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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Concerts de légende : les Sparks à l'Olympia, 11 octobre 1975

Sparks était à Paris pour un unique con­cert. C'était leur seconde apparition publique française

Sparks, l'un des grou­pes les plus originaux de la seconde moitié des années 70, était à Paris pour un unique con­cert à l'Olympia, le 11 octobre 1975.C'était leur seconde apparition publique française, la première étant presque un an plus tôt, le 14 décembre 1974, déjà à l'Olympia. Quatre al­bums étaient alors déjà à leur actif et un cinquième, «Indiscreet»,s'apprêtait à sortir. Bien que les musiciens de Sparks aient changé plusieurs fois depuis les dé­buts, il faut recon­naître que cela n'avait pas apporté de grandes modifications à la mu­sique du groupe qui repose totalement sur les frères Mael.

L'his­toire des Sparks est intimement liée à celle de Ron & Rus­sell Mael

Tous deux sont nés en Californie. Russell, le plus jeune des deux, né le 5 octobre 1953 à Santa Monica, chante les mélodies le plus souvent compo­sées par son frère Ron, de 5 ans son aîné. Enfin, pour éviter toute confusion, Ron arbore une superbe moustache chaplinesque. En concert, il reste en permanence derrière ses claviers, sans faire le moindre mouvement, les yeux seuls exprimant une vague lueur de vie dans ce personnage à l'humour relativement spécial!

HALFNELSON, Todd RUNDGREN ET L'ÉCHEC D'UN PREMIER ALBUM...

C'est début 1972 que sort aux Etats-Unis le premier 33 tours d'un nouveau groupe, Halfnelson, dont les membres sont: Russell Mael (vo­caux), Ron Mael (piano), Harley Feinstein (batterie), Earle Mankey (guitare), Jim Mankey (basse). Des morceaux déjà fort riches pour un premier album, des titres assez bi­zarres pour que le curieux s'attarde dessus au hasard d'un bac à disques, jugez-en vous mêmes: «Fa la fa lee», «Roger», «Biology 2», «Saccharin and the War», ainsi qu'un titre plus connu aujourd'hui: «No more Mr nice guy».

Le «son Sparks», si particulier, s'y dessine déjà

Pourtant, bien que produit par Todd Rundgren, cet album subit un échec retentissant, à tel point que leur maison de disques, Bearville à l'époque (une sous marque de War­ner) leur demande même de changer de nom et de trouver une autre idée pour la pochette du LP. «Choisissons un nom idiot et inoffensif, quelque chose comme... Sparks» et c'est ainsi que ressort ce premier disque, avec, cette fois, une photo du groupe en pochette. Mais le manque de promotion empêche les cinq mu­siciens de sortir de l'anonymat. Pourtant l'originalité de ces nouve­aux venus est évidente, mais Bearsville ne fait pas l'effort de les aider. Ces vieux amis d'enfance, qui jouent ensemble depuis déjà plu­sieurs années, reprennent donc le chemin des studios, afin de préparer leur second album, «A Woofer in Tweeter's Clothing».

LE PLUS ANGLAIS DES GROUPES AMÉRI­CAINS

Bien qu'originaires de Los Angeles, les frères Mael passent leur jeunesse à rêver d'Angleterre, rêves bercés par les tubes successifs de leurs idoles du moment, les Who et surtout les Kinks, dont l'influence se ressent au long des albums de Sparks, et prin­cipalement le deuxième, avec lequel ils obtiennent un succès d'estime auprès des initiés. Empreint d'un bout à l'autre d'un raffinement ex­trême que l'on pourrait qualifier de préciosité, cet album est destiné à plaire à tous. Les «décadents»(!) y trouvent leur compte, non seulement par la voix de Russel, encore plus féminine que dans le précédent, mais aussi par le choix des textes («Beaver O'Lindy»: l'rn a girl in your head, but a boy in your bed/they say my voice is going to CHANGE... la voix de Russell s'envolant littéralement à la fin de cette phrase) Et, pour sacrifier à un cer­tain snobisme alors relativement en vogue (cf. Brian Ferry) certains couplets sont chantés en français («Le Louvre») ou en allemand («Girl from Germany»).

Malgré tous ces atouts, ce n'est pas le succès es­compté

En fait, il n'y a pas vraiment de titre-locomotive, la preuve étant le semi-échec des 45 tours qui en se­ront extraits, deux ans plus tard, lorsque Bearsville, conscient du po­tentiel du groupe qui les a quittés, essaie de «faire de l'argent» en édi­tant en simple «Girl from Germany» et «Wonder girl». Les frères Mael décident alors de donner une nou­velle image au groupe; leurs person­nalités se détachant très nettement, ils se séparent de leurs trois copains («Nous jouions ensemble depuis trop longtemps; il fallait respecter les goûts de chacun avant d'enregistrer un titre»).

Ron Mael va dé­finitivement imposer ses composi­tions

D'heureuses rencontres leur permettent de signer chez Island, abandonnant Bearsville/Warner Bros qui les a trop négligés. C'est au ha­sard d'une promenade dans Londres que leur nouveau manager va ren­contrer, dans un pub, un groupe qui interprète leurs deux premiers al­bums en imitant à la perfection le son Sparks. Il ne reste plus qu'à en­gager ces brillants Anglais tout en éliminant le chanteur; c'est ainsi que Ron et Russell se retrouvent en stu­dio avec Dinky Diamond (batterie), Martin Gordon (basse), et Adrian Fisher (guitare). La consécration est proche.

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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