"J'aime regarder les filles" et autres tubes de l'été sexy

La sortie du film "J'aime regarder les filles" nous rappelle le hit de Patrick Coutin il y a tout juste 30 ans. D'autres souvenirs refont surface...
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La France se dévergondait en écoutant Gainsbourg ("Sea, sex and sun") et Coutin ("J'aime regarder les filles"). Un film nous rappelle cette époque où le vinyl était roi.

"Viens poupoule", c'est dépassé

Il y a seulement 50 ans, amener sur la plage un tourne-disque et une pile de vinyl à retourner toutes les 3 minutes n'avait rien de sexy. Avec le 33 tours, on pouvait commencer à espérer des siestes crapuleuses... mais il fallait conclure rapidement : une face de vinyl, c'était maximum 20 minutes. Aujourd'hui, avec le MP3 (conjugué, pour nos plus anciens lecteurs, au viagra), nous pouvons dresser la liste des chansons sexy à enregistrer avant de prendre la route des vacances...

Move over darling (Doris Day) 1964

Le disque le plus “sexy”… de toutes les années 60 car après 1969 ça dégénère en partie en raison de la libération des mœurs… puis en raison de l’avènement du clip vidéo. Produit par un nommé Jack Nietzche, nom peu connu aux U.S.A., totalement ignoré en France, et pourtant co-responsable (avec Mike Oldfield) de la musique de “l’Exorciste” neuf ans plus tard. "Move over darling" grimpa à la 8e place du hit-parade anglais, se vendit fort correctement aux Pays-Bas... mais ne fit guère de vagues dans le reste du monde. La carrière de chanteuse de Doris Day s'acheva brutalement en 1968 : les bandes magnétiques des chansons qui auraient dû constituer son dernier 33 T disparurent dans un incendie. L'actrice-chanteuse restera éloignée des micros pendant près de vingt ans. Quoiqu’il en soit, son Make love to me qu’elle répète 4 fois à la fin de la chanson (et à chaque fois d’une manière différente !) est irrésisitible !

Si l’auditeur a su rester de marbre face à la demande pressante –c’est peu croyable- il aura alors remarqué que l’introduction instrumentale de « Move over darling » a plus ou moins été plagiée par Serge Gainsbourg deux ans plus tard pour la chanson « Les Sucettes » qu’il a écrite pour France Gall

Les Sucettes (France Gall) 1966

Une chanson entièrement dédiée à la fellation. France Gall, qui l’a chantée en toute innocence, a été profondément traumatisée lorsqu’elle a réalisé ce que lui avait fait chanter Gainsbarre. Un document bouleversant à découvrir sur YouTube . Tant pis pour ses fans.

L’Amour avec toi (Michel Polnareff) 1966

Incroyable mais vrai : la phrase “ j’aimerais simplement faire l’amour avec toi ” fut, en 1966, jugée trop choquante pour pouvoir passer sur les ondes de la radio d’Etat. Mais afin de ne pas trop se ridiculiser, l’O.R.T.F. se débrouilla pour éviter le piège de la censure pure et simple, et le disque pouvait toutefois être diffusé... après 22 heures !

Je t'aime... moi non plus (Serge Gainsbourg & Jane Birkin) 1969

C'est certainement "le" 45 tours français culte des années soixante, mais l'on croit à tort que son succès fut immédiat : en réalité, il fut enregistré une première fois en 1967 par Brigitte Bardot, puis en 1969 par Jane Birkin (le nom de Gainsbourg n'apparaît pas sur la pochette). Commercialisé fin janvier, le 45 tours ne put véritablement est considéré comme un hit avant le mois de juin. Pendant six mois, il fallut manipuler avec des pincettes une chanson autrement plus hardie que "Les sucettes" ! Bien qu'elle n'ait jamais encore jamais chanté de sa vie, Jane accompagne Serge à Londres en décembre 1968 pour enregistrer une nouvelle version de "Je t'aime, moi non plus". Lorsqu'il rentre à Paris, Gainsbourg fait écouter le résultat au directeur de sa maison de disque, qui réfléchit : " Vous et moi risquons la prison... Alors autant prendre le risque pour un album complet plutôt que juste pour un 45 tours... Filez à Londres enregistrer la suite !" Le succès démarre d'abord en Angleterre, par le circuit des boîtes de nuit (car le disque est interdit à la radio) et, en quelques semaines, se retrouve au sommet du hit-parade. Le Vatican demande l’interdiction du disque, le directeur artistique italien est mis en prison. Le film Je t’aime, moi non plus , réalisé par Serge, n'est sur les écrans qu'en 1976. C'est un quasi-échec commercial.

Love to love you, baby (Donna Summer) 1975

Si Diana Ross est indiscutablement Reine du soul et Aretha Franklin "Lady Soul", cette année 1975 voit débouler dans les hit-parades celle que l'on nommera Reine du disco : Donna Summer. Née en 1950, elle attire l'attention par ses interprétations dans les comédies musicales Hair et Godspell . "Love to love you baby" est un monument d'érotisme dont les gémissements et les feulements feraient passer "Je t'aime... moi non plus" pour une bluette. Après "Love To Love You Baby", rien d’étonnant à retrouver la belle Donna Summer en permanence dans les hit-parades de 1976 à 1984 (faut-il préciser que "Hot Stuff", son succès de l’été 1979, n’a aucun rapport avec le "Hot Stuff" des Rolling Stones en 1976 ?). La liste des succès de Donna Summer est impressionnante : Could It Be Magic , I Feel Love , Mac Arthur Park , On The Radio , She Works Hard For The Money , No More Tears , Bad Girls ... Justement, parlons-en, de “bad girls” (“vilaines filles”) : au milieu des années ‘80, Donna fait le point sur sa carrière et juge avoir été trop dévergondée . Elle décide alors de cesser d’enregistrer (provisoirement, heureusement), et revient quelques années plus tard, avec un nouveau “look”, beaucoup plus sage . Tant pis pour nous !

Une Black, c'est bien... trois Black, c'est mieux

Très sexy aussi le fabuleux " When will I see you again " des Three Degrees ... et bien évidemment quasiment toute l'oeuvre de Diana Ross avec les Supremes.

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