Qui sont les Roms ?

Un sujet récurrent de l'actualité est celui concernant les Roms... mais qui sont-ils exactement...
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A l’origine, et selon les Nations unies et l’Union Romani internationale, les Roms (qui signifient les hommes en hindi), désignent un ensemble de populations originaires du Rajasthan (Inde) et qui ont en commune une langue, le romani.

Dans le langage courant, ce terme renvoie uniquement aux populations migrantes de l’Europe de l’Est.

Bien souvent ils sont confondus avec « les gens du voyage » qui eux, ont un statut administratif pour les personnes vivant en France de façon nomade. Ils ont effectivement “voyagé” de Roumanie en France, mais étaient sédentaires là-bas (où ils vivent en maison, généralement en milieu rural). Seules les expulsions des squats et bidonvilles les invitent à la mobilité.

Mais on constate au bout de dix ans que ce sont les mêmes ensembles familiaux qui, de squats en squats, tournent dans les mêmes communes.

Désormais, Ce sont des migrants économiques comme les autres. Les raisons de leur départ sont communes aux Roumains comme aux Roms du même pays : la dégradation des conditions de vie depuis vingt ans et l’absence de perspectives d’avenir.

Démographie

Actuellement, dix à douze millions de Roms vivent en Europe.

C’est effectivement en Roumanie que la population est la plus nombreuse avec 8,63 % de la population.

  • Roumanie : 1.860.000 Roms
  • Bulgarie et Hongrie : 750 000
  • Slovaquie : 490.000
  • Espagne : 750.000
  • Grèce : 175.000
  • Italie : 150.000
  • Portugal : 52.000
  • France : 15.000

Accès au Travail

Question d’actualité, l’accès au travail. En France, seuls 13 % des Roms âgés entre 20 et 64 ans ont réussi à trouver un employeur. En fait, s’ils ont de grandes difficultés à accéder au monde du travail, cela est dû aux restrictions imposées par la France aux citoyens roumains et bulgares qui souhaitent travailler en France (Données issues d’une étude menée par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne parue en mai 2012).

Quelques dates

- Au 1er janvier 2007 : la Bulgarie et la Roumanie entrent dans l’Union Européenne, les autres états déjà membres de l’Union Européenne ont alors le choix d’ ouvrir ou non, le marché du travail aux ressortissant de ces deux pays, qu’ils soient Roms ou autres.

- Au 1er janvier 2009 : le Danemark, la Hongrie et l’Espagne lèvent à leurs tours leurs restrictions. Mais en juillet 2011, la commission européenne autorise toutefois l’Espagne, fortement touchée par la crise financière et le chômage, à les rétablir concernant les Roumains et cela jusqu’au 31 décembre 2012.

- Au 22 août 2012 : la France réfléchit à la possibilité de lever par avance ses mesures transitoires limant l’accès à l’emploi. Dans l’hexagone, les ressortissants de Bulgarie et de Roumanie, dont les Roms du pays sont originaires dans 90 %des cas, ne peuvent postuler que pour 150 métiers en pénurie de mains-d’œuvre et si le contrat de travail dépasse un an, le patron doit s’acquitter d’une taxe qui est d’environ 800€.

Ces difficultés d’accès à l’emploi font que beaucoup de Roms travaillent au noir et mendient. La levée anticipée des mesures restrictives débloquerait des centaines de dossiers déposés dans les préfectures, qui rappelons le, mettent parfois 7 mois pour délivrer un permis de travail !

Comment le gouvernement français envisage de lever ces mesures ?

Suite à la promesse du candidat aux élections présidentielles, François Hollande, qui avait annoncé dans une lettre au collectif Romeurope, que ces restrictions « feront l’objet d’une examen objectif…. », le ministre de l’Intérieur Manuel Vals, a annoncé durant ce mois d’août, que le premier ministre, Jean Marc Ayrault, présidera une réunion interministérielle à ce sujet.

Ces mesures, dites transitoires, sont applicables jusqu’au 31 décembre 2013, elles ont été adoptées en 2007 lors de l’arrivée de la Bulgarie et de la Roumanie à l’Union Européenne. A cette époque, les pays membres craignaient un afflux massif de migrants faiblement qualifiés, a expliqué Claudia Charles, chargée d’études au groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), au Journal Lacroix. Or, l’Italie et l’Irlande ont supprimé ce dispositif durant le premier semestre 2012, et aucun flux migratoire massif n’a été constaté.

Dernières mesures : conditions d’embauche assouplies

Le gouvernement va assouplir les conditions d'embauche des Roumains et Bulgares, principales nationalités des Roms, dont plusieurs campements ont été démantelés cet été, une décision saluée mercredi 22 août 2012 par Bruxelles qui a encouragé Paris à lever l'ensemble des restrictions.

A l'issue d'une réunion interministérielle, deux mesures pour "faciliter l'insertion par le travail" des Roms ont été annoncées par Matignon :

  • la suppression de la taxe que l'employeur doit verser pour embaucher un Roumain ou un Bulgare.
  • l’élargissement "de manière très importante" de la liste des 150 métiers auxquels ils ont actuellement accès.

Toutefois, a précisé Matignon, "Le gouvernement examinera, après discussions avec les Etats concernés, l'hypothèse d'une levée anticipée" de ces mesures.

Sources : Journaux Lacroix, Libération, recherche google.

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