Les dossiers du syndicat général des vignerons

En Champagne, le SGV a du pain sur la planche. Actuellement, les problématiques ne manquent pas pour veiller à la bonne santé du vin et des vignerons.

Le syndicat général des vignerons veille particulièrement en ce moment sur la destinée de l’inscription de la Champagne au patrimoine mondial de l’UNESCO, un dossier bouleversé déjà à plusieurs reprises.

"Nous en sommes à la 3e copie… Les choses ont beaucoup évoluées", explique le président Pascal Férat. "Le problème est de faire partager l’importance d’un tel dossier à tous les vignerons de la Champagne, avec toutes les retombées positives en terme d’image de marque. Actuellement trois sites sont choisis : l’avenue de Champagne, la butte Saint-Nicaise et le vignoble de Hautvillers. Il ne faut pas que les gens se détachent du dossier, que nous maintenions la pression afin que la Champagne soit retenue au final. La reconnaissance pourrait avoir lieu en 2013."

Vendanges et bonne conduite

A propos des dernières vendanges, bien que des chiffres précis ne puissent être avancés, devant l’apparition de certaines problématiques, le président a proposé la mise en place d’un guide des bonnes pratiques.

"Cela pour éviter à certains de se retrouver en dehors du Droit. Il convient d’insuffler des points de responsabilité en vue de ne pas faire n’importe quoi pendant les vendanges. Tout cela doit s’organiser avec les pouvoirs publiques."

La réserve individuelle arrivera à la fin de sa période d’essai en février. Le président du SGV entend en faire un outil pour la qualité. "La réserve individuelle permet de produire des champagnes de qualité quand le rendement de la vendange est moins élevé que prévu ou qu’un tri important des raisins est nécessaire. Il est important de requalifier la réserve individuelle comme une véritable assurance. Il va donc être essentiel de montrer à l’INAO que nous sommes posés dans ce domaine, et que nous voulons éviter les dérives, et ne pas la débloquer lors de modification de surfaces pour inonder le marché de vins en provenance de la réserve. Une évolution a mettre en place avec tous les acteurs afin de conserver les intérêts du procédé."

Désaccord

Or, les grandes maisons ont eu tendance à tirer avantage de certains contournements . "Par exemple, LVMH à l’occasion d’une fusion a interprété les textes comme s’il s’agissait de la disparition d’une société, avec un déblocage au passage, et donc plus de vin à vendre... Après avoir débattu, nous avons fait savoir notre désaccord. Pour l’heure nous sommes dans une phase d’arbitrage, qui sera tranchée' par le préfet."

Autre grand dossier sur le bureau des responsables champenois, la disparition de la CRD (capsule représentative de droit). Un serpent de mer qui devrait être sérieusement abordé en 2011. "Nous partons du principe qu’elle doit être supprimée, mais il convient d’avoir la meilleure réflexion dans cette démarche afin de trouver un système de remplacement permettant de contrôler les volumes de vins mis en vente. Le débat est à la fois interprofessionnel et national. Il convient véritablement de faire un choix judicieux parmi les systèmes de substitutions qui existent."

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