Les hiéroglyphes égyptiens

« Les caractères sacrés »(en grec), sont une des plus anciennes écritures de l'humanité.
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L’écriture apparaît en 3200/3100 avant Jésus-Christ, en Egypte, plus précisément à l’époque de Nagada, au moment de l’unification de la Vallée du Nil. Au début, à l’époque de la dynastie 0 (3100/3000 avant Jésus-Christ), on retrouve essentiellement des noms de rois, de fonctions de personnes, et des chiffres. Le système d’écriture restera le même jusqu’à l’époque de la dernière inscription retrouvée, c’est-à-dire en 394, en Haute Egypte.

Les différentes écritures

Les hiéroglyphes («paroles divines» en égyptien), auraient été inventés par le dieu Thot. Ce sont des caractères figuratifs. On peut les écrire (sur des tessons, des pierres, et bien sûr des papyrus), ou les peindre (par exemple, sur les murs des temples). Dès 2400 avant Jésus-Christ, on a simplifié le système d’écriture, pour donner l’écriture hiératique, qui est plus rapide à écrire. Les hiéroglyphes sont employés par l’administration, et à usage religieux, jusqu’au VIIe siècle avant Jésus-Christ; à partir de ce moment, une écriture encore plus simplifiée apparaît: la démotique. Les Grecs arrivent en Egypte dès le IVe siècle avant Jésus-Christ. En 200, un mélange d’alphabet grec et de démotique est utilisé: le copte.

L’écriture hiéroglyphe

Pour lire les hiéroglyphes, il faut partir de la direction dans laquelle les personnages tournent leurs regards. Les signes qui forment un même mot sont dans un même carré. Le verbe est au début. Il n’y a ni ponctuation, ni espaces. Les signes peuvent correspondre soit à des idées (idéogrammes), ou des sons (phonogrammes). Plus le son est important et plus il y à de signes. Quand le phonogramme se traduit par une lettre, cela s’appelle un unilitère, par deux lettres cela s’appelle un bilitère, et par trois lettres cela s’appelle un trilitère. On peut rajouter un mot après un autre, afin d’en intensifier le sens (pour s‘assurer que le lecteur comprenne bien!), c’est-ce qu’on appelle le déterminatif. Enfin, un même mot peut revêtir plusieurs sens. Les noms des rois sont enfermés dans des cartouches. Il y aurait eu plus de 1000 signes, dont 500 de langue courante. Malgré tout, les scribes en auraient inventé au fil du temps, on aurait ainsi atteint un maximum de 5000 signes! Suivant l’époque à laquelle on se trouve, la population parle l’ancien, le moyen puis le nouvel égyptien. Ce sont les scribes qui utilisent principalement les hiéroglyphes, la majorité de la population ne sait ni lire, ni écrire. Le scribe Imhotep (entre 2800 et 2700 avant Jésus-Christ), est vénéré tel un dieu. C’est lui qui est à l’origine de la première pyramide: la pyramide à degrés de Saqqarah.

Le déchiffrement des hiéroglyphes

Sous Théodose Ier ( empereur romain de 379 à 395 de notre ère), les temples païens furent fermés. Les hiéroglyphes ont ainsi été oubliés au fil des siècles. En réalité au Ve siècle, c’est déjà le cas; l’égyptien Horapollon comprend seulement que ce sont des idéogrammes…Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les intellectuels européens s’engouent pour les langues anciennes. Le jésuite Kircher induit que le copte doit descendre des hiéroglyphes. L’abbé Barthélémy, lui, comprend que les cartouches renferment les noms des rois. Cependant, il faut attendre la fin du XVIIIe siècle et l’expédition de Napoléon en Egypte (1799) pour déchiffrer totalement les hiéroglyphes. Les français découvrent en effet la célèbre pierre de Rosette, dont une partie est écrite en langue grecque, l’autre en démotique, et la dernière en hiéroglyphe. On en fait des copies et des moulages qui circulent dans les musées européens. Dès 1821, Champollion (considéré comme le père de l’égyptologie) déchiffre la pierre de Rosette, en commençant par le nom de Ramsès II. Champollion connaissait de nombreuses langues anciennes: le grec, l’arabe, l’hébreu, le syrien, le copte, l’éthiopien..! C’est le système de la langue chinoise qui associe lui aussi les mots à des idées, qui l’a aidé à comprendre les hiéroglyphes.

  • Faivre-Martin E., Hiéroglyphes mode d’emploi , Paris, 2000.
  • Faivre-Martin E., Histoires de déchiffrement , Paris, 2009.

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