Mort de Michael Jackson: son médecin, instrument d'un complot?

Le Docteur Murray a été reconnu responsable du décès du Roi de la Pop. Selon la famille et les défenseurs de la star, il ne serait pas le seul.
186

En novembre 2011 tombait le verdict des jurés de la Cour Supérieure de Los Angeles, au terme du procès civil contre Conrad Murray. Le médecin a été déclaré coupable d'homicide involontaire sur la personne de Michael Jackson. Mais beaucoup d'éléments sont loin d'être élucidés à propos des derniers jours de l'artiste, des personnes qui l'entouraient et des circonstances qui l'ont conduit à la mort.


Murray, l'instrument d'un complot?

Sans la série de négligences du Docteur Murray, Michael Jackson serait certainement resté en vie. Mais comment un médecin, présenté comme sérieux et compétent par ses anciens patients (témoins pendant son procès), a-t-il pu en venir à de tels écarts par rapport aux exigences de sa profession ?

Conrad Murray était juste un «petit poisson» dans cette affaire, suivant les termes employés par son avocat Ed Chernoff, pendant la plaidoirie. Il a été accusé «parce qu'il fallait désigner un coupable».

En août 2009, un avocat de la star, Peter Lopez, s'était exprimé à la télévision et avait affirmé que le mystère de cette mort serait bientôt résolu. Peter Lopez  a été retrouvé "suicidé" à son domicile, en mars 2010.


Murray n'était pas seul

«Murray n'était pas le seul dans tout cela» a déclaré La Toya Jackson lors d'un discours à la mémoire de son frère à Malte, en avril 2010. Il était simplement «instrumentalisé». L'un des enfants de Michael Jackson aurait appris à sa tante que Randy Phillips (Président du Groupe AEG) était présent au domicile de la star au cours de la nuit précédant le drame.

«Je n'accuse personne» a spécifié La Toya. Mais selon elle, il y a forcément «quelqu'un qui sait» ce qui s'est passé. Elle est persuadée qu'il s'agit d'un meurtre, comme le sont plusieurs personnes ayant côtoyé la star peu de temps avant sa mort, et dont le témoignage a  été ignoré .

La Toya estime que Conrad Murray incarne simplement la main qui aurait accompli «la sale besogne».


Un procès à venir contre AEG

En septembre 2010, Katherine Jackson a déposé, avec les trois enfants de Michael, une poursuite civile contre la société AEG et sa filiale AEG Live, qu'elle considère comme principales responsables dans la mort de son fils. L'artiste aurait subi pressions et menaces de la part du promoteur alors qu'il préparait sa série de concerts This Is It .

Contrairement à ce que prévoyait le contrat d'embauche de Conrad Murray, AEG ne lui aurait jamais fourni de matériel de réanimation ni assigné une infirmière, d'après la plainte de Katherine Jackson . Un procès est prévu en septembre 2012.

Le processus vers la décision d'une tournée de concerts avait été initié par le Docteur Tohme R. Tohme, qui s'est imposé comme manager de la star fin 2008. Le rôle de Tohme dans les affaires de Michael Jackson reste trouble. Ce «liquidateur» du Roi de la Pop, comme l'a décrit Evvy Tavasci, une assistante de l'artiste, sera-t-il inquiété lors du procès d'AEG?


De nombreuses questions en suspens

Quels médecins ont initialement administré du Propofol à Michael Jackson comme sédatif (un usage détourné de l'anesthésiant), pour le garder sous leur coupe, plutôt que de l'adresser à des spécialistes du sommeil? Le Docteur Klein, son dermatologue, lui fournissait ce produit. Il sera interrogé le 15 décembre 2011 par l'Ordre des Médecins.

Quand Michael Jackson s'est senti mal, pendant les jours qui ont précédé sa disparition (une moitié de son corps était froide), pourquoi n'a-t-il pas été conduit d'urgence à l'hôpital, comme l'avait préconisé l'infirmière Cherilyn Lee (témoin pendant le procès du Docteur Murray)?

Pourquoi une équipe de sécurité a-t-elle été ajoutée à celle existante quelques jours avant son décès? Sur ordre de qui? Pourquoi Conrad Murray a-t-il enregistré la voix de son patient à son insu, à un moment où il était en position de vulnérabilité (sous sédatif)?

L'authenticité du testament de Michael Jackson est suspecte. Quels intérêts liaient les différents bénéficiaires dans ce qui ressemble à une conspiration?


Une mafia des stars?

Un couple dénonce la possible existence de "tueurs d'Hollywood" (Hollywood star whackers). Il s'agit de Randy Quaid, héros du film Brokeback Mountain (2005) et de sa femme Evi. Tous deux sont en cavale (réfugiés au Canada depuis fin 2010), craignant d'être assassinés.

On leur a tendu une série de pièges insidieux qui ont sali leur réputation et les ont précipités dans un bourbier financier inextricable. Evi Quaid avait un jour entendu prononcer dans son dos «si tu la tues, il y aura beaucoup d'argent derrière».

Le couple Quaid pense que d'autres stars se sont retrouvées dans le même collimateur et certaines auraient été assassinées, notamment dans le but de récupérer l'argent de leurs assurances, comme Michael Jackson et David Carradine.

Une telle spirale infernale rappelle fortement l'analyse faite par Lynton Guest dans son livre The trials of Michael Jackson (les procès de Michael Jackson) où il décrit les divers enjeux et intérêts financiers qui se tramaient autour de la star.

A plusieurs reprises, Michael Jackson avait confié à différentes personnes qu'il sentait sa vie menacée. Comme pour Marilyn Monroe ou Elvis Presley, le flou persistera-t-il encore longtemps autour de sa disparition?

En savoir plus: 

Mort de Michael Jackson: la thèse d'une conspiration

Mort de Michael Jackson: des témoignages ignorés

Mort de Michael Jackson: le Docteur Murray déclaré coupable

Michael Jackson ou la destruction organisée d'une superstar

Sur le même sujet