Exposition : "Des J.O. de Berlin aux J.O. de Londres (1936-1948)"

Le Mémorial de la Shoah présente à Paris, du 9 novembre 2011 au 29 avril 2012, une exposition à découvrir : "Le sport européen à l'épreuve du nazisme".
18

Toute l’histoire du XXe siècle européen se lit dans le formidable développement des pratiques et des cultures sportives. En particulier, ses pages les plus sombres écrites entre les Jeux de Berlin organisés par le IIIe Reich et le renouveau de l’olympisme esquissé à Londres en 1948.

Les régimes totalitaires n'ont pas seulement utilisé l'école, l'armée et les loisirs pour fabriquer le corps de "l'homme nouveau" et mobiliser son esprit. Ils ont également eu recours à l'éducation physique et au sport envisagés comme un moyen d'améliorer la "race" et de préparer la guerre.

La terreur nazie n’épargne pas plus les sportifs juifs que les populations juives établies sur le continent européen. Le sport, jusque-là mouvement d’émancipation des individus, devient un instrument de tortures et de soumission aussi bien dans les camps de concentration, les centres de mise à mort que dans les ghettos.

Comment s’est comporté le monde sportif face aux politiques d’exclusion, face à l’application des lois antijuives jusque dans les stades, les gymnases et les piscines ?

Le Mémorial de la Shoah

Situé à Paris, au cœur du quartier historique du Marais, le Mémorial de la Shoah propose à ses visiteurs de nombreuses informations et activités sur une surface totale de près de 5 000 m².

Centre de ressources, première archive d'Europe sur la Shoah, le Mémorial est aussi un "musée de la vigilance" conçu pour apprendre, comprendre et ressentir, parce qu'il est nécessaire de construire encore et toujours "un rempart contre l'oubli, contre un retour de la haine et le mépris de l'homme", selon les mots d'Eric de Rothschild, président du Mémorial.

Présentation de l’exposition

Cette exposition révèle, en contrepoint, comment les jeunesses juives de toute l’Europe se sont enthousiasmées pour les sports, investissant en particulier la lutte, la boxe, l’escrime et les sports de self-défense, et participant aux Maccabiades de Tel-Aviv en 1932 et 1935 (Les Maccabiades sont un événement sportif ayant lieu en Israël tous les quatre ans).

Relatant les multiples facettes de l’histoire du sport en Europe entre 1936 et 1948 à travers de nombreux films, photographies, objets et documents d’archives, l’exposition retrace parallèlement l’itinéraire individuel d’une vingtaine de sportifs dont les carrières ont été bouleversées et les vies anéanties par la montée du nazisme.

Le nazisme, le fascisme et les régimes de collaboration vouent un culte au corps athlétique et guerrier, ils utilisent le sport pour contrôler les jeunesses et les masses, justifier leurs idéologies xénophobes et racistes, et même infliger des supplices particuliers aux champions juifs déportés.

Pour les minorités opprimées, pour les résistants, et même pour certains prisonniers des camps, à l’inverse, le sport a pu servir de refuge, voire de réarmement moral et corporel.

A Berlin en 1936, ouverture officielle des Jeux Olympiques par l e chancelier Adolf Hitler

Les Jeux Olympiques de Berlin constituent le plus grand événement médiatique des années 1930, et aussi la plus grande démonstration de force nazie. Ils se sont déroulés du 01 au 16 août 1936, comme d'un échec cinglant de la volonté d'Adolf Hitler de démontrer la supériorité de la race aryenne. Le héros de ces Jeux est un Afro-américain : l'athlète Jesse Owens, vainqueur de quatre médailles d'or, aux épreuves du 100 m, du 200 m, du relais 4x100 m et du saut en longueur.

Les Jeux de 1936 sont les premiers à être filmés pour la télévision. Vingt-cinq espaces de visionnage sont aménagés dans le Grand Berlin, pour permettre aux riverains de suivre gratuitement les épreuves. Pour la première fois, la flamme olympique, à l’instigation du Professeur Carl Diem , est introduite dans une cérémonie d’ouverture de J.O.

Le sport sous le gouvernement de Vichy

L’éducation physique de la jeunesse est une obsession pour le régime de l’octogénaire maréchal Pétain. C'est Jean Borotra qui est chargé d'embrigader les esprits. Le retour de Pierre Laval au gouvernement en avril 1942 entraîne la mise à l’écart de Borotra, puis sa déportation par les autorités allemandes pour acharnement patriotique, et la promotion d'un ancien officier de l’artillerie coloniale, Joseph Pascot.

Au lieu de s'opposer à l’ingérence de l’occupant, les services de Pascot se bornent à vérifier les conditions d'application de l’ordonnance allemande du 8 juillet 1942 qui interdit aux Juifs "l’accès à toutes manifestations sportives, soit comme participants, soit comme spectateurs, de même qu'aux plages et aux piscines".

Des J.O. de Berlin aux J.O. de Londres en 1948

Avec de vaines campagnes de boycott international, l’histoire de cette décennie tragique combine une histoire des relations internationales sportives, une histoire du mouvement sportif ouvrier européen, et une histoire des politiques sportives d’exclusion dans les années trente.

Comme lors de la Première Guerre mondiale, le déclenchement des hostilités, d’abord au Japon et en Chine, puis en Europe, rendit impossible la tenue des Jeux de la XIIe et de la XIIIe Olympiades en 1940 et 1944 respectivement. En fait, 12 années s’écouleront avant que la flamme olympique ne brûle à nouveau dans un stade olympique, à Londres, en 1948.

Ces Jeux Olympiques dans la capitale britannique ont une résonnance particulière alors que celle-ci sera à nouveau cité olympique à l’été 2012.

Renseignement pratiques

  • Mémorial de la Shoah
  • 17, rue Geoffroy–l’Asnier, 75004 Paris
  • Tél. 01 42 77 44 72 - Fax : 01 53 01 17 44

Sources d’information

Sur le même sujet