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DANIEL LESUEUR

Publié dans : musique

L'Aigle à trois têtes de la chanson française (1è partie)

Christophe, Renaud et Michel Polnareff font leur retour au monde du disque.

Plutôt que de vous parler de disques que nous n'avons pas encore écoutés, revenons sur le début de chaque artiste... Avant Renaud et Michel Polnareff, voici CHRISTOPHE


Des « Aigles à trois têtes » de la chanson française, on en a déjà connus. Généralement, comme les Trois Mousquetaires, ils en avaient quatre, de têtes, car on n’arrivait pas à se mettre d’accord pour le troisième ! Il y eut d’abord Jacques Brel et Georges Brassens, indiscutables… et derrière eux, les avis étaient partagés entre Léo Ferré et Jean Ferrat.

Puis vinrent les yé-yé, et là, à nouveau, même problème. Qui choisir en deuxième et troisième derrière l’indétrônable Hallyday ? Claude François, Richard Anthony ou Eddy Mitchell ?

Côté filles, c’était pareil : derrière Sylvie Vartan se battaient Sheila, Françoise Hardy et France Gall. Quel dilemme ! Et lorsque le disque devint une véritable industrie, en 1965 / 1966 surgirent une brochette d’artistes qu’on n’est pas prêts d’oublier : Adamo, Hervé Vilard, Antoine, Joe Dassin, Michel Polnareff, Christophe. Renaud vint bien plus tard mais l’actualité veut que nous consacrions notre article aux trois derniers artistes cités en raison de leur retour au monde du disque.

Mais plutôt que de vous parler de disques que nous n'avons pas encore écoutés, revenons sur le début de chaque artiste... La chronologie nous impose de commencer par CHRISTOPHE.

Christophe Bevilacqua voit le jour en banlieue parisienne, à Juvisy très exactement, en 1945. Son papa est architecte, mais lui rêve de devenir chanteur de blues.

"Jeune de banlieue", il monte son groupe, "Dany and the Hooligans", écume les boites de nuit du département et enregistre même un premier 45 tours qui se vendra à 27 exemplaires : "Elle s'appelait Sophie".

Il se rattrape avec son deuxième 45 tours

Christophe ayant signé pour la marque de disques AZ, son disque passe très fréquemment sur Europe n°1, et « Aline » est le succès de l'été 1965, tout autant que "Capri c'est fini" d’Hervé Vilard avec son vers inoubliable "je me suis assis auprès de son âme" dont se moque gentiment Eddy Mitchell dans « S'il n'en reste qu 'un ».

Il part en tournée avec Michèle Torr et, justement, Hervé Vilard.

« Aline »... Un tube que Christophe rééditera en pleine vague disco à l'issue d'un long procès en plagiat duquel il sortit blanchi. Et, à l'opposé de toutes les stars qui réenregistrent leurs vieux succès au goût du jour, avec de nouvelles orchestrations, Christophe, lui, se payera le luxe de publier la version originale de sa chanson, qui, immédiatement, grimpe au sommet des hit-parades.

Un retour inattendu : après "Aline", Christophe avait enregistré tube sur tube ("Les Marionnettes", "Excusez-moi Monsieur le professeur") mais s’était "grillé" dans le monde du show-business, n'étant jamais capable d'arriver à l'heure à un rendez-vous malgré son habitude des excès de vitesse.

Il était retourné quasiment à l'anonymat entre 1967 et 1973 (le temps d'une tournée en Italie, il eut Michel Jonasz comme pianiste)... ce qui, finalement, n'était pas une mauvaise chose puisque c'est vraiment un artiste NOUVEAU que nous découvrîmes lorsqu'il publia le superbe album « Les Paradis perdus » en collaboration avec Jean-Michel JARRE. Une victoire de la bonne musique, en quelque sorte !

Le succès des « Mots bleus » fut inattendu et surprenant : ce n'était à l'origine qu'un petit jingle, une musique publicitaire qui n'était même pas parvenue à terme. Etait-il possible de faire une véritable chanson de trois, quatre minutes, à partir de ces quelques secondes inabouties ?

Certainement, mais au prix de quelque effort. Dans leur studio parisien coutumier de Ferber, Jarre et Christophe, acharnés, s'installent jour et nuit et n'en décolleront pas avant le résultat final. Presque une semaine d'intense travail, mais le jeu valait la chandelle. Sans monter véritablement plus haut que la dixième place, le titre s'installe pour de longs mois dans les ventes correctes et régulières du hit-parade, cumulant, au bout du compte, un demi-million d'exemplaires sur l'année 1975.


À propos de l'auteur

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DANIEL LESUEUR

Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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