Kid Dynamite, un règne court et intense

La formation pennsylvanienne, aussi éphémère que géniale (1997-2000), est à créditer de deux excellents albums. Simple et efficace!

Kid Dynamite, c'est quoi? Tout d'abord une durée de vie famélique. A l'opposé d'autres sets punk rock qui ont écumé les salles de concerts et accumulé les années (NOFX, Pennywise, The Adolescents, The Descendents...), le groupe enfanté à Philadelphie n'a duré qu'un peu plus de deux ans (à l'instar d'un autre très grand groupe de hardcore : Minor Threat).

Construit sur les ruines de Lifetime (hardcore mélodique/emo), Kid Dynamite va prendre une tournure bien différente de celle de son ancêtre. Dan Yemin (Lifetime, Kid Dynamite, Pain It Black et Armalite), Jason Shevchuk (qui a officié pour None More Black et The Loved Ones) et Dave Wagenschutz (qui a intégré lui-aussi PIB, avant de quitter la franchise en 2006) vont constituer à eux trois le cœur du groupe.

Deux albums et...c'est à peu près tout!

Ils seront épaulés par le bassiste Steven Farrell pour leur premier album (« Kid Dynamite », 1998), qui restera le meilleur pour de nombreux adeptes. A l'occasion du second, le très bon « Faster, Shorter, Lourder » (2000), c'est Michael « spider » Cotterman (collaborateur avec The Loved Ones jusqu'en janvier 2007) qui prend la relève à la basse. Sont également à mentionner : David Hause (chœurs généraux) et Ernie Parada (chœurs additionnels sur le fameux titre « Birthday »).

Le reste? Un EP (« Split ») mis au monde grâce à 88 Fingers Louie et une compilation parue en 2003, également sur le label Jade Tree (et baptisée « Cheap Shots, Youth Anthems »). D'où une discographie forcément limitée. On l'aura compris, ce n'est pas par son exhaustivité que Kid Dynamite a acquis sa renommée.

Quand la poésie côtoie l'âpreté

Néanmoins, pour de nombreux connaisseurs de la sphère punk, le set de Philadelphie reste l'un des plus marquants des 90's. Son ton agressif, plus d'une décennie après l'effondrement programmé du punk hardcore classique, a séduit de nombreux romantiques. Au-delà de cet aspect brut, Kid Dynamite est également parvenu à insuffler une improbable musicalité à l'ensemble, auquel il convient d'ajouter des lignes de basse élaborées. Sans oublier la voix si particulière de Shevchuk, énergique et teintée de cette intarissable colère (qui n'est pas sans rappeler un certain Henry Rollins, notamment sur des chansons aussi vindicatives que Six Pack, Rise Above ou Depression)

Mais le meilleur hommage pour les Américains est sans doute la multitude de titres repris en leur honneur. After The Fall, Silverstein ou encore Guerilla Poubelle, pas besoin d'être un pilier du hardcore pour saluer le génie. Les Parisiens ont même produit, via leur label (Guerilla Asso), une compilation de reprises d'excellente facture. S'y bousculent Exit Wounds, Greedy Guts, Bad Chickens, No Guts No Glory (un Cheap Shot Youth Anthem de haute volée!) ou bien Flying Donuts, ravis d'adresser un clin d'œil à ce monstre de la culture punk.

Le lien du CD, pour ceux que ça intéresse :

http://www.guerilla-asso.com/jdf/product_info.php?products_id=1614&osCsid=eaddc862c59b38709d8064d82329d9de

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