Superpitcher nous emmène au Kilimanjaro

Album très attendu, sorti en septembre 2010, Kilimanjaro atteint t-il le sommet ou est-ce que la blancheur fond comme neige au soleil ?
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Superpitcher a t-il pour intention de nous faire gravir la montagne blanche ? Aksel Schaufler aka Superpitcher, a hiberné pendant un long moment. Tellement, qu'on ne l'attendait presque plus. La dernière fois qu'on a entendu parlé de lui, c’était pour son album en collaboration avec l’un des patrons de Kompakt : Michael Mayer. Leur collaboration s'était conclue sous le nom bien complexe (ironie bien entendu), de Supermayer en 2007. Dans ce projet, le duo sauvait la musique électronique en péril. Superpitcher n'est autre qu'un superman de l'électronique, revisitant ou créant des perles musicales suaves et teintées de pop. Le son peut même parfois être mélancolique et extatique à la fois, mais pas que.

Très attendu

Le très attendu Kilimanjaro déçoit, parce que pas assez atmosphérique. On finit par se distraire car les morceaux ne sont pas assez étirés. L'album est trop inoffensif pour être réellement prenant et certains titres sont interminables et évoluent bien trop peu. Le disque manque d'envergure mais quelques morceaux séduisent même si d'autres sont cruellement niais et légers, ne laissant rien transparaitre. Si certains ne charment pas, d'autres tout de même, résistent.

Lascifs ou niais, pop ou electro

"Rabbit in a Hurry" , est le single annonciateur de l'album. Une intro samplée sur le "I Zimbra" de Talking Heads et un refrain à la substance addictive (" rabbit in A Hurry, everybody's are too drunk to fuck, to drunk to drunk, you get used to the confusion" ). Les petits sons montent montent montent.

Sur Joanna, on aime le lanscinant "I've been waiting for you so long, so long, so long". On l'écoute juste pour entendre le murmure de ce beat faussement lent, devenant ainsi presque additif.

Demeure également une lascivité certaine sur Who Stole The Sun . Cet album n'irradie pas mais a le mérite de réchauffer un peu. Quoi que Black Magic pourrait bien nous faire vibrer, avec des vocales hispanisantes assez saisissantes. A l'écoute de ce titre, on voyage sur une plage, on sent nos pieds s'enfoncer dans le sable chaud, on se voit allongé sur un transat, regardant les silhouettes se dorer et se trémousser dans l'eau clair.

A travers cette randonnée, la cime n'est pas franchement atteinte, effleurée tout au plus, même si gravitent quelques morceaux bien agréables, comme Joanna ou Black Magic . La virée est parfois cosmique mais on redescend vite sur terre à l'écoute de certains titres. On l'avoue, on préfère quand même l'album Here Comes Love, plus épuré.

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