Mort de Michael Jackson : un homicide involontaire ?

Enquête sur le décès du Roi de la Pop : retour sur les agissements du Docteur Murray et confrontation de ses déclarations avec les conclusions des experts.
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En janvier 2011 s'est tenue l'audience préliminaire de Conrad Murray, le médecin qui se trouvait au chevet de Michael Jackson lors de son arrêt cardiaque, le 25 juin 2009. Il devra être jugé pour homicide involontaire. Pourtant, de nombreuses zones d'ombre soulèvent la question d'une possible préméditation.

La version du Docteur Murray

Au moment de l'accident, Conrad Murray traitait les insomnies de Michael Jackson depuis 6 semaines avec du Propofol. Il voulait progressivement remplacer l'anesthésiant par d'autres sédatifs et éviter une dépendance. Dans la nuit du 24 au 25 juin 2009, il aurait successivement administré plusieurs médicaments à l'artiste, sans résultat.

Le matin du drame, à 10h40, Murray dit avoir perfusé à son patient, sur sa demande insistante, 25mg de propofol dilué avec de la lidocaïne. Comme l'artiste se serait enfin endormi, le docteur aurait abandonné la chambre pour aller aux toilettes. Lorsqu'il est revenu, la star ne respirait plus. Il aurait pratiqué des gestes d'urgence immédiatement.

Les résultats de l'autopsie

Le 28 août 2009, le bureau du Coroner (institut médicolégal) confirmait dans un communiqué que le Roi de la Pop avait succombé à une crise cardiaque, suite à une dose mortelle de Propofol, associée à d'autres médicaments sédatifs.

Le rapport d'autopsie (18 septembre 2009) conclut à un état de santé normal, hormis une inflammation des poumons. Les substances retrouvées dans l'organisme du défunt ne sont autres que celles administrées par le médecin.

Les quantités de Propofol sont comparables à celles d'une anesthésie générale : une dose bien supérieure à celle que le docteur a indiqué avoir injectée. Celui-ci a prétendu par la suite que son illustre patient se serait auto-injecté pendant son absence.

Le décès a été qualifié d'homicide suite à injection par tierce personne. Le terme d'homicide signifie que la cause était criminelle et que, par conséquent, quelqu'un doit être poursuivi.

Un enchaînement d'erreurs fatales

Le rapport d'autopsie statue que «la procédure standard d'administration du Propofol n'a pas été suivie». L'anesthésiant a été administré hors cadre hospitalier, sans équipement ni accompagnement appropriés.

Selon un expert anesthésiste engagé par la Cour de Los Angeles pour examiner le rapport, les insomnies ne se traitent pas avec du Propofol. Si un patient insiste pour qu'on lui injecte un produit dangereux, n'est-il pas du devoir du médecin de refuser ?

Conrad Murray n'aurait jamais dû quitter la pièce après avoir procédé à l'injection et aurait dû contacter les secours immédiatement après avoir constaté la détresse respiratoire de son patient. Pas 20 minutes, voire 80 minutes plus tard.

Conrad Murray était cardiologue. Pourquoi le chanteur a-t-il été retrouvé sur son lit au moment d'être transféré à l'hôpital, et non au sol, où serait censé se pratiquer un massage cardiaque efficace ?

Lors de l'audience du docteur, les témoins étaient unanimes : il n'a jamais indiqué avoir utilisé du Propofol, ni aux secours, ni aux urgences. Il n'a pas non plus évoqué la lidocaïne.

Murray était au téléphone en bonne compagnie

En juillet 2009, des données ont pu être récupérées sur l'iPhone du Docteur Murray par Stephen Marx. Cet expert en récupération de données informatiques a comparu comme témoin à l'audience de janvier 2011.

Parmi les témoins s'est également présentée Sade Anding , que le Docteur cherchait à séduire à l'époque du drame. Elle était au téléphone avec lui le 25 juin, entre 11h51 et 12h02. Il aurait abandonné la conversation sans éteindre son portable et Sade aurait perçu un brouhaha.

Ce jour là, avec deux téléphones, le Docteur Murray aurait envoyé de nombreux textos, passé et reçu des appels, sans jamais alerter les secours. Il a totalisé 45 minutes de communications, y compris avec trois conquêtes féminines et une réponse par courriel adressée à un assureur londonien, indiquant que Michael Jackson allait bien.

Beaucoup d'incohérences

Les propos du Docteur Murray ne corrèlent pas avec les résultats du rapport d'autopsie. Ceux-ci démontrent qu'il était techniquement impossible que Michael Jackson s'injecte lui-même du Propofol, étant donné l'agencement du matériel et le mode d'administration du produit.

Si l'arrêt cardiaque du Roi de la Pop était un accident, pourquoi des flacons de propofol ont-ils été dissimulés au domicile du chanteur, pourquoi le médecin a-t-il refusé de déclarer le décès puis disparu pendant les jours suivants ? Le secouriste Martin Blount l'a vu récupérer trois flacons de lidocaïne dans la chambre du défunt et ne les a jamais revus ensuite.

Pourquoi le chauffage marchait-il dans la chambre (en été, en Californie) ? Était-ce parce-que le chanteur grelotait curieusement de froid depuis plusieurs jours ou bien quelqu'un aurait-il cherché à fausser l'estimation de l'heure du décès ?

Dans cette affaire, il semblerait que le Docteur Murray soit seulement «l'arbre qui cache la forêt»...

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