Visite à Paris : Montmartre des artistes et d'Amélie Poulain

Véritable village dans Paris, renommé dans le monde entier, Montmartre véhicule une image pittoresque de la vie parisienne. Visite guidée pour les familles.
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"Mont de Mars et de Mercure" ou "Mont des Martyrs" suivant les historiens, la butte Montmartre, située au nord de Paris, a gardé de nombreuses traces d'une histoire étalée sur plusieurs siècles. Très fréquentée par les touristes toute l'année, elle peut être l'occasion d'une sortie familiale sur les traces des artistes qui ont fréquenté ses rues, ses cafés, ses ateliers.

Arpenter ses ruelles en famille est prétexte à une visite insolite qui passionnera adultes et enfants, avec juste ce qu'il faut d'anecdotes pour intéresser tous les publics. Visite guidée de Montmartre pour grands et petits.

Montmartre, lieu de tournages : Amélie Poulain est une enfant de la Butte

Au départ de la place des Abbesses, au métro du même nom, on peut emprunter le passage des Abbesses, monter les escaliers et déboucher sur la rue des Trois Frères, juste en face du fameux marchand de primeurs "Collignon". A ceux qui n'ont pas vu le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain du génial Jean-Pierre Jeunet, il convient de préciser que la boutique est, à l'instar du fameux café Les 2 Moulins, rue Lepic, devenue culte depuis la sortie du film en 2001. Dans l'histoire, l'acteur Djamel Debouze vend des fruits et des légumes chez Collignon. On n'en dira pas plus pour ne pas dévoiler les secrets de ce film charmant, qui a obtenu de nombreuses distinctions à travers le monde, dont le César du meilleur film en 2002, et comptabilisé plus de 23 millions d'entrées.

Universellement connue, la boutique est assaillie dès la saison estivale par des cars entiers de touristes, principalement asiatiques, qui se font photographier face à la devanture. Pas bête, le patron vend les affiches du film à l'extérieur, au beau milieu des cageots de légumes.

De chez Colignon, direction la place Emile Goudeau et le fameux Bateau-Lavoir, lieu de rencontre des artistes sans le sou du XIXe siècle, qui pouvaient louer là un atelier à bas prix: Picasso, Max Jacob, Marie Laurencin, Gauguin, Kees Van Dongen, Modigliani, le Douanier Rousseau et bien d'autres ont fréquenté le Bateau-Lavoir. Leurs portraits, citations et dédicaces figurent en vitrine.

La place Emile Goudeau est aussi l'un des endroits-clés d'un autre film: Mina Tannenbaum , avec Romane Bohringer et Elsa Zylberstein. C'est sur l'un de ses bancs que de l'enfance à l'âge adulte, elles se retrouvent et se font leurs confidences.

Marcel Aymé et Saint-Denis, par l'avenue Junot

Un peu plus haut sur la gauche, on emprunte la rue d'Orchampt, qui mène à la maison de Dalida. La chanteuse habita ce magnifique hôtel particulier durant 25 ans, et y mit fin à ses jours en 1987.

On rejoint la rue Lepic par une ruelle sur la droite qui débouche sur le moulin de la Galette.

Un peu plus loin, là où la plus belle avenue résidentielle de Montmartre, l'avenue Junot, débouche sur la rue Norvins qui part en à-pic vers la place du Tertre, la statue du Passe-Muraille, légendaire personnage de Marcel Aymé, sculptée par l'acteur Jean Marais, émerge du mur.

Avenue Junot, on débouche dans le square Suzanne Buisson où trône, face au jeu de boules, la statue de Saint Denis, portant sa tête. Martyrisé au IIIe siècle par les Romains, en compagnie de Saint-Rustique et Saint-Eleuthère qui ont chacun une rue à Montmartre - la rue des Martyrs rappelant le supplice des 3 - Saint Denis ramassa sa tête, dit la légende, la lava délicatement à la fontaine où se situe aujourd'hui le square, et reprit son chemin avec sa tête sous le bras. Il parcourut ainsi quelques kilomètres avant de finalement s'effondrer mort au beau milieu des champs. C'est à l'endroit même de son trépas que s'élève aujourd'hui la basilique de Saint-Denis.

Montmartre des artistes, des vignes aux cabarets et à la Place du Tertre

Le square ouvre sur la rue Girardon qu'il faut descendre jusqu'à la place Dalida où a été dressé un buste de la chanteuse, qui débouche sur la gauche vers la célèbre "Allée des brouillards", et à droite sur la Maison Rose, rue de l'Abreuvoir: il s'agit de l'ancien "Cabaret des assassins", racheté par Aristide Bruand et fréquenté par Carco, Apollinaire, Courteline, Proust, Renoir, Utrillo, Picasso...

Les quelques arpents situés en contrebas produisent chaque année une cuvée de 500 bouteilles, prétexte à de multiples réjouissances le jour dit "des vendanges" sur la Butte, en septembre ou octobre. Un peu plus bas dans la rue qui longe les vignes, le fameux cabaret le "Lapin Agile" (à Gilles, raconte la petite histoire) où se sont produits des générations d'artistes.

On longe à nouveau les vignes pour monter au sommet de la Butte, par la rue des Saules qui mène à la place du Tertre. Toujours pittoresque, cette placette dont le nom est connu du monde entier, symbolise à elle seule tout le passé des artiste montmartrois.

Aujourd'hui, si les toiles exposées ne sont plus guère peintes in situ, et souvent importées d'Asie, le pittoresque du lieu continue de séduire Parisiens et touristes. Aux beaux jours, une partie de la place est envahie par les terrasses des cafés. Le soda ou jus de fruits est un peu cher, le café aussi, mais le côté "village champêtre" mérite ce petit supplément.

La place du Tertre abrite aussi le syndicat d'initiative du Vieux Montmartre, qui s'investit dans de nombreuses animations toute l'année, et contribue à perpétuer quelques traditions typiques dont la confrérie des Poulbots et le garde-champêtre de Montmartre, que l'on voit parfois évoluer dans les rues, avec son tambour.

L'église Saint-Pierre de Montmartre est l'une des plus anciennes de Paris, autrefois un temple romain. On peut encore y voir trace de piliers du Moyen-Age. Les vitraux sont de Max Ingrand.

Dans ses jardins, repose l'abbesse Claude de Beauvilliers dont Henri IV appréciait fortement en son temps la (jeune) compagnie : elle n'avait que 17 ans...

Du Sacré-Coeur au cimetière Montmartre

Du parvis de la "Basilique du Voeu National", construite durant l'année terrible de la guerre franco-allemande de 1870/1871 alors que Paris est assiégé et affamé, on redescend la Butte par le funiculaire.

De là, on peut rejoindre le Boulevard de Clichy et ses animations hautes en couleur...

A deux stations de métro, au métro Place de Clichy, n'hésitez pas à investir le cimetière Montmartre, cimetière Napoléonien construit à la fin du XIXe siècle, dans lequel reposent bon nombre de célébrités :

Hector Berlioz, Michel Berger, Dalida, Offenbach, Heinrich Heine, François Truffaut, Jean-Claude Brialy, Henri-Georges Clouzot, Edgar Degas, Alexandre Dumas fils et Marguerite Duplessis, Georges Feydeau, les Guitry père et fils, Louis Jouvet, Nijinsky, Francisque Poulbot, Stendhal, Vigny, La Goulue, Zola... dont les cendres furent transférées au Panthéon en 1908.

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