La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre

Un titre alléchant, un prix Femina, un écrivain connu...les ingrédients sont réunis, la lecture est-elle satisfaisante ?
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Le titre est déjà tout un poème. On pourrait presque en faire un sujet du bac philo : la vie est brève et le désir sans fin, comment réconcilier la nature de l’homme et l’environnement ? Les stoïciens ? Jean-Paul Sartre…On convoquerait nombre de grands hommes pour en démêler avec cette question. Dans le livre de Patrick Lapeyre, il n’est pas question de philosophie ou plutôt il est question d’absence de philosophie de vie. Les personnages ont l’air las d’une vie qui semble davantage les avoir choisis plutôt qu’ils ne l’ont choisie, elle, (c’est surtout valable pour les deux hommes) et leurs actions semblent s’inscrire dans la vacuité de leur désir précisément. Car ce désir sans fin semble quasiment sans objet : la femme épousée, l’amante passionnée ? Le personnage que je qualifierais de principal passe à côté même de ce désir. L’autre homme est plus déterminé à vouloir récupérer son amour…bien que la partie ne semble pas valoir la chandelle finalement. La plus inconsistance étant la femme, la seule à se mourir par amour : de l’autre, d’elle-même, du fruit que pourrait naitre de ses amours. La seule qui se meure et se voit quasi abandonnée par ses amants.

Point de vue féminin ?

Ce roman est incontestablement bien écrit. Le choix du mot juste, se vérifie à chaque construction de phrase « ils relèvent un instant la tête, le temps d’assimiler l’information, puis se remettent à s’embrasser. Mais très, très légèrement, comme des gens soucieux de ne pas toucher l’équilibre de la planète. », mais le rythme est parfois trop lent et on se demande où vont les personnages (et nous avec) bien que la tension traversant l’ensemble du livre ne fait aucun doute : le happy end ne se profile pas. L’histoire n’est pas assez étoffée pour que la médiocrité des hommes soit révélée. Il y a une sorte de violence contenue mais trop mal dissimulée, un humour à peine perceptible, une œuvre presque inachevée parce qu’elle manque un peu de force. L' ambiance très "parisienne bobo sans être huppée" qui se dégage de cette oeuvre lui confère un aspect assez ennuyeux, finalement, une nonchalance presque sans intérêt. Alors, décrire le monde tel qu’il est et sans fioritures oui, mais une histoire mérite un peu "d'histoires" justement, quitte à ce que le lecteur soit momentanément absorber par ce qu’il lit ?

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