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ALEXANDRE VERGUET

Publié dans : Les articles Cuisine & Saveurs de Alexandre Verguet

La Champenoise Susie Galaz piste les Etoiles

La jeune Sézannaise joue les ambassadrices du champagne avec ses études d'hostellerie-restauration, et ses stages dans de grands établissements étoilés.

Combien de langues parle Susie Galaz ? Le français, bien évidemment, l’espagnol de manière courante, l’anglais au plan scolaire, et l’alsacien, pour dire «alles güt !», aime-t-elle à plaisanter…

Issue d’une famille franco-chilienne, avec un papa qui jusqu’à la fin 2012 assurait les fonctions de chargé des affaires culturelles auprès de la ville de Sézanne, Susie ne pouvait que choisir une voie plein de contacts internationaux sous le signe de l’accueil. Certainement un trait de caractère hérité de Jorge Galaz qui a multiplié les expositions d’artistes de toute la planète, faisant ainsi profiter les habitants du sud-ouest marnais de ses amitiés et connaissances chez les peintres et sculpteurs de toute sorte.

«Ma sensibilité pour l’accueil est logiquement conditionnée par mon père qui a fait venir beaucoup d’artistes dans la cité des mails. En effet, m’être retrouvée à côtoyer des personnes que je ne connaissais pas, mais pour qui il fallait porter un certain intérêt, m’a toujours plu. En réalité, mon envie d’être au contact des gens a commencé lors d’un voyage en Italie. Nous logions dans un hôtel avec ma famille, et tous les matins, au moment du petit-déjeuner, j’adorais m’installer dans le salon d’accueil où je m’amusais à observer la réceptionniste qui, le sourire aux lèvres, ne cessait d’avoir une voix agréable pour s’occuper de l’arrivée et du départ des clients. Le dernier jour dans l’hôtel, mon père et moi avons discuté avec elle, c’est à ce moment là que je me suis dit que c’est ce qui me plaisait ! Etre au travail, oublier ses problèmes personnels, voir du monde et garder le sourire !»

Symbole de bienvenue

Susie Galaz garde toujours une certain fierté d’être de Champagne, et avoir la chance de revenir voir ce paysage qu’elle apprécie beaucoup. «Pour moi le champagne peut être signe de luxe mais aussi de bienvenue. C’est un produit connu dans le monde entier et il est rare de tomber sur des clients qui n’apprécient pas le champagne. J’aime servir du champagne, mais aussi en proposer car ça me faisait plaisir de pouvoir répondre à des questions et apprécier son odeur et sa couleur. J’ai pu découvrir certains champagnes renommés grâce à mon travail tel qu’un Ruinart ou un Dom Pérignon.» Ce qui n’est pas pour lui déplaire, au contraire !

«A force de voyager, tant en Europe qu’en Amérique du Sud» explique Susie, «j’ai découvert différentes cultures que ce soit en terme de gastronomie ou de mode de vie. Ces voyages m’ont permis de rencontrer des professionnels du monde de l’hôtellerie et de la restauration, j’ai donc très rapidement voulu entrer dans un cursus scolaire me permettant de découvrir ces métiers.»

Dès la fin de la 3e, la Sézannaise est allée au lycée hôtelier de Bazeilles pour s’inscrire au bac hôtelier, cependant les professeurs qu’elle a rencontré lui ont conseillé de suivre un bac général et de revenir ensuite pour un BTS.

«J’ai donc passé le bac Economique et Social européen espagnol au lycée Jean-Jaurès à Reims, à l’époque 1er lycée public au classement de réussite au bac. Ensuite, j’ai pu enfin me diriger vers des études d’H-R. Nous devions établir des vœux pour l’inscription en post-bac. Ayant l’envie d’un diplôme d’une école renommée, j’ai voulu entrer au lycée Alexandre-Dumas à Strasbourg, lycée réputé pour le personnel professionnel d’enseignement.»

Séjour à Bandol

Susie Galaz est donc dans les couloirs de cet établissement depuis septembre 2011, où elle a commencé par une année de mise à niveau obligatoire du fait qu’elle n’avait pas le bac hôtelier. Puis, en septembre 2012, elle a débuté la première année du BTS Hôtellerie-Restauration. L’an prochain, la jeune Champenoise pourra choisir son option (mercatique et gestion hôtelière).

Afin de valider son année de mise à niveau, il lui a fallu effectuer un stage de 4 mois. «Je me suis alors retrouvé à l’hôtel Ile Rousse, 5 étoiles, à Bandol, où j’ai pu découvrir différents postes : service en salle du petit-déjeuner, commis de salle (run : faire les navettes entre la cuisine et la salle avec des champs de mars, plateaux sur lesquels on transporte les assiettes et mise en place de la salle du restaurant gastronomique), une semaine en cuisine, assistante gouvernante (vérification de l’état des chambres nettoyées, commandes de linge, plannings journaliers), assistante barmaid, responsable room-service (mise en place, service, mini-bar).»

A savoir que pendant ses études, elle a été amenée à effectuer des extras : maison de retraite (service), gala (service avec des traiteurs), service petit-déjeuner (hôtel La Cour des Corbeaux, 4 étoiles à Strasbourg), salon de l’Agriculture d’Oberhausbergen.

L’importance de l’équipe

Pour Susie Galaz, dans son activité, tout commence par le travail en équipe. «Déjà, parce que chacun à quelque chose à apprendre aux autres. Ensuite, parce que lorsqu’on intègre une équipe on doit nous apprendre les méthodes de travail, le fonctionnement de l’établissement, seul c’est impossible. Après, en H/R, tout est lié. Si l’on veut un restaurant, il faut des cuisiniers et des serveurs. S’il n’y a pas de cuisiniers, il n’y a alors pas de production donc les serveurs ne peuvent pas travailler. S’il y a des cuisiniers mais pas de serveurs, le travail effectué ne pourra pas se trouver face aux clients. C’est pour ça qu’il faut une équipe qui respecte le travail des uns et des autres et surtout une équipe qui communique. Ici, la communication est importante pour des raisons multiples (désir d’une nouvelle carte, accueil VIP, allergies, mal-être au sein du personnel…) Et tous les services sont liés car les clients passeront dans chacun d’entre eux donc il faut que les données soient identiques et il ne faut pas de contraste.»

Quand on demande à Susie quel est son but, elle vous répond : «Un jour, je me suis dit que j’allais peut-être pouvoir retrouver un de mes soeurs au Chili qui, avec son mari. Ils ont plusieurs brasseries françaises (Nicolas, café, pan y mas), en fait c’était une motivation plus qu’autre chose puisque je m’intéresse plus particulièrement à l’hôtellerie de luxe, à partir de 4 étoiles. Après mon BTS, je partirai surement quelques mois dans un pays anglophone pour améliorer cette langue si utile dans le monde de l’H/R. Ensuite je ne sais pas où j’irai mais j’espère pouvoir voyager, tout en travaillant, afin de découvrir d’autres modes de vie. Au final, je ne m’attends pas être à un poste fixe dans tel établissement, mais avoir l’opportunité de pouvoir évoluer et découvrir sans cesse de nouveaux postes tout en restant dans l’hôtellerie de luxe. Travailler avec étrangers en H/R, on ne peut pas y échapper, tant du côté personnel que du côté clientèle. Et, ce n’est pas pour me déplaire. Cela permet encore une fois de découvrir une autre culture, apprendre des choses sur le plan professionnel mais aussi personnel. L’international m’a toujours attiré mais seul l’avenir pourra me dire si oui ou non j’aurais la possibilité de travailler ailleurs qu’en France.»

À propos de l'auteur

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ALEXANDRE VERGUET

Reporter depuis 1993, Alexandre VERGUET a collaboré à L'Est
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