Exposition Fra Angelico à Paris : l'événement de la rentrée 2011

Pour la première fois, un musée parisien, le musée Jacquemart-André, rend hommage au maître de l'Art Sacré de la Renaissance italienne, dès le 23 septembre.

L'Annonciation, le Jugement Dernier, la Déposition de la Croix, le Couronnement de la Vierge .. autant de chefs-d'oeuvre du Quattrocento légués par le Dominicain Fra Angelico, qui mit son art au service de la religion.

Fra Angelico ou « Beato Angelico »

Né Guido di Pietro à Vicchio di Mugello en Toscane, en 1387, Fra Angelico s’intéresse très tôt à la peinture. Il est fortement marqué par Giotto qui, en pleine période du gothique tardif et des multiples influences du Nord et du Sud de l’Europe médiévale, introduit les notions de perspective et le réalisme des représentations.

Guido di Pietro intègre à 20 ans l’ordre des Dominicains observants et devient Fra Angelico.

Les Médicis lui commandent la décoration du couvent San Marco de Florence, où il demeurera 10 ans, période qui sera la plus féconde de sa carrière. On lui doit notamment le fameux « Retable de San Marco ».

Puis il est appelé à Rome par le Pape, pour peindre la chapelle du Saint-Sacrement à la Basilique Saint-Pierre.

Toute son œuvre mystique est marquée par l’évolution des courants artistiques de l’époque : la lumière qui transfigure les visages et annule les ombres, le didactisme, héritages du Moyen Age, et l’introduction des perspectives et d’un certain réalisme, courants novateurs de la Première Renaissance. Il peint à tempera, (peinture dont le diluant est l’eau, et le liant principalement du jaune d’œuf), sur bois.

Outre ses tableaux où se déploie l’éclat des ors, il laissera de nombreuses fresques et miniatures qui toutes témoignent de son inspiration céleste, de sa piété, de son humilité, et de sa vision de l’art, qui doit servir au triomphe de la religion. On le considère d’ailleurs comme le dernier représentant de l’art religieux du Moyen Age.

Enterré à Rome, il est béatifié en 1984 par le Pape Jean-Paul II, ( lui-même béatifié le 1er mai 2011 par son successeur Benoît XVI ), d’où son surnom italien de « Beato Angelico ». Il est le saint patron des artistes.

L’exposition Fra Angelico au musée Jacquemart-André

Premier musée parisien à rendre hommage au maître de l’Art Sacré, le musée Jacquemart-André présentera une soixantaine d’œuvres, témoignages picturaux de la première Renaissance, mais aussi d’autres primitifs italiens contemporains du Quattrocento, qui l’ont côtoyé, l’ont influencé ou s’en sont inspirés.

Le musée Jacquemart-André à Paris, un écrin du XIXe siècle

Ce magnifique hôtel particulier du XIXe siècle situé Boulevard Haussmann dans le 8e arrondissement de Paris, présente la plus belle collection privée d’œuvres d’art de Paris. La peinture flamande du 18e siècle, l’Ecole Française et la Renaissance italienne y ont pris leurs quartiers, subtilement servies par l’influence de Edouard André et Nélie Jacquemart, un couple de collectionneurs passionné d’œuvres d’art qui se rendait régulièrement en Italie pour effectuer ses acquisitions, qu’il exposait au cœur de son hôtel particulier.

Le premier étage est consacré à la Renaissance italienne répartie dans les salles florentine, vénitienne et des sculptures.

On y visite les salons d’apparat, les appartements privés, l’escalier monumental, les salles de réception et les jardins, mais il faut impérativement conclure sa visite par une halte au café Jacquemart-André, le plus beau salon de thé de Paris, qui propose aussi des brunchs le dimanche.

En période d’exposition, le musée est ouvert jusqu’à 21h30 en nocturne le lundi.

Musée Jacquemart-André

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