Footballeurs : adjugés vendus

L'Inde, pays émergent sur le plan économique, le devient également sur le plan footballistique.

La Premier League Soccer va voir le jour le 25 février prochain, avec l’entrée en lice de six équipes franchisées. Au pays du cricket et loin des terres qui respirent le football, les Indiens vont faire l’expérience d‘un autre sport de balle. Il y aura toujours deux équipes composées de onze joueurs, et un terrain de jeu, mais les similitudes s’arrêtent là.

Avec un ancrage identitaire du football proche du néant, et une place aux tréfonds du classement FIFA, l’Inde mise sur le football business. Pour promouvoir le nouveau joyau national, les Indiens ont décidé de dépoussiérer le bon vieux mercato d'hiver et d’organiser une vente aux enchères exceptionnelle d’anciennes gloires. Robert Pires, Hernan Crespo ou encore Fabio Cannavaro vont venir garnir les rangs d’une jolie collection de footballeurs précieux, vendus aux plus offrants .

L’inde, des footballeurs en rafale

Calqué sur le modèle de la NBA, le championnat de basket nord-américain, les footballeurs sont désormais draftés. Des joueurs en manque de reconnaissance et libre de tout contrat ont mis en vente leur talents. Et le grand gagnant est... l'argentin Hernan Crespo qui tire le gros lot avec un contrat de 640 000 euros. Les champions du monde 2006 et 1998 suivent: Fabio Cannavaro et Robert Pires empochent respectivement 630 000 et 606 000 euros.

Ce système soulève des contradictions et des cas de conscience emblématiques du sport business. Si pour les footballeurs et les dirigeants de club le système semble ingénieux, cette vente aux enchères d’êtres humains pose surtout des problèmes éthiques. Devant le manque de condamnation de cette pratique inédite, nul doute que cette version moderne du mercato devrait faire des émules en Europe.

Une déshumanisation évidente

Le football, miroir de nos sociétés, l’est également des phénomènes qui gouvernent le monde . Devenu un phénomène global qui s’affranchit des codes et des valeurs particulières, le football s’inscrit sans nul doute dans cette dimension mondiale. Le footballeur est devenu un produit qui s’échange suivant le principe de la libre circulation des biens. Le terme " marchandise " pour qualifier le footballeur n’est donc pas galvaudé.

L’Inde a ouvert une brèche avec son championnat de football expéditif. Un «fast foot» à la mode indienne avec des joueurs qui désormais ont une date de péremption et une compétition qui ne durera pas plus longtemps que les six semaines inscrites sur les contrats des joueurs.  Ce football exhibition totalement assumé par les différents acteurs du microcosme footballistique est bien loin du football historique, où, jouer pour son équipe a un sens.

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