Le prince des ténèbres, manga haletant chez Kurokawa

En seulement 10 tomes, Kurokawa nous a offert un manga shonen policier à tendance thriller qui ne laisse pas une seconde de répit.

Avec un scénario qui gagne en intensité tome après tome, « Le prince des ténèbres » s’est terminé après 10 volumes au fil desquels la dessinatrice et le scénariste ont positionné leurs personnages comme les pions d’un échiquier géant.

Un futur peu engageant, un héros banal face à un ennemi redoutable.

Tout commence simplement, avec le quotidien d’un adolescent qui va au lycée, prend soin de son cadet, aime passer du temps avec ses copains. Mais la ville dans laquelle il vit change de visage, voit ses vieux quartiers tomber sous la convoitise d’un promoteur avide et le ressentiment de ses habitants, condamnés à partir faute d’argent, grandir. Si Andô n’est pas aveugle, il choisit de fermer les yeux et de se boucher les oreilles. Il a bien assez à faire puisqu’il vit seul avec son frère. Pourtant, les choses vont le rattraper. Le don psychique qu’il ignorait se révèle utile le jour où il rencontre Inukaï, un jeune homme à peine plus vieux que lui qui attise la colère des foules, ambitionne clairement de fonder une milice pour renverser la situation en ville. Séduit, Andô se rapproche d’Inukaï pour découvrir finalement que ce dernier cache de cruels desseins. Bravant sa nature tranquille et flegmatique, le lycéen va se dresser seul face à Inukaï et ses sbires. Dès lors, entre dons paranormaux maladroits et tueurs à gages, une lutte à mort s’engage.

Une histoire ambitieuse et diablement bâtie.

Kôtarô Isaka a adapté son roman « Maô » pour un public habitué au manga shonen. Fort des succès de ses romans policiers et thrillers, il est familier de ce genre d’adaptation qui est courante au Japon.

Après un début modeste, la machine du « prince des ténèbres » s’emballe très vite et la fluidité de la narration, aidée du trait pur et du découpage des scènes par Megumi Ôsuka, plonge le lecteur dans cette histoire de complots, d’ambitions et de manipulations jusqu’au cou !

Au départ, les héros n’étaient pas aussi jeunes, mais shonen oblige, ils ont l’âge de s’amuser et non de se laisser embrigader dans une sordide mascarade qui mêle, au millimètre près des personnages très fouillés, ayant tous un rôle à jouer mais qui peut n'être révélé qu'après plus de cinq tomes. La jeunesse des protagonistes s’adapte aisément au scénario, preuve que le talent de Kôtarô Isaka n’est pas dû au hasard d’une bonne histoire parmi tant d’autres.

Le timing est parfait pour chaque étape de ce thriller qui nous laisse hors d’haleine, avide de lire la suite, admiratif du courage et de la détermination de chacun. Le dénouement est, à ce titre, idéal car il reste dans le ton général de la série.

Une série de rare qualité.

L’éditeur Kurokawa a bien choisi ce titre pour agrémenter son catalogue. A mi-chemin entre shonen et seinen, « Le prince des ténèbres » plait à un large public d’amateurs du manga et de la BD en général. Il prouve qu’une bonne série ne nécessite pas un développement sur trente ou cinquante tomes pour être un succès. Il est d’ailleurs plus intéressant de noter que la limite de dix tomes forcerait même plutôt une qualité dans l’élaboration de l’histoire, preuve supplémentaire que la collaboration d’un scénariste et d’un dessinateur apporte souvent beaucoup à une série manga.

Sources : Wikipédia en anglais, site de l'éditeur Kurokawa (pour les images).

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