Les Jardins Albert Kahn, le musée et un tour du monde en images

Aux portes de Paris, une promenade dans les jardins d'Albert Kahn offre un réel dépaysement pour le visiteur qui oublie l'environnement urbain.

Albert Kahn s’installe à Boulogne-sur-Seine en 1893 où il loue un hôtel particulier au 6 quai du 4-Septembre. En 1895, il acquiert la maison et 4 parcelles de terrain. Il entreprend alors la construction de son jardin.

En 1910, après avoir réuni au total 23 parcelles, Albert Kahn dispose d’un jardin de près de 4 hectares.

Qui était Albert Kahn ?

Albert (Abraham) Kahn est né le 3 mars 1860 à Marmoutier, dans le Bas-Rhin. Sa famille, relativement aisée, appartient à une petite communauté de commerçants juifs. L’année de ses 10 ans est marquée par la guerre franco-allemande et la mort de sa mère.

Comme de nombreux Alsaciens, une partie de la famille Kahn choisit de rester française. Le jeune garçon poursuit sa scolarité au collège de Saverne, de 1873 à 1876 puis s’en va à son tour, à l’âge de seize ans. Il s’installe à Paris.

Un banquier dans la cité

Sa vie professionnelle débute chez un confectionneur de la rue Montmartre puis se poursuit à la banque des frères Charles et Edmond Goudchaux comme employé. Tout en travaillant, Kahn reprend ses études. Il réussit ses baccalauréats de lettres (1881) et de sciences (1884) et entreprend des études de droit et obtient sa licence en 1885.

À la banque Goudchaux, en quelques années de 1889 à 1893, il bâtit une fortune en spéculant sur les mines d’or et de diamants d’Afrique du Sud, puis crée sa propre banque d’affaires en 1898, la "banque Kahn".

Une œuvre en faveur de la paix

L’homme mûr, le banquier qui a réussi, consacre sa vie et sa fortune, entre 1898 et 1931, à l’établissement de la paix universelle. Pour cela, Kahn crée de nombreuses institutions destinées à favoriser la compréhension entre les peuples et la coopération internationale.

Le krach boursier de 1929 porte un coup fatal à la fortune du banquier. Entre 1936 et 1939, le département de la Seine rachète la propriété et les collections de photographies et de films. Albert Kahn conserve néanmoins l’usage de sa maison de Boulogne où il s’éteint le 14 novembre 1940.

Les jardins d’Albert Kahn

Fidèle à son intérêt pour la diversité des cultures, Kahn choisit un genre de jardin bien particulier au XIX e siècle : le jardin dit "de scènes". Aujourd’hui, le visiteur peut admirer le jardin tel qu’il se présentait au début du XXe siècle, à l’exception de quelques bâtiments disparus.

Un jardin "mappemonde " : Des essences originaires d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Océanie et d’Asie sont réunies sur les 7 types de jardins qui composent le site.

Le jardin français et le verger-roseraie : au centre du site se dresse le palmarium, élégante serre vitrée surmontée d’une coupole aux formes arrondies, où s’épanouissent des plantes exotiques.

Le jardin anglais : la composition paysagère est guidée par la recherche de la nature. Une rivière s’écoule dans un bassin. Un petit cottage souligne le caractère pittoresque de la scène.

La forêt vosgienne : le versant lorrain (caractérisé par la présence d’épicéas et de hêtres plantés sur un éboulis de granit) ; le versant alsacien (caractérisé par des pins et des chênes.

La forêt dorée et la prairie : cette partie du jardin doit son nom aux bouleaux pleureurs qui prennent en automne une teinte jaune et or très lumineuse.

La forêt bleue et le marais : cette forêt réunit des arbres d’Afrique et d’Amérique. À travers leurs branches hérissées d’épines bleues, on distingue peu à peu le marais.

Le village japonais : un village composé d’un pavillon de thé et de deux maisons traditionnelles transporte le promeneur dans cette partie de l’Asie.

Le jardin japonais contemporain est une métaphore de la vie de Kahn conçue autour de trois axes essentiels : la vie (yang), la mort (yin) et l’axe féminin-masculin.

Le musée départemental Albert-Kahn

Après la faillite d’Albert Kahn, le département de la Seine acquiert en 1936 la propriété d’Albert Kahn à Boulogne ainsi que les Archives de la Planète. Dès 1937, la propriété est accessible au public qui peut visiter les jardins privés du banquier.

En 1986, l’établissement devient juridiquement un musée départemental, labellisé "musée de France". Le musée organise annuellement une exposition temporaire, l'exposition permanente est constituée surtout de postes de consultation multimédia sur lesquels une partie des collections du musée sont accessibles.

FAKIR (Fonds Albert-Kahn Informatisé pour la Recherche)

La nature des collections (plaques de verre au format 9x12 cm) interdit l’exposition d’originaux. Seules des reproductions sont installées sur les cimaises.

Depuis 2006 et jusqu’en 2011, par tranches successives, l’ensemble des collections (photographies, films, archives textes et photographies de matériels ou de mobilier ayant appartenu à Kahn) devient accessible.

Les Archives de la Planète

Albert Kahn est animé par un idéal de paix universelle. Sa conviction : la connaissance des cultures étrangères encourage le respect et les relations pacifiques entre les peuples. Il perçoit également très tôt que son époque sera le témoin de la mutation accélérée des sociétés et de la disparition des modes de vie traditionnels.

Il entreprend alors de créer les "Archives de la Planète" pour lesquelles il emploie des photographes et des cameramen chargés de saisir tous les aspects des us et coutumes qu’ils rencontrent lors de leurs missions.

Au total, les archives représentent 72 000 plaques autochromes, le premier fonds au monde, plus de 4 000 plaques stéréoscopiques (procédé de photographie restituant le relief) et environ une centaine d’heures de film 35 mm.

Renseignements pratiques

  • Albert-Kahn, musée et jardins
  • 10-14, rue du Port - 92100 Boulogne-Billancourt
  • Standard : 01 55 19 28 00
  • Fax : 01 46 03 86 59
  • museealbertkahn@cg92.fr

Source d’information

Site officiel : http://albert-kahn.hauts-de-seine.net/

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