Ligue Europa, le FC Porto logiquement

Les Dragões s'imposent 1 buts à 0 en finale de l'Europa League contre leurs compatriotes du Sporting Braga, qui n'ont jamais fait vaciller l'ogre portugais.
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La première période ne débouche sur rien d'extraordinaire. Deux actions seulement sont à signaler ; il s'agit d'un tir décroisé de Custodio à la 4e minute pour les "Minhotos" , puis, côté Porto, d'une frappe lourde de Hulk (7e) après un petit festival dans la surface. L'ex-pensionnaire de la Japan League a d'ailleurs brillé, une énième fois, par sa mobilité et son engagement de tous les instants ; il possède un jeu formidable dans les petits espaces.

La seule fulgurance reste ce centre magnifiquement brossé de Guarin, repris victorieusement par Falcao de la tête (44e). L'inévitable Brésilien profite au passage du marquage laxiste de Paulão pour inscrire son 17e but en Europa League. Gargantuesque!

Plus élégant que son compère Hulk, Falcao est peut-être intrinsèquement moins talentueux. Sauf que cet énergumène-là se démarque par une lecture du jeu sensationnelle. Et si le déménageur a été impressionnant en championnat portugais (22 buts, 13 passes décisives), Falcao a survolé cette édition européenne 2010-2011 (le second meilleur buteur, Giuseppe Rossi, est relégué à 11 réalisations).

Prévisible

La seconde mi-temps? Presque anecdotique. Les deux équipes pressent haut, favorisant autant la récupération du ballon que sa perte rapide. Côté Porto, on a constaté bien plus de maîtrise technique lors des échéances précédentes. Ce qui en découle, c'est un match où le jeu passe d'un camp à l'autre sans que l'on ait de véritables occasions à se mettre sous la dent. Ennuyeux, en somme.

La seule fois où le champion en titre a tremblé, c'est sur ce duel entre le nouvel entrant Mossoro et le gardien du FC Porto. Mais Hélton éloigne le danger du pied (46e). Encore rassurant, l'ancien portier de l'União Leiria semble se bonifier avec le temps. Toujours est-il que Braga avait laissé passer sa chance. Mis à part quelques insignifiantes banderilles d'un côté comme de l'autre, aucune opportunité notable après l'entracte.

Exemplaires

Finalement, malgré une finale en demi-teinte, le sacre de Porto est logique. La meilleure attaque de la session (37 buts en 15 matchs), au sein de laquelle évolue le meilleur scoreur (Falcao), et deux des passeurs les plus performants (James Rodriguez et Hulk, 4 passes chacun), quoi de plus normal? Ces chiffres redondants font l'écho d'une animation offensive dévastatrice et d'une gestion de la contre-attaque, dans les phases de repli, rarement aussi développée. Mieux encore, ils matérialisent l'intelligence d'un entraîneur et le respect d'une philosophie de jeu. Villas-Boas, quel que soit l'adversaire, n'a jamais renié son 4-3-3.

L'adversaire du jour était le favori des romantiques; il était la preuve vivante que l'argent ne fait pas tout. Avec un budget annuel de 17 millions d'euros, Braga serait en effet le club le plus pauvre de l'élite française. L'équivalent d'une équipe ambitieuse de L2! Pourtant, et même face à une formation de Porto revêche, l'exploit n'a pas eu lieu. Saluons tout de même le parcours inspiré du Sporting, dont certains clubs français devraient s'inspirer à l'avenir.

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