Création musicale et diversité à l'heure du numérique

Un rapport ministériel qui dénote une partition contrastée entre musique enregistrée et spectacle vivant.

  • Le 30 Septembre 2011, Frédéric Mitterrand a reçu le rapport « Création musicale et diversité à l’heure du numérique ». Ce rapport a été préparé par Franck Riester, député Maire de Coulommiers, Alain Chamfort, auteur et compositeur interprète, Daniel Colling, directeur du Zénith de Paris et du festival « Le Printemps de Bourges », Marc Thonon, directeur du label Atmosphériques, président de la Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF), et Didier Selles, conseiller-maître à la Cour des Comptes.
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L’économie de la musique : musique enregistrée et spectacle vivant

Le secteur de la production phonographique comprend quatre majors, concentrant à eux-seuls 60% des droits voisins (en 2010), une quarantaine de PME, et 92% de très petites entreprises. Ces micro-labels, très dynamiques, enregistrent en numérique, ce qui facilite leur diffusion et contient leurs coûts. Mais ils peinent à commercialiser leurs produits, réalisant parfois leurs meilleurs ventes lors des concerts. Du côté de la distribution, les disquaires indépendants sont de moins en moins nombreux.

Les producteurs de spectacles sont nombreux, quelques-uns prennent de gros risques en organisant des supers-productions. Le spectacle vivant musical prend en charge des investissements, tels que le lancement d’un artiste, autrefois portés par l’industrie phonographique.

De plus en plus de créateurs s’autoproduisent, mais ne touchent que peu de subventions de la part des organismes de redistribution des droits, comme la SACEM. Les éditeurs de musique diversifient leurs activités : par exemple, ils mettent en œuvre des processus de synchronisation, qui leur permettent d’incorporer des œuvres musicales existantes dans des œuvres nouvelles. (publicité, film, jeu vidéo, série télé,…)

Point d’orgue

Les auteurs rendent compte d’une diversité de la création menacée, notamment en raison de la part de la variété française. Un nombre croissant d’artistes choisissent d’ailleurs de chanter en anglais pour augmenter leur chance de vente à l’export. Les auteurs de ce rapport constatent une bonne tenue du spectacle vivant, soutenu par les grosses productions, ainsi qu’une baisse de l’exposition de la musique dans les média. Les media, qui versent des droits d’auteur, restent le moyen privilégié d’écoute de la musique, gardant ainsi leur rôle de prescripteur.

La principale proposition de ce rapport concerne la création d’un CNM - Centre National de la Musique - regroupant musique enregistrée et spectacle vivant. Ce nouvel organisme public, pourrait s’inspirer du fonctionnement du Centre National du Cinéma et taxer les fournisseurs d’accès Internet (FAI) de manière à participer plus largement à la croissance de la filière musicale ainsi qu’à la diversité de son offre.

Du côté des utilisateurs, on peut noter le succès d’ITunes, une plate-forme payante de téléchargement d’albums et le développement exponentiel des plates-formes de streaming Deezer et Spotify.

Chiffres-clé

extrait (Source : Ministère de la culture et de la communication. Mini-chiffres-clés, statistiques de la culture. Edition 2011.)

  • Ils sont 20/100 (personnes de plus de 12 ans) à avoir téléchargé de la musique sur internet, et 30 à avoir écouté de la musique en continu.
  • Sur 100 français de plus de 15 ans (chiffres 2008), 10 se sont rendus dans un concert de rock, 8 sont allés voir un spectacle de danse, 7 ont écoutés un concert de musique classique et 6 un concert de jazz. 34 écoutent de la musique tous les jours ou presque.
  • Les ménages français ont consacré 699 millions de leur budget aux disques et 4936 millions d’euros aux spectacles.

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