheteur suit le marché (comme c'est le cas dans beaucoup de marché d'offre et de la demande, par exemple en bourse). Du coup l'acheteur voit les prix repartir à la hausse et se dit "le marché est haussier, il faut y aller".

Ce bilan positif a permis d'éviter à la France de "s'enliser" dans une crise immobilière plus profonde qui bloque totalement l'économie. Cela est par exemple le cas des Etats-Unis ou encore de l'Espagne.

Des perspectives immobilières 2011 plus difficiles

Néanmoins, ce bilan positif peut également signifier que l'année 2011 en sera d'autant plus difficile car les conditions favorables le seront moins en 2011.

Ainsi, les taux des crédits immobiliers pourraient repartir à la hausse dans le deuxième trimestre 2011 et peser un peu plus sur le pouvoir d'achat immobilier des ménages français. Les aides de l'Etat vont également subir un coup de "rabot" dans le prochain projet de loi de finances et moins soutenir le marché du logement (par exemple la diminution de 10% des déductions des intérêts d'emprunts prévue par la loi Scellier ou encore l'investissement en zone de montagne). D'autant que les acheteurs ayant anticipé leur achat pour bénéficier de ces aides ne seront plus là l'année prochaine. Ce recul de la demande provoquera une baisse des prix inévitablement.

Conclusion, même si les prix ont marqué une forte hausse, ils ne pourront continuer de progresser à un tel rythme. Plus encore, ils pourraient même se stabiliser ou afficher une légère baisse en 2011. Les acheteurs devront donc se montrer patients et sélectifs avant toute acquisition immobilière et négocier au mieux leur prêt avec les établissements bancaires.

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