L'abattage rituel des animaux sans étourdissement en France

Une campagne d'information a été lancée en France pour informer les consommateurs sur les conditions de mort des animaux dans les abattoirs.

Alors que l'abattage par étourdissement est obligatoire depuis 1964, les pratiques de l'abattage des animaux sans étourdissement sont de plus en plus fréquentes dans les abattoirs français chez les ovins et les caprins. Ils représentent en effet plus de 50% des animaux égorgés sans étourdissement. Ces infractions constatées dans les abattoirs par la PMAF , la SNDA ou l 'OBOA sans réaction des autorités de contrôle poussent les associations à mettre en place des campagnes afin de faire réagir le gouvernement et la population, consommatrice de viande, qui ne sait pas ce qu'elle a réellement dans son assiette.

Les deux types d'abattage

On distingue l'abattage classique de l'abattage rituel

  • Pour l'abattage conventionnel, l'animal est étourdi avant d'être saigné et a donc une perte de conscience et une insensibilité à la douleur. L'étourdissement est soit un procédé mécanique avec un pistolet, ou électrique avec des pinces, ou encore gazeux.
  • L'abattage rituel consiste à ne pas étourdir l'animal. L'animal est mis sur le côté ou sur le dos dans un caisson, puis égorgé à vif en étant entièrement conscient et en souffrant de longues minutes. Il s'agit de la viande Halal ou Casher. Selon une expertise faite par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) sur la douleur animale, un bovin peut agoniser jusqu'à 14 minutes. Ce sont des millions d'animaux qui sont concernés par ce type d'abattage: 50% des ovins et caprins et 20% des bovins, alors que les musulmans ne représentent que 7% de la population en France.

L'origine de l'abattage rituel

A l'origine, il est réalisé par convictions religieuses et doit rester exceptionnel. Une dérogation a ainsi été accordée aux abattages rituels israélites et musulmans où l'on égorge les animaux sans insensibilisation. Malheureusement, cette dérogation n'est plus exceptionnelle ces dernières années et de plus en plus d'animaux de boucherie subissent ce type d'abattage. Il sont plus de la moitié à être concernés par cette souffrance intolérable. Le consommateur ne sait bien sûr pas qu'il mange de la viande provenant d'animaux tués sans étourdissement, car il n'existe aucun étiquetage à ce sujet. Les associations de protection des animaux demandent justement à ce que l'origine des animaux soit étiquetée en précisant s'il s'agit de viande Halal ou Casher. Pourtant deux propositions deux lois ont été déposées au Sénat et à l'Assemblée générale afin de demander la limitation de viande issue d'animaux tués sans étourdissement et d'informer le consommateur sur ce qu'il mange. Mais la France semble ne pas réagir.

Comment agir pour stopper ce type d'abattage?

Une chose toute simple consiste à participer à un sondage composé de deux questions pour montrer son point de vue sur les techniques d'abattage en abattoir.

Pour aller plus loin, on peut écrire aux supermarchés près de son domicile et leur demander de ne plus vendre de viande dont ils ne connaissent pas les origines de l'abattage. Plus les consommateurs seront nombreux à se rebeller, plus l'impact sur une amélioration des techniques d'abattage sera grand. On peut aussi écrire au Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche pour lui demander de rendre obligatoire l'étiquetage permettant d'identifier la viande provenant d'animaux abattus sans étourdissement.

L'abattage rituel avec étourdissement existe pourtant chez nos voisins européens comme en Norvège, en Autriche, en Suisse ou en Suède. Alors pourquoi la France affiche-t-elle cette volonté à ne rien faire pour abréger les souffrances animales?

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