Deux films du réalisateur indien Guru Dutt

La poésie mise en valeur avec " L'assoiffé" et l'esthétique dans la débauche avec "Le maître, la maîtresse et l'esclave

L'art porté à son apogée

Deux chefs-d'oeuvre sont actuellement disponibles en DVD, " L'assoiffé" et " Le maître, la maîtresse et l'esclave". Le réalisateur Guru Dutt est indien et considéré comme une véritable figure myhtique de Bollywwood. Né en 1925, il réalise ses films entre l'âge de 25 et 39ans et se suicide en 1964. Venant d'une famille d'écrivains, il dévute comme chorégraphe pendant trois ans. Son premier film date de 1951, et c'est au bout du quatrième film qu'il fonde sa maison de production. Chez lui la caméra bouge tout le temps, et son sens de l'esthétique est très développé. Amoureux du vent, des femmes et des actrices, celles-ci sont toujours très féminines et très voluptueuses. Affublées de beaux bijoux, notamment de jolies boucles d'oreille, elles chantent toujours avec beaucoup de grâce et de sensualité. La musique est présente tout le temps et s'adapte très bien à l'atmosphère et au jeu des acteurs. Quant aux décors, ils sont enchanteurs, variés et envoûtants. C'est vraiment du pur cinéma, et tout le monde n'a pas la fibre cinématographique aussi développé.

L'appât du gain

" L'assoiffé" raconte la vie du poète Vijay dont les manuscrits sont refusés par tous les éditeurs. Poursuivi par Dame Pauvreté, il a selon ses dires " courtisé la rose, mais n'a trouvé que des épines." Après avoir été engagé par un riche éditeur, celui-ci finira par le chasser ayant appris que sa femme est l'ancien amour de jeunesse de Vijay. Noyant ses déboires dans l'alcool, et passant même pour mort, Vijay sera sauvé par Gulab une prostituée. Celle-ci fera publier ses poèmes à ses frais et le livre obtiendra un véritable succès. Lorsqu'il réapparaîtra, personne ne voudra le reconnaître. Ecoeuré par une société aussi corrompue par l'argent, il partira avec Gulab. Ce film romantique à souhait est un véritable éloge à la poésie et contient de nombreux et beaux messages. Présents également de magnifiques poèmes chantés en urdu.

Le sacrifice d'une épouse

L'autre film basé sur un roman de Bimal Mitra se passe dans un palais tenu par deux hommes qui passent leur temps en compagnie de danseuses prostituées. Bhootmath le beau-frère du précepteur est le confident de l'épouse nommée Chhoti Bahu délaissée par l'un d'eux. Il est lui-même amoureux de Jaba la fille de l'intendant. Pour reconquérir son mari, Chhoti très malheureuse est prête à tout. Pour faire plaisir à son marie, elle sombrera dans l'alcool. Mais c'est finalement la mort qui se trouvera sur son chemin. Ce film qui raconte la vie de luxe, la débauche est également un petit bijou. Ces deux films constituent vraiment du grand art et il ne faut en aucun cas les rater..

Agnès Figueras-Lenattier

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