Qu'attendre de Silent Hill Downpour? 1ere Partie

L'arrivée, prévue en fin d'année, du dernier opus de la saga de Konami fait l'objet de tous les espoirs et de toutes les craintes, et pour cause...
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Inutile d'y aller par quatre chemins: handicapé par un gameplay orienté action souvent desservi par une jouabilité moyenne (le système d'esquive bien que cohérent dans cette optique manquait de précision) et qui empiétait sur l'angoisse sourde propre à la série, le cinquième épisode méritait les foudres de la critique qui l'accueillirent à sa sortie. Hormis le plaisir paradoxal de revisiter cet univers horrifique à la densité jusqu'ici inégalée, le titre peinait à enrichir une mythologie déjà vaste et à trouver sa juste place dans une licence qui depuis un quatrième opus plus que satisfaisant, s'est un peu trop éparpillée en intrigues et sur plateformes. En témoigne l'hybride Shattered Memories , un peu perdu entre le remake et le reboot du glorieux opus initial. La dissolution de la précieuse Silent Team , après The Room , dont Akira Yamaoka restait jusqu'alors le dernier rescapé, pourrait constituer une explication de ces flottements narratifs et stylistiques que traversent la saga. Après ce quatrième volet, déjà en partie contesté par les fans, en dépit de qualités évidentes (scénario et atmosphère au rendez-vous), Konami n'a eu de cesse de confier l'un de ses plus beaux fleurons à différents développeurs, comme Climax ou Double Helix. Si le premier semble s'être acquitté de la mission avec réussite, en témoigne l'honorable réputation d' Origins , les seconds, on l'a déjà dit, livrèrent un titre qui divise encore aujourd'hui. Rien que l'idée de choisir comme protagoniste un soldat sur le retour, forcément apte au combat, entrait en contradiction avec l'un des pivots essentiels de la série qui jusqu'ici proposait au joueur d'incarner un individu lambda. A cela s'ajoutait, une supplantation de la terreur par la panique, nombre conséquent d'ennemis et combats quasi inévitables oblige. Downpour , s'il veut regagner l'admiration des fans de la première heure se devra de proposer une expérience éprouvante. Le trailer apparu l'année dernière à la même période, laissait entrevoir une atmosphère spectrale, aux teintes grises et bleues, peuplée d'apparitions inquiétantes, la plus marquante restant sans doute celle qui se dessinait furtivement dans le faisceau de la lampe de Murphy Pendleton, malheureux condamné en cavale entre les murs de la bourgade maudite. Difficile de déterminer précisément si ce titre renouera avec l'essence de ses brillants prédécesseurs, mais on y décelait au détour de quelques images, l'inquiétante étrangeté qui préside à Silent Hill (lieux abandonnés, présences enfantines malsaines...). La vue de cette foule d'enfants passant entre les jambes du héros, rappelait d'ailleurs la fantomatique Cheryl après laquelle courait Harry dans le premier opus.

Un enfer Mental

Pour le moment on sait finalement peu de choses du passé du protagoniste, notamment la raison pour laquelle il a été condamné. Ce qui peut sembler logique, dans le sens où Silent Hill ressemble à une bourgade mentale, reflets des psychés tourmentées de ses pauvres visiteurs, lesquels trouvent souvent la clef de leur condition dans des souvenirs oubliés ou refoulés. A ce sujet, le second opus demeure aux yeux de nombreux admirateurs comme le maître étalon. Il s'agissait d'une visite dans un espace mental, où les monstres comme les énigmes ne pouvaient être au final que des projections de l'esprit du personnage central qu'il dressait inconsciemment sur sa route pour s'empêcher de découvrir une vérité dérangeante. Le troisième volet travaillait également cette quête des origines, mais en renouant cette fois avec la malédiction ancestrale au coeur du premier épisode.

Murphy sera-t-il conduit à une révélation de ce type dans Downpour ? La vision de ce groupe de gamins, suggèrerait peut-être que Pendleton soit un tueur d'enfants en expiation dans la ville maudite. Une idée noire, assez éloignée de l'ambivalence pathétique, voire tragique de James Sunderland héros du deuxième. Mais pourquoi pas, d'autant plus que cette piste reconduirait la saga vers un univers désespéré, où règne l'innocence bafouée et le mal. Les propos des développeurs, à prendre forcément avec des pincettes (discours promo oblige) abondent en ce sens, puisqu'ils citent le second épisode comme référence. Il y a donc de fortes chances que Murphy Pendleton n'atterrisse pas à Silent Hill par hasard (" Un nouveau venu ", commente placidement un autochtone dans la bande annonce), mais plutôt pour se confronter à sa conscience maladive. Dès lors, soit l'accident du bus qui marque le début de l'intrigue relève du fantasme, soit il y est entre la vie et la mort, son âme se trouvant emprisonnée dans la ville maudite. Ce qui renverrait à L'Echelle de Jacob , source d'inspiration intarissable de la saga de Konami. On peut aussi envisager, un mélange de la dimension démoniaque à son pendant psychanalytique avec l'idée d'une force maléfique qui attire les âmes en peine dans son antre, à savoir cette ville maudite.

A suivre...

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