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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Concerts de légende: Ange à Genève le 10 octobre 1976

Le groupe de Belfort était alors à son apogée. Ce concert de Genève s'inscrit comme l'un des plus beaux de cette année-là...

Ange a toujours su respecter son public, non seulement au travers de disques qui sont tous le fruit d'un long travail acharné en studio, mais aussi à l'occasion de ses prestations scéniques. Chaque année et chaque nouvelle tournée apportait des changements fondamentaux par rapport à la précédente. Cette année 1976 ne faisait pas exception à la règle.

Le tout premier jour, le 10 octobre à Genève...

En raison de l'excellente organisation de Phonogram-Suisse, tout se passa dans les meilleures conditions possibles, la salle offrant une parfaite acoustique. Seul point noir: une Interdiction qui tomba sur le groupe quelques minutes avant le début du premier concert, interdiction visant un élément du nouveau show : une sorte de feu de camp effectué avec de nombreuses sécurités... feu de camp autour duquel Ange interprète, justement, «Autour du feu».

Quoiqu'il en soit, malgré cet incident, le concert fut prodigieux...

Il y a tant d'émotion dans leur musique qu'il est impossible d'écouter certains morceaux sans ressentir des frissons comme lorsque vous les voyez pour la première fois.

Jean-Pierre Guichard, le batteur, étant, à n'en point douter, en passe de devenir l'une des meilleurs batteur français... quant à Christian Décamps, son jeu de scène le place a jamais a côté des plus grands.

Le concert débute sur « Fils de lumière »

Il est immédiate­ment suivi des «Longues nuits d'Isaac» et de «Ballade pour une orgie », faisant ressentir à quel point cet album est élaboré et n'a pas vieilli, comme on peut d'ailleurs le constater à nouveau quelques instants plus tard lorsqu'ils « performaient » ce merveilleux • Exode » qui clôt la première face du disque en question.

Déjà ravi de retrouver ces anciens titres, le public Genevois reconnaît une intro si familière mais déjà si lointaine, celle de «Dignité», issu de leur tout premier 33 tours, « Caricatures ».

Cette nouvelle version gonflée à bloc de toute l'énergie des cinq musiciens redonne une seconde jeunesse à l'une des toutes premières compositions de Christian.

Exploit physique pour chacun, donnant le meilleur de-lui-même dans chaque morceau et plus particulièrement dans celui-là.

Pour permettre à chacun de récupérer quelque peu, Christian prend la guitare acoustique pour « Ode à Emile » et « La route aux Cyprès » en hommage au peintre Van Gogh.

C'est alors le moment de présenter au public suisse ce nouvel album

«Moi, le Destin, en ce jour de grâce de l'an mille neuf-cents septante six, je vais vous raconter l'incroyable histoire des Fils de Mandrin»...

Christian déguisé en vieux forban saute d'un point à l'autre de la scène, ravageant sur son passage les diverses figurines disposées ici et là pour camper le Café du Colibri.

Aucun détail ne sera épargné pour reproduire à la perfection l'ambiance bien particulière de leur premier véritable concept-album. Christian arrivera même en fauteuil d'infirme et déguisé en vieux clown pour « Ainsi s'en ira la pluie » tandis que réunis autour de ce problématique feu-de-camp, les musiciens attaquent une danse endiablée de «Saltimbanques».

L'album sera exécuté dans son intégralité

Cohésion parfaite de ces cinq musiciens heureux de jouer ensemble et n'ayant qu'un seul but : celui d'offrir à leur public des œuvres de plus en plus élaborées.

Après le merveilleux «Des yeux couleur d'enfant» c'est le tour d'Atlantis

Christian, Francis, Jean-Pierre, Daniel et Jean-Michel se rassemblent au pied d'un géant imaginaire, matérialisé par deux projecteurs semblant être des yeux immenses, cet étrange et inquiétant édifice représentant les Atlontes, sortes de Dieux ou Surhommes qui peuplaient l'Atlantide avant qu'elle ne soit engloutie.

Apothéose de cette première performance publique, le merveilleux « Hymne à la Vie » se voit enrichi d'un procédé nouveau et conçu par Christian consistant en quatre immenses tours de glace tournant sur elles-mêmes et de renvoyant entre elles ainsi que dans tous les coins de la salle des faisceaux ou des spots lumineux.

Une explosion de magnésium surprenante clôt «Les Fils de Mandrin» tandis que Christian et sa bande reviennent en rappel pour une superbe version de « Ces Gens-là », un hommage au grand Jacques Brel.

À propos de l'auteur

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DANIEL LESUEUR

Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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