Un bébé après 40 ans

Grossesse tardive? Un grossesse possible. Oui, mais quels sont les vrais risques pour la mère et l'enfant?
07 Août

Carrière professionnelle mise en avant, besoin de s’accomplir en tant que femme, mariage tardif, familles recomposées, autant de raisons qui retardent la venue d’un premier enfant. Pour preuve, le nombre de grossesses tardives ne cesse d’augmenter. 8 600 en 1980, 28 600 en 2004, tels sont les chiffres d’enfants mis au monde par des mamans de plus de 40 ans. Même si une femme de 40 ans est généralement plus à même de devenir mère, car plus mature, plus posée dans sa vie et donc, plus à l’écoute, une grossesse dite tardive ne va pas sans une certaine mise en garde concernant les risques encourus, et ce, autant pour la mère que pour l’enfant.

Le premier risque : ne jamais tomber enceinte

C’est, de loin, la première complication que la femme de plus de 40 ans va rencontrer. Selon le docteur Joëlle Belaïsch-Allart, spécialiste de la fertilité, qui s’insurge devant le manque d’informations fournies, si 95% des femmes de moins de 30 ans parviendront, sans difficulté, à tomber enceinte, 35% des femmes de plus de 40 ans n’accèderont jamais à cette grossesse désirée. En effet, à partir de 35 ans, en moyenne, le taux de fertilité chez la femme commence à baisser. Ajoutons à cela des facteurs qui peuvent affaiblir ce taux de fertilité, comme la consommation de tabac.

Surtout, devant la célébration médiatique des grossesses tardives, il faut prendre en compte que beaucoup de ces femmes ont eu recours à un don d’ovocyte. Car ce qui participe surtout à la baisse de fertilité est le vieillissement des ovaires. Après un certain âge, les ovules, mêmes présentes, ne sont plus toujours fertiles. D’où la nécessité pour une femme désireuse de grossesse de vérifier sa capacité à procréer.

L’état de santé générale tend aussi à diminuer avec l’âge. Le corps de l’être humain, après 40 ans, est plus vulnérable, non seulement à la fatigue, mais aussi à certaines pathologies, comme l’hypertension, le diabète et autres.

Les vrais risques pour la mère et l’enfant

Le premier risque est bien sûr les risques de malformations fœtales. Plus on vieillit, plus les risques d’avoir un enfant trisomique augmentent. 1/900 à 25 ans, ce taux passe à 1/380 à 35 ans pour atteindre 1/28 à 45 ans. C’est pourquoi, dans les cas de grossesses tardives, une amniocentèse, qui donne des résultats prénataux très fiables, est fortement recommandée et possible dès le 3e mois de grossesse.

Le deuxième plus gros risque concerne la mère. La grossesse est une grande aventure pour le corps, et avec l’âge, il n’est pas rare que la femme développe plus de risques d’hypertension, d’accouchement prématuré, de diabète et surtout d’hémorragie. Les grossesses tardives donneront ainsi plus souvent lieu à un accouchement par césarienne, afin de limiter les risques. Car sujet tabou, la mortalité maternelle augmente considérablement avec l’âge. Passant d’un ratio de 7.8/ 100 000 à 25 ans à 209.3/100 000 après 45 ans.

Une grossesse tardive est possible mais à surveiller

Loin de vouloir décourager les femmes désireuses de mettre au monde un enfant après quarante ans, il est aussi primordial, pour ces futures mères, de connaître ces données sur les risques encourus. Car oui, une grossesse tardive est possible, mais demandera à chacune de savoir s’entourer du suivi médical propre à sa condition physique. Car si une femme peut réellement devenir une mère épanouie et heureuse après 40 ans, la glorification à l’encontre de ces grossesses tardives faite dans les médias a aussi souvent tendance à minimiser, voire à passer sous silence certaines réalités. Equipée de ces informations, une femme peut ainsi s’entourer des précautions nécessaires et ainsi se lancer, en toute connaissance, dans cette merveilleuse aventure qu’est la maternité.

Sources

http://www.gyneweb.fr/Sources/fertilite/jba2.htm

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