Qu'attendre de Silent Hill Downpour? 3eme Partie

Dernier partie de la preview de Downpour où il sera question du bestiaire et du remplacement difficile d'Akira Yamaoka...

Là où le bât blesse, c'est justement dans l'apparence desdits monstres, espèce de sorcières androgynes griffues aux visages ressemblant à des masques de nô, bien loin du caractère obscène du bestiaire habituel d'un Silent Hill . Au détour d'une séquence de son long métrage, Gans avait su retranscrire cette dimension, lorsque la première créature apparaît à Laurie Holden, évoquant dans son apparence et sa démarche tortillante un phallus vivant qui finira par lui gicler dessus. Ca se passe de commentaires... Ces créatures brièvement combattues, a contrario laissent entrevoir une possible aseptisation de l'imagerie monstrueuse des quatre premières oeuvres. Ce qui pourra vite agacer le fan de base, un tantinet rassuré cependant, par la vision amenée dans un bel effet de lumière, de monstres rampant au plafond. Là, on retrouve en effet l'étalage charnel caractéristique de la saga. Les bestioles rampantes, vaguement humanoïdes, (d'où le malaise) si elles tiennent leurs promesses malsaines devraient faire oublier les malheureux aiguilleurs du précédent épisode.

Gérer l'héritage d'Akira Yamaoka

Si créer un bestiaire digne des grands moments de la série constitue un défi évident, faire oublier ou du moins gérer la désertion d'Akira Yamaoka en représente un autre de taille au moins aussi conséquente. Producteur dès le troisième épisode, et sound designer confirmé en plus d'être un musicien remarquable, il a su imprimer à la saga une patine vite identifiable, au point d'en devenir l'une des marques de fabriques. Même Homecoming jouit d'une partition de haute volée et d'une ambiance sonore oppressante à souhait. Daniel Licht, compositeur essentiellement connu pour son travail sur la série Dexter , à ce qui s'entend dans les différentes vidéos ne démérite pas. Loin de l'idée suicidaire de copier son prédécesseur, sa musique lancinante, si elle participe d'une certaine occidentalisation n'en demeure pas moins efficace. A nouveau il faudra voir si la promesse est tenue sur la distance. De même que par ailleurs, le sound designer qui remplacera Yamaoka se devra de conduire le joueur à ressentir tout l'inconfort émanant des lieux qu'il visitera durant sa progression. Un beau challenge, un sacré héritage à gérer, mais aussi encore une fois, la possibilité pour cet opus, privé du dernier membre de la Silent Team, de repartir sur de nouvelles bases.

Conclusion

Précédé par un opus discutable et plus que perfectible, Silent Hill Downpour semble disposer de quelques atouts pour amener de manière marquante la licence sur consoles HD, ce après le rendez-vous manqué d'il y a deux ans. Le design lisse, aperçu dans plusieurs images de décor pourrait ainsi se voir parasité par une imagerie glauque tandis que son point de départ narratif laisse présager la visite d'un enfer tant physique que mental. Malgré les doutes qui persistent sur un gameplay sans doute quelque part entre celui du quatrième et du cinquième épisode, sur la facture visuelle encore difficile à déterminer et ses parti-pris, notamment en ce qui concerne le bestiaire, il est néanmoins possible d'espérer de ce titre une réussite. Désormais privé de l'inestimable Akira Yamaoka, producteur depuis le troisième épisode, dernier rescapé de la Silent Team, la licence peut également espérer repartir sur des bases nouvelles tout en tirant profit du glorieux héritage qu'offre son passé. Si tout se passe bien, le cauchemar devrait nous prendre à la gorge et la peur envahir nos salons en novembre prochain. En cas d'échec, c'est l'avenir même de la saga qui deviendra bien plus effrayant.

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