Coutumes, moeurs et traditions de la Saint-Valentin d'autrefois

D'amusantes coutumes étaient autrefois liées à la fête de la Saint-Valentin en Angleterre, en Belgique, aux Etats-Unis, en France et au Quebec
06 Fév
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La Saint-Valentin fut à certaines époques plus fêtée du côté de l'outre-Manche qu'en France. Le protestantisme aurait mis plus de coeur à honorer ce saint, en certaines époques. Malgré tout, en France, la Saint-Valentin était fêtée, mais souvent réservée à une certaine classe sociale. La Belgique possédait les reliques du saint, c'est certainement une des raisons qui expliquent le succès de la fête de la Saint-Valentin au sein du royaume (voir L' origine de la Saint-Valentin ).

Traditions et coutumes de la Saint-Valentin d'autrefois, en France

Au XIVe siècle, le premier jour de la Saint-Valentin, on choisissait un ami pour l'année. Chacun des «amants» offrait à l'autre un chapelet (couronne) vert, qu'il gardait toute l'année. C'était, croyait-on, la condition pour faire durer leur amour.

Il existait à Metz une coutume bien particulière. Lors des repas, des fêtes campagnardes à la Saint-Valentin, on tirait au sort (souvent avec des cartes) un Valentin pour chaque femme. Ce dernier avait pour rôle de lui faire sa cour, de la servir et de la couvrir de galanteries. Plus que de la sincérité, il s'agissait souvent d'un jeu de feintes, parfois seulement, une vérité cachée sous des apparences de légèreté.

Toujours en pays messin, une autre coutume fêtait les valentins (vausenottes en patois) le premier dimanche de carême. Les jeunes gens allumaient alors des feux appelés des bures ou des bulles. Ils dansaient en rond autour du feu, puis un des jeunes gens donnait au valentin sa valentine en criant «je donne, je donne». Ce à quoi l'ensemble des jeunes gens répondait: «Eh qui? Eh qui?», les deux noms étaient alors criés. Ainsi de suite, jusqu'à formation de tous les couples.

Au XVIIe siècle, Madame Royale, la fille d'Henri IV, fit construire une superbe maison à Turin qu'elle nomma Valentin. Le jour de la Saint-Valentin, elle ordonna à ses dames de choisir un gentilhomme pour l'année. Celui-ci devrait les servir de galant toute l'année. L'heureux galant devait offrir un bouquet à sa valentine à chaque bal. Il y avait un bal pour chaque fête et pratiquement chaque jour durant le Carnaval. S'il y avait un tournoi dans l'année, la dame devait offrir à son galant une garniture de cheval. Si le galant gagnait le tournoi, il appartenait à la dame. C'est ainsi, que selon l'auteur (*), cette coutume ayant pour origine la maison Valentin, chaque galant fut nommé, en Piémont, le valentin et chaque dame une valentine. Ensuite, ces coutumes et appellations furent introduites à la cour de France.

Il en persiste certaines expressions: être habillé comme un valentin, ressembler à un valentin ou encore sortir avec un beau valentin.

Les anciennes coutumes de la Saint-Valentin en Angleterre, en Ecosse et aux Etats-Unis

Au XVIIIe siècle, la fête de la Saint-Valentin était celle que les jeunes gens fêtaient avec le plus de joie. La veille de la Saint-Valentin, se rassemblait un nombre égal de jeunes filles et de jeunes garçons. Chaque participant écrivait son nom sur un bout de papier, qu'il roulait soigneusement et déposait parfois dans les urnes du saint. Ensuite, un tirage au sort avait lieu: les filles prenant les noms des garçons et les garçons ceux des filles. De cette façon, chaque garçon avait sa valentine et chaque fille son valentin. A cette occasion, les valentins offraient des bals et offraient un présent à la valentine que le hasard leur avait désignée. Traditionnellement, ils portaient sur leur manche ou sur leur coeur le billet de leur valentine durant l'année. Assez souvent, ce jeu se terminait par un mariage.

Dans le Kent, il existait une coutume amusante, où les jeunes filles fabriquaient un homme fait de houx et les jeunes hommes une demoiselle de lierre. Ces figurations étaient ensuite brûlées.

L'importance de la Saint-Valentin en Angleterre est démontrée dans l'ouvrage de Walter Scott, La jolie fille de Perth (1883), dont le sous titre est: «ou le jour de la Saint-Valentin». Une allusion est établie entre la Saint-Valentin et l'accouplement des oiseaux, «le jour où tous les oiseaux choisissent leur compagnon». L'auteur rappelle la fête de cette manière: «Au premier rayon du matin, Paraissez belle valentine. C'est à vous que mon coeur destine, le Baiser de la Saint-Valentin.»

Shakespeare, dans Hamlet ,fait allusion à cette fête: «C'est demain la Saint-Valentin, attendez-moi de bon matin, je serai votre Valentine».

Aux Etats-Unis, les traditions liées à saint Valentin étaient respectées, telles qu'en Angleterre.

La Saint-Valentin au Québec

Cette fête existe depuis deux siècles au Québec, les Anglais l'auraient importée en terre canadienne. Rappelons qu'en France, à l'époque, seule la noblesse, plus particulièrement celle de la cour du roi, fêtait la Saint-Valentin, au contraire d'une tradition très étendue en Angleterre. Implantée au Québec, la Saint-Valentin connut un grand succès, interrompue seulement durant les deux grandes guerres. Les traditions et coutumes liées à la fête étaient relativement à l'identique de celles de l'Angleterre et de la France. Toutefois, dès le 9 février, des bals costumés de pré-Carnaval étaient organisés, on pouvait donc constater parfois un savoureux mélange des deux fêtes.

La Saint-Valentin en Belgique

En Belgique, il se disait que lorsqu'une jeune fille rencontrait un garçon le jour de la Saint-Valentin, elle deviendrait sa femme. Il était d'usage que le 14 février les garçons se choisissent une valentine.

A Anvers, les jeunes filles recevaient d'un admirateur anonyme le portrait d'un personnage nommé le Greef, fait de massepain ou de spéculos. Les jeunes filles comptaient alors le nombre de valentins, la grandeur de l'offrande étant égale à l'affection que le jeune homme leur portait.

La Saint-Valentin est également fortement reliée à des croyances agricoles en Belgique comme en France (voir Dictons, proverbes et superstitions ).

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Sources:

(*) Gilles Ménage, Auguste François Jault, Pierre Borel, Pierre de Caseneuve, H. P. Simon de Val-Hébert, Pierre Besnier, Claude Chastelain (abbé), Dictionnaire étymologique de la langue françoise, Volume 2, Briasson, 1750

Charles Nodier, Bulletin du bibliophile, Chener Editeur, 1848

Soultzbad. Le bain de Soultz... Source minérale chloro-iodo-bromée. Monographie, par le Dr E. Eissen,..., 1857

Société d'histoire et d'archéologie, Brussels, Revue d'histoire et d'archéologie, Volume 3, 1862


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