L'égalité au cœur des préoccupations des jeunes

Le 17 mars 2011, démarre une grande consultation lycéenne initiée par le Conseil régional d'Ile-de-France sur les attentes des jeunes pour leur avenir.

Les lycéens de Grandchamp à Versailles ont été les premiers à s’exprimer sur leur vie et les changements qu’ils estiment indispensables pour concrétiser leurs projets. Des représentants du monde éducatif, politique et économique les ont écoutés pendant 1h30. D’ici le mois de mai, les jeunes de 15 autres lycées franciliens seront également invités à prendre la parole dans une démarche de démocratie participative voulue par la vice-présidente aux lycées et aux politiques éducatives, Henriette Zoughebi.

« Le système scolaire actuel reproduit les inégalités »

Pleinement conscients des inégalités qui entravent leurs possibilités, les jeunes dénoncent fortement les établissements élitistes de Versailles qui cherchent à obtenir 100% de réussite au bac, et excluent, pour y parvenir, des élèves dès la seconde ou les orientent vers des filières professionnelles et technologiques sans se préoccuper de leurs réels projets d’études. Ils regrettent aussi la forte attraction des lycées d’excellence qui contribue à vider les établissements de leurs meilleurs éléments et à creuser les écarts de niveaux. Evidemment, disent-ils, les inégalités commencent bien avant le lycée, au sein même de la famille : les enfants de milieu populaire sont généralement moins tirés vers le haut et bénéficient de moins de soutien. Ils auront moins de chance de s’orienter librement et le système éducatif actuel ne leur semble pas en capacité de réduire ces inégalités.

« Faire tomber les préjugés »

Ces jeunes socialement moins chanceux sont envoyés dans les filières professionnelles ou technologies qui leur sont présentées comme des orientations par défaut, pour les « nuls ». Ces représentations négatives les font souffrir et peuvent renforcer le décrochage scolaire. Sans raison pourtant. Car, au final, ils affirment haut et fort la possibilité de s’y épanouir et de trouver des passerelles vers une orientation choisie. Une lycéenne en témoigne : « En troisième, je n’avais pas de bonnes notes. Aujourd’hui, je suis en bac pro. Avec le temps et la maturité, j’ai pu rattraper mon retard et je pourrai poursuivre mes études en DUT, puis en licence comme les élèves des filières générales. »

« Etre mieux informé pour mieux réussir »

Leurs propres préjugés sur les filières proviennent notamment de la manière dont le corps enseignant les leur présente. « Il nous faudrait des informations précises et concrètes sur les débouchés des filières. » Une meilleure information pour ne pas passer à côté de son orientation. C’est pourquoi ils demandent un lien plus fort avec l’entreprise pour découvrir la réalité du monde du travail, mieux affiner leur projet professionnel, mais aussi prendre confiance en soi et s’affirmer. Dans ce même état d’esprit de curiosité, des jeunes proposent une redistribution des heures scolaires qui leur laisserait le temps de développer d’autres formes d’intelligence, notamment artistique, de pratiquer un sport ou de s’engager dans des actions de solidarité.

Une vice-présidente des lycées et des politiques éducatives à l’écoute

Le 20 mai prochain, Henriette Zoughebi présentera les points de convergences entre les demandes formulées par les jeunes et les dispositifs régionaux. Elle annoncera aussi de nouvelles mesures prises suite à cette consultation. En attendant, elle retient déjà l’idée d’organiser des échanges inter-lycées pour favoriser le dialogue et déconstruire la mauvaise image qui pèse sur les jeunes des cités, la nécessité de créer des passerelles entre l’école et l’entreprise, et le besoin de soutenir l’autonomie des jeunes.

Prochaine consultation, lundi 21 mars au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine. Affaire à suivre !

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