Facebook : les utilisateurs reçoivent plus de leurs amis

A l'heure de son introduction en bourse, une étude des interactions des utilisateurs révèle que le réseau géant est porteur d'un engouement persistant.
03 Fév

A ce jour, Facebook regrouperait environ 845 millions d'utilisateurs actifs. Contrairement à ce que l'on aurait pu penser aucune lassitude, ni détachement ne s'installe chez les premiers utilisateurs. Sont entendus ainsi, ceux qui ont répondu présent depuis 2004. Le rapport de Pew Research Center et d'American Life Project a décrypté le type d'activités, les relations interpersonnelles des usagers Facebook.

Les détenteurs de comptes Facebook reçoivent plus qu'ils ne donnent

Voici ce que le rapport met en exergue, les utilisateurs réguliers du réseau social reçoivent plus de messages privés, de "j'aime", de commentaires et de "pokes" (alerte numérique) qu'ils n'en donnent. L'étude portait sur 269 utilisateurs identifiés par un sondage téléphonique aléatoire, réalisé auprès de 2255 adultes. L'enquête traitait des questions d'ordre général, relatives à l'internet.

L'analyse des interactions démontre que l'utilisateur moyen reçoit plus de "j'aime" (like) qu'il n'en donne, n'en clique lui même. De même, lors de l'enquête il a été constaté que 40 % de ces utilisateurs avaient envoyé des demandes d'ajout à la liste d'amis, alors que 63 % d'entre eux avaient reçu au moins une invitation à devenir un "ami". Le constat est donc le suivant: si la majorité des utilisateurs étaient modérément actifs sur un temps donné; un groupe d'utilisateurs (20 à 30 %) étaient à contrario à la fois très actif et diversifié dans ses activités "Facebookiennes". Ces membres actifs ont été baptisés "power users" dans le cadre de l'étude. Ce serait donc bien cette catégorie d'usagers qui apporterait la valeur ajoutée recherchée, particulièrement appréciée d'un grand nombre d'utilisateurs Facebook. Les chercheurs ont observés que 20 à 30 % des utilisateurs Facebook étudiés étaient devenus des "power user".

Facebook un bien social, un lieu de bien être?

Keith Hampton, professeur à l'Université Rugers, auteur de l'étude “ Why most Facebook users get more than they give ” (Pourquoi la plupart des utilisateurs de Facebook obtiennent plus qu'ils ne donnent) a déclaré "Facebook ressemble à un bien social".

Dans la plupart des cas, les gens se sentent bien sur le réseau social, où généralement ils ne reçoivent pas d'interactions négatives, au contraire. Les relations avec les usagers sont donc dans la plupart des cas positives, valorisantes. Comme un baume au coeur dans une société qui exige toujours plus des individus. Dans ce cocon social où le "je n'aime pas" est inexistant, les utilisateurs sont à l'aise. Lorsqu'ils comptabilisent leur "j'aime" ainsi que tous les commentaires et autres interactions positives (marquages (tag) de photos, posts, partages d'intérêts) qui leur sont réservés, les utilisateurs se sentent satisfaits, mis en avant. Keith Hampton déclare qu'il devient difficile alors de se priver de toutes ces "récompenses positives". Surtout que les usagers obtiennent plus de signes, de soutien affectif qu'ils n'en donnent. Il ajoute qu'en quelque sorte, qu'il s'agit bien de ce que recherchent la plupart des utilisateurs du réseau social. Lee Rainie, directeur du Pew Internet Project, pour sa part, a déclaré "ceux qui sont socialement actifs ont une meilleure chance de recevoir l'aide, le soutien émotionnel dont ils ont besoin".

Les amis Facebook plus réels que virtuels

Selon le chercheur Keith Hampton, les amis Facebook seraient de plus en plus en lien avec la vie quotidienne des usagers. Le risque de désocialisation deviendrait moindre, puisque d'après cette étude, ces utilisateurs auraient tendance à avoir plus d'amis dans la vie réelle. De plus les amitiés sembleraient se diversifier.

Facebook un réseau social qui perdure

L'étude démontre que les anciens utilisateurs de Facebook ne se lassent en rien de leur appartenance au plus grand réseau social. En effet, d'après ce rapport-étude, plus les individus sont sur Facebook depuis longtemps, plus ils interagissent sur Facebook. De plus, le nombre conséquent d'amis est un facteur de persistance sur Facebook. Plus les utilisateurs disposent d'un grand nombre d'amis, moins ils veulent en partir, parfois même, la pression sociale se fait sentir.

Du temps passé sur les réseaux sociaux aux motivations

Si l'amitié virtuelle semble se rapprocher de la vie réelle, le temps passé sur les réseaux sociaux, sur internet, ne réduit-il pas le temps passé dans la vie réelle? De même, il serait intéressant d'étudier un autre facteur de persévérance lié à l'usage des réseaux sociaux. A savoir cette curiosité face à la vie privée d'autrui, tel ce voyeurisme - exhibitionnisme qui hante les émissions de télé-réalité. Bien entendu, ce possible facteur ne concernerait qu'une partie des utilisateurs, notamment ceux qui étalent sans modération leur intimité ou encore ceux qui se nourrissent avec une ferveur compulsive des activités d'autrui. On pourrait aussi se demander, si ce que l'on pourrait prendre pour du voyeurisme, serait pour certains un moyen de pouvoir faire ses choix (ou conforter ses choix) en observant ceux des autres, ou encore pour s'auto-évaluer en fonction des autres. "Les autres" deviendraient alors une échelle d'évaluation, tristement normative.

Il est certain que le réseau social peut, avec les fonctionnalités qu'il offre, être utilisé de bien des manières, d'utile à futile, de modérée à extrême. En attendant, Facebook s'inscrit comme le deuxième site le plus visité au monde...

En bref, le rapport vient à point nommé rassurer les investisseurs en bourse, sur l'aspect pérenne, temporel du réseau social.

Source:

Why most Facebook users get more than they give, by Keith Hampton http://www.pewinternet.org/Reports/2012/Facebook-users.aspx, Lauren Sessions Goulet, Cameron Marlow, Lee Rainie, Feb 3, 2012

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