Aux sources de la sagesse chinoise: le Yi Jing

Plus qu'un courant de pensées, base du taoïsme et élément de référence du confucianisme, le Yi Jing est le fondement de la civilisation chinoise.
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Les concepts décrits dans le Yi Jing ont servi de base à l’élaboration de nombreuses disciplines. On peut même dire qu’ils imprègnent tout en Chine: la médecine traditionnelle chinoise, les arts martiaux, la façon de manger, la façon d’appréhender le temps , celle de se situer par rapport à son environnement

A quand remontent les premiers écrits du Yi Jing?

Le Yi Jing est la référence la plus ancienne posant les bases du taoïsme ; on date l’établissement des cinq éléments et des huit trigrammes de l’époque de Fu Xi, soit environ 2800 ans avant JC. Cet empereur est l’un des plus mythiques et importants de l’histoire de la Chine car il est considéré comme le grand civilisateur. A cette époque, les hommes vivaient et se nourrissaient comme des bêtes et n’avaient aucune morale. Il a institué certaines règles, notamment le mariage, a appris aux hommes à cuire leurs aliments. Il fait partie de ces hommes fondateurs de l’histoire de la Chine, qui ont par la suite été déifiés, et dont l’histoire a par conséquent été fortement romancée. Les historiens s’accordent cependant à dire que c’est à lui ou plus exactement à son environnement, que l’on doit la structure du Yi Jing. Car ces temps sont si éloignés que l’existence réelle de Fu Xi en tant qu’un seul homme bien identifié peut être contestée, car invérifiable.

La combinaison des trigrammes entre eux, aboutissant aux 64 hexagrammes daterait de quelques siècles plus tard.

Le Yi Jing, document de réflexion pour Confucius et Lao Tseu.

Confucianisme et taoïsme sont deux des trois religions majeures de la Chine (avec le bouddhisme). C’est dire l’influence de ce livre dans la construction de la civilisation chinoise.

Confucius l’a étudié tardivement dans sa vie et il y a apporté sa contribution directe en rédigeant des commentaires et en y intégrant la notion d’ «être accompli». Auparavant, le Yi Jing décrivait des états énergétiques sans mention précise de la conduite de l’homme. On retrouve bien dans ses textes sa philosophie: il recherche avec constance la bonne attitude au bon moment et parmi les autres, la volonté d’agir de façon juste et de se défaire de l’ «être vulgaire» en soi. L’individu est un être social avant tout, et il lui est bénéfique de tenir compte de sa place dans la hiérarchie sociale pour agir dans son propre intérêt.

Lao Tseu n’y a pas apporté d’ajouts directs; en revanche, il s’en inspire directement pour fonder son propre texte ô combien majeur, le Tao Te King , ou «livre sacré de la Voie et de la Vertu», et qui est symboliquement le texte fondateur du taoïsme, en tant que religion. Les notions clés du Yi Jing servent de base à la construction de sa vision de l’univers et de la vie: le Qi, rendu Yang par le mouvement et Yin par l’immobilité, les cycles d’engendrement, les notions de changement

Le Yi Jing dans la vie

L’usage de ce livre est connu comme un art divinatoire, bien que ce n’en soit pas l’utilisation exacte. Dans tous les cas, il a un côté magique, puisqu’on peut lui poser n’importe quelle question (correctement formulée) et qu’il est toujours prêt à nous y répondre.

La médecine traditionnelle chinoise a été construite sur les notions de Qi, de Yin et Yang, des cinq éléments. Certains médecins utilisent d’ailleurs directement les hexagrammes du Yi Jing dans leur pratique.

Et bien sûr, toutes les disciplines et arts utilisent ces concepts: les arts martiaux, le Feng Shui, le qi gong, l’astrologie… Chaque élève d'une de ces disciplines, quelle qu'elle soit, devra à un moment ou à un autre de son apprentissage, se pencher sur l'étude de ce livre. Pour bien comprendre sa pratique, il est nécessaire d'en comprendre les sources. Et ça, aussi, c'est le Yi Jing qui nous l'enseigne.

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