Il y a 70 ans naissait Brian Jones, fondateur des Rolling Stones

Il fut le premier de la longue série des rockers morts à 27 ans. C'est lui qui engagea Mick Jagger et Keith Richards pour son groupe nommé Rollin' Stones
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Brian Jones naît le 28 février 1942 à Cheltenham dans un environnement bourgeois qui cependant ne protège pas de la maladie. Notamment celle du croup qu'il contracte à 3 ans. Il en reste asthmatique...

Une santé délicate, une jeunesse débridée

Il devra à vie se balader avec un inhalateur. A quinze ans, il découvre l’ivresse de monter sur scène, dans un club de jazz. A seize ans, il se voit offrir sa première guitare. Et son premier enfant, d'une fille qui n’a que quatorze ans. Ses parents refusent qu’elle se fasse avorter. Brian ne connaîtra jamais son premier enfant et jusqu'à sa mort ignorera (s'en souciait-il, d'ailleurs ?) le nombre d'enfants qui, de part le monde, portent ses gènes.

Musicien localement réputé dans la région de Gloucester, à 19 ans il a fait des gosses à deux filles du patelin. Les familles des jeunes mères souhaitent que Brian soit interdit de séjour à Cheltenham. Il s’exécute et part en stop à travers l’Allemagne, la Suède et la Norvège. A son retour il se met en ménage avec Pat Andrews à qui il donnera un fils, Mark, l’un de ceux qu’il peut encore dénombrer... l’un de ceux dont il se rappelle encore le prénom. Son troisième et son quatrième fils, tous de mères différentes, porteront le même prénom, Julian Mark.

A Londres, en 1962, il se produit au Marquee sous le pseudonyme d’Elmo Lewis

Au terme d’un trimestre de rodage, Brian Jones se sent prêt à monter un groupe et publie une petite annonce dans une revue spécialisée, en quête d’accompagnateurs pour fonder Elmo Lewis and his Rollin’ Stones... Rollin’ Stones, sans « g » à Rollin’. Il recrute à tout va. Musiciens et chanteurs se succèdent. Il conserve Mick Jagger bien que considérant qu'il chante comme une casserole. Et le discret mais efficace Keith Richards qui va progressivement imposer sa guitare à la place de celle de Brian (pour en savoir plus, cliquer ici ).

14 janvier 1963, date historique !

Les cinq Stones « de légende » se sont trouvés. Qui pourrait aujourd'hui les imaginer avec Brian Jones en permanence à l’avant-plan tandis que Jagger, discret, chante quand il le peut, et danse rarement ! Mais peu à peu il prend de l’assurance. Ne serait-ce qu’à partir du 11 mars, date à laquelle il chante sur la maquette que les Stones enregistrent à leurs frais. Il chante, mais sans parvenir à séduire la BBC : la légende raconte qu'elle refusa de les diffuser car Mick a, selon leurs termes, une « voix de nègre ». Encore un élément qui confirme que Brian est toujours le number one . D’ailleurs il sera le seul du groupe à le représenter auprès des disques Decca. Une autre fois il se fendra d’un courrier hargneux au Record Mirror qui avait eu le toupet de publier, en guise de photo des Stones, un portrait de Mick et Keith. Prémonitoire !

Un certain Andrew Loog Oldham devient leur manager

Oldham a été à bonne école : en 1962 il a été attaché de presse des Beatles... Mais préfère bientôt devenir le Pygmalion de l’entreprise Rolling Stones, entreprise certes en devenir, plutôt que de rester éternellement un vague numéro deux ou trois au sein de l’entreprise Beatles. Raisonnement frappé au coin du bon sens car, en 1963, même si les 4 de Liverpool sont au top, rien ne prouve qu’ils y resteront.

Linda Lawrence, compagne de Brian de 1962 à 1964, affirme qu'il était l’élément essentiel des Stones mais que le début de son déclin en tant que leader coïncide avec la prise en main du groupe par Oldham.

L’année ‘63, les cinq Stones la passent sur les nerfs !

Est-ce du fait qu’ils sont désormais Rolling Stones, et non plus Elmo Lewis and his Rollin’ Stones ? Toujours est-il qu’il arrive à Brian de disparaître. Trop asthmatique, trop épuisé ou pas assez motivé ? Un soir, il explique qu'il s'est perdu dans le brouillard... Un autre, qu'il souffre trop de la gorge. En réalité il a peur de la foule.

Fin 1963, Brian est SDF

Il se partage entre son ancienne et sa nouvelle maîtresses, respectivement Pat Andrews et Linda Lawrence. Une mauvaise décision : pendant ce temps, leur manager prenait un appartement avec Mick et Keith, préparant ainsi, par connivence, le lit de leur leadership.

Glissement progressif du statut de leader

Brian n’a pas encore compris qu’il va devoir passer la main. Leader, il l’est toujours, dans l’âme et dans les faits : il est de coutume que lorsqu’un groupe arrive en ville, la vedette descende dans le meilleur hôtel tandis que ses accompagnateurs sont logés à basse enseigne. Fin 1963, lorsque " I Wanna Be Your Man" s’inscrit à la première place du hit-parade, Brian a conservé ses habitudes de prince. Il est hors de question de faire l’impasse sur les beaux hôtels et sur sa « part supplémentaire » de leader, payée en douce à la fin de chaque apparition publique. Cette somme lui est généralement remise dans sa loge. Et dans sa loge, il traîne toujours un Stone ou un autre. A compter du jour où ses acolytes découvrent le pot aux roses, l’atmosphère ne pouvait que se dégrader. A l’unanimité, il est décidé que Mick, désormais, vérifiera après lui tout ce qui concerne les finances.

Brian s’est mis à dos quatre Stones

Pour prouver qu’il les méprise, il va bientôt s’acheter une voiture et, d’une ville à l’autre, ne fera plus la route avec eux dans le bus Volkswagen. Mais déjà il n'est plus le leader. Les cinq années qui vont mener à sa mort accidentelle seront pénibles à supporter (à suivre en cliquant ici ).

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