La Cité de la Gastronomie a-t-elle un futur ?

Inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO, la gastronomie française aura-t-elle le privilège d'investir l'Hôtel de la Marine, place de la Concorde ?

Dans le cadre de l'émission Des racines et des ailes diffusée sur France 3, le 26 Janvier 2011, le directeur général de l’Unesco en charge de la culture, Francesco Bandarin, a fait part de l’avancement du projet de création d’une Cité de la Gastronomie, qu’il aimerait voir s’installer à l'Hôtel de la Marine, place de la Concorde, à Paris. Cet espace du patrimoine immobilier français, classé monument historique depuis 1862, fait l’objet d’une annonce sur les pages du site Web de Bercy, consacrées aux cessions immobilières. Cette annonce complique la tâche des instigateurs du projet « cité de la gastronomie » et celle des défenseurs de l’Hôtel de la Marine.

Historique du projet de Cité de la gastronomie

En octobre 2009, Olivier de Rohan, président de l’Association des amis de l’Hôtel de la Marine, lance une pétition, signée depuis par Valéry Giscard d’Estaing.( http://www.latribunedelart.com )

En septembre 2010, un ancien président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, envoie un courrier à Nicolas Sarkozy dans lequel il lui propose l'ouverture d’une Cité de la Gastronomie à l’Hôtel de la Marine. Cet hôtel, qui attire notamment la convoitise de promoteurs immobiliers et d’hôteliers, est occupé par des personnels du ministère de la Défense, qui ne devraient pas avoir quitté les lieux avant 2014.

En novembre 2010, pour la première fois de son histoire, l'Unesco inscrit au patrimoine immatériel de l’Humanité un domaine culinaire: la gastronomie française.

Cette décision encourage et motive les défenseurs du projet de Cité de la Gastronomie et incite l’Etat français à prendre des mesures pour préserver cette tradition culinaire.

Début 2011, Francesco Bandarin, directeur général de l’Unesco pour la culture, défend l’idée de la création d’un espace dédié à la gastronomie française.

Deux projets se télescopent

  • L’un émane de l’Etat qui souhaite abandonner l’Hôtel de la Marine à un bailleur privé dans le cadre d’un bail emphytéotique. Ce type de bail, héritage du droit romain, est de très longue durée, jusqu’à 999 ans dans certains pays. Il permet au bailleur de ne pas assumer les charges afférentes à la rénovation, et au locataire, devenu quasi propriétaire des lieux, d’en jouir pour une somme très raisonnable. L’information a été délivrée par la Tribune de l’Art qui se démène depuis contre ce projet. L’opération a pour but « l’occupation, la mise en valeur et l’exploitation de l’Hôtel de La Marine». ( http://www.budget.gouv.fr )
  • Le second, défendu par Jean-Robert Pitte, qui rêve de créer « un grand lieu culturel dédié à la gastronomie », serait visité par des Français et des touristes étrangers qui pourraient profiter d’un cinéma, de restaurants thématiques ainsi que de vitrines montrant les métiers et les produits du terroir.

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