Fausse couche : signes annonciateurs et précautions à prendre

Vivre un avortement spontané est une épreuve difficile pour la femme : comment l'anticiper, la surmonter, et prévenir d'autres accidents de la grossesse.
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Si, dans la plupart des cas, une grossesse se conclut heureusement, il peut hélas en être autrement pour certaines femmes. Un avortement prématuré, communément appelé "fausse couche" est le lot d'environ un tiers d'entre elles, un chiffre qui grimpe avec l'âge, notamment après 35 ans.

Une détresse parentale à prendre en compte

Qu'il se situe au début ou à la fin de la grossesse, qu'il ait pu s'annoncer par des complications liées à la grossesse elle-même, par l'état de santé de la future maman, par un événement traumatisant, physique ou psychologique, ou se présenter sans raison aucune, l'avortement prématuré est toujours très douloureux pour les couples qui le vivent.

La détresse parentale est importante, et il convient de la prendre correctement en compte : identifier les raisons de la perte du fœtus, accompagner les parents pour surmonter l'épreuve, mettre en place rapidement, si possible, les conditions idéales pour une nouvelle grossesse.

Avortement spontané : jusqu'à quand ?

Jusqu'à 6 mois de grossesse, on parle d'avortement spontané. Au-delà, il s'agira d'un accouchement prématuré et de la naissance d'un fœtus non viable. Au premier trimestre de la grossesse , les fausses couches sont fréquentes et dues, la plupart du temps, à une malformation chromosomique de l'embryon. La nature fait donc son travail : elle élimine d'elle-même l'embryon mal constitué. Parfois, la femme ne savait même pas qu'elle était enceinte ! Elle aura des règles plus abondantes que d'habitude et identifiera – ou non – une fausse couche.

Une maladie maternelle, une infection locale ou générale, peuvent être à l'origine d'un avortement spontané, comme l'exposition à des substances dangereuses, la prise de certains médicaments, la consommation de stupéfiants.

Les signes annonciateurs d'une fausse couche

Quelques saignements, accompagnés éventuellement de douleurs dans le bas-ventre doivent conduire sans tarder chez le médecin. Une échographie sera pratiquée, accompagnée d'un éventuel dosage hormonal, afin de vérifier le développement de l'œuf et l'évolution de la grossesse. S'il s'avère que la grossesse s'est interrompue (absence de battements de cœur, "œuf blanc ou clair" – œuf qui, après fécondation, ne contient pas d'embryon –, dosages hormonaux montrant des taux effondrés), il n'y aura pas grand-chose à faire, hormis attendre que la nature ait fini son travail. En revanche, si les saignements sont dus à une éventuelle béance du col de l'utérus, un traitement sera mis en place, incluant ou non un cerclage du col et la prescription du repos partiel ou complet.

Pas de panique toutefois ! Il est fréquent que la femme enceinte constate quelques saignements en début de grossesse, à la date à laquelle elle aurait dû avoir ses règles. En l'absence de douleurs, il convient de ne pas s'alarmer inutilement. Des saignements prolongés, accompagnés de douleurs dans le bas-ventre durant quelques jours doivent amener à consulter.

Attention : une fausse couche peut aussi se produire sans saignements, avec ou sans douleurs dans le bas-ventre. Les symptômes de la grossesse disparaissent : plus de nausées, de tension dans les seins. Les analyses confirmeront l'effondrement hormonal.

Les causes d'un avortement spontané

Elles sont multiples et peuvent être dues :

  • à des causes locales : l'utérus est mal formé, rétroversé ; la présence d'un fibrome gêne le développement de l'œuf ; l'endomètre, ou muqueuse utérine, est de mauvaise qualité, ou infecté, et empêche la nidation ; le col de l'utérus est ouvert : c'est ce qu'on appelle la béance du col ;
  • à des maladies : infections locales ou transmises à l'embryon ou au fœtus par le sang ; des intoxications peuvent être en cause, ainsi que l'hypertension, des maladies parasitaires, rénales... ;
  • à un traumatisme psychique ou corporel : chute, accident de la circulation, deuil...

Surmonter la fausse couche : les séquelles psychologiques

Perdre son enfant in utero est toujours une épreuve difficile à surmonter, bien pire lorsque la grossesse est avancée et que l'expulsion du fœtus équivaut à un accouchement réel.

La fausse couche des premières semaines est certes douloureuse mais, en règle générale, la femme a moins développé de liens psychologiques et affectifs avec l'embryon, même si la "projection" est souvent très précoce. L'embryon était présent, mais ses mouvements n'étaient pas encore perceptibles, le ventre ne s'était pas encore arrondi...

Toutefois, l'épreuve peut peser lourd dans l'histoire du couple, en fonction de paramètres variables et de l'histoire de chacun. Il convient de ne pas minimiser le "deuil" qui doit se faire. L'entourage devra se montrer présent et vigilant. La femme qui a perdu son bébé se sent souvent très isolée et solitaire dans l'épreuve. Le compagnon aussi a un rôle à jouer, même s'il est lui-même très affecté : ne pas banaliser ni minimiser l'événement, comprendre que, durant quelque temps, le caractère de la femme peut changer, conséquence de sa tristesse et d'une remise en question de ses capacités maternelles. Un soutien psychologique peut s'avérer nécessaire.

Dans la plupart des cas, une nouvelle grossesse pourra rapidement être envisagée, et grandes sont les chances qu'elle se déroule normalement cette fois.

En cas d'avortements à répétition, si une malformation congénitale ou une pathologie spécifique sont mises en cause et compromettent de nouvelles chances de grossesse, un soutien psychologique du couple sera également nécessaire, afin qu'il puisse faire le deuil d'une parentalité et parvienne à s'investir dans d'autres projets.

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