Célébrations nationales 2011: Camille Guérin

Il y a cinquante ans disparaissait Camille Guérin, l'inventeur avec Albert Calmette du vaccin BCG destiné à lutter contre la tuberculose.

Créée en 1974 par Maurice Druon, alors ministre de la Culture, la délégation aux célébrations nationales dépendait à l’origine de l’Association française pour les célébrations nationales. Rattachée à la direction des Archives de France en 1979, elle est alors chargée par le ministre «de veiller à la commémoration des événements importants de l’histoire nationale».

Le programme des manifestations organisées autour des célébrations nationales est complété et mis à jour tout au long de l'année. La sortie du recueil 2011 a fait l'objet d'une présentation à la chapelle des Beaux-Arts le 21 janvier 2011.

A cette occasion Frédéric Mitterrand prononce un discours , les images sont ici .

Camille Guérin: la lutte contre la tuberculose

Camille Guérin est né le 22 décembre 1872 à Vouneuil-sur-Vienne (près de Poitiers, dans le département de la Vienne), il décède le 9 juin 1961 à Paris. A l’issue de sa scolarité au lycée Descartes de Châtellerault, il entre, à 20 ans, à l’École nationale vétérinaire de Maison-Alfort.

Excellent élève, il se fait remarquer par le professeur Nocard (1850-1903) qui a le mérite de percevoir (1881) l’importance d’une collaboration entre médecins et vétérinaire. Il admet à ses côtés dans son laboratoire Camille Guérin, qui reçoit son diplôme en 1896. Un an plus tard, Edmond Nocard le recommande à Albert Calmette (1863-1933), médecin et bactériologiste, qui est chargé de créer l’institut Pasteur de Lille.

Camille Guérin exerce les fonctions de préparateur et se consacre, à partir de 1900, à deux thèmes de recherche: la vaccine jennérienne (vaccin antivariolique) et la tuberculose. C’est le début d’une collaboration, qui ne finira qu’à la mort de Calmette.

Collaboration entre Albert Calmette et Camille Guérin

En 1905, Calmette nomme Camille Guérin chef de laboratoire, qui poursuit ses travaux de recherches. Dans les années 1905-1915, il publie, en collaboration avec Calmette, une série de mémoires relatifs au mécanisme de l'infection tuberculeuse.

A partir de 1908, Guérin renforce ses recherches sur la tuberculose. Il entreprend des recherches qui mèneront ultérieurement à la découverte du vaccin antituberculeux, mais elles seront temporairement interrompues par la guerre de 1914.

Calmette est rappelé à Paris en 1917 pour assurer la sous-direction de l’Institut Pasteur. Malgré la distance qui sépare Guérin de Calmette, leur collaboration se poursuit, ils se rencontrent à plusieurs reprises pour confronter leurs expériences, assistent à de nombreux congrès et rédigent de ensemble plusieurs publications.

Naissance du BCG ( bacille Calmette et Guérin): vaccin contre la tuberculose

En 1919, Guérin est nommé chef de service à l’institut Pasteur de Lille, tandis que Calmette vérifie l’innocuité de son vaccin sur des rongeurs de laboratoire. Ils obtiennent, en 1921, une souche de bacilles tuberculeux qui ne détermine plus de lésions chez l’animal. Les premiers essais vont conclure à l’innocuité et au pouvoir protecteur de cette souche contre la transmission de la tuberculose bovine.

Le 18 juin 1921, tout est prêt pour appliquer ce vaccin, à l’homme. C’est une véritable réussite qui permet de multiplier les vaccinations, de conclure à l’innocuité, puis à l’efficacité de la méthode : la vaccination antituberculeuse était découverte. Elle est devenue le BCG (bacille Calmette et Guérin).

En 1928, Camille Guérin devient chef du nouveau service du BCG à l’Institut Pasteur de Paris. Il est élu, en 1935, membre de l’académie de médecine, puis il reçoit la grande médaille de vermeil de la ville de Paris en 1952 ; il est nommé grand officier de la Légion d’honneur en 1958.

La lutte contre la tuberculose aujourd’hui

Désormais, la lutte contre la tuberculose ne représente plus une mission prioritaire, En 2000, Le Comité national contre les maladies respiratoires et la tuberculose est devenu le Comité national contre les maladies respiratoires.

En France, les recommandations actuelles ne rendent plus obligatoire le BCG. L’obligation de cette vaccination par le BCG chez l’enfant et l’adolescent a été suspendue officiellement au cours de l'été 2007, au profit d’une recommandation forte, dans certaines régions de vaccination d'une population plus ciblée.

CONT12

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