Invader 1000 à Paris jusqu'au 2 juillet 2011, le street art

Deux expositions d'art contemporain, à la galerie de Franck Le Feuvre et au collectif associatif la Générale. Les envahisseurs du Rubikcubisme sont à Paris.
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David Vincent les a vus ! Vous aussi vous pouvez maintenant les découvrir à travers deux expositions consacrées à l'artiste Invader. Quand le numérique et le pixel se marient avec la mosaïque et la rue, un univers ludique et cubique qui retient notre attention et convoque à nouveau un courant esthétique de l'art contemporain, le Street Art .

L’artiste Invader, le mouvement Street Art à Paris et ailleurs, de l’invasion à la sensation

Il était une fois un petit garçon qui aimait joué aux jeux vidéos. Il découvre dans les années 70 les créatures du jeu vidéo Space Invaders. "Trop bien" dit-il ! Et le voilà piqué à l’éternel, dans l’univers addictif de ses mosaïques représentant ces fameuses petites créatures pixelisées à travers des petits carreaux. En 1996, il installe sa première créature à Paris, mais la contagion va rapidement se propager à d’autres grandes capitales. New York, Londres, Tokyo… l’invasion a commencé et touchera bientôt une centaine de grandes villes .

Cela représente plus d’un million et demi de carreaux de mosaïque, discrets mais visibles dans le monde entier. Un concept en hommage aux jouets informatiques, caractérisé par les pixels. L’artiste a choisi la rue pour s’exprimer et un masque pour rester anonyme. Il verse non pas dans le pochoir mais l’empreinte, la trace signée d’une matière minérale qui s’associe à l’univers informatique et à la révolution du jouet numérique et du divertissement des années 70. Des personnages issus de la technologie informatique élémentaire de l’époque, reproductibles et difficilement altérables car cimentés, certains ont même été sponsorisés.

Le courant Rubikcubisme dans l'art contemporain

Aujourd’hui exposés dans de nombreuses galeries, ces visuels sont devenus « collector », certains collectionneurs s’arrachent les créatures aux prix du marché de l'art. Mais Invader est un artiste pluridisciplinaire, il a inauguré son nouveau projet à travers les célèbres cubes colorés comme matière première, pour composer sculptures et tableaux. Une nouvelle façon de poursuivre son inlassable travail artistique sur la reproduction du pixel. Ces créations donnent lieu à de véritables tableaux numériques qui naviguent entre le fameux Rubik’s Cube à 6 couleurs et le 3D, jusqu'à l'imprégnation d'une peinture d'Ingres et d'autres classiques.

Entre cubisme et pointillisme, l e Rubikcubiste Invader n’est-il pas un héritier du courant de Piet Mondrian ? une nouvelle analytique de la peinture au néo plasticisme, jusqu’aux performances d’aujourd’hui, le débat est ouvert. Une démarche multiple avec une transposition d’un jeu vidéo dans la réalité en œuvre virale sur plusieurs années d’intervalles, où l’invasion a réellement commencé par une prolifération vers 1998. Ses mosaïques ne sont pas posées au hasard. Un travail d’archivage précise les lieux d’installation, qui sont choisis en fonction de différents critères (grande fréquentation ou espace caché par exemple). Ils sont enregistrés dans une base de données cartographiée, où chaque petit invader a son propre style, son esthétique et sa propre histoire.

En effet, Chaque créature est reliée aux autres par la série, repertoriée par un numéro d’identification et renvoie aux différentes phases de l’invasion, une organisation réfléchie de longue date.

Une reconnaissance internationale de la promenade poétique

L’artiste bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale et a été invité à exposer dans de nombreux musées et centres d’art à travers le monde. Il est actuellement représenté par les galeries Lazarides à Londres et Jonathan Levine à New York.

Ses interventions dans la rue, qui lui ont values plus d’une arrestation, sont immortalisées par des photos qui archivent ce virus aux réplications multiples et uniques dans l’espace publique. Venez vous faire une opinion à travers deux expositions actuellement à Paris. Une sorte de consécration pour l’artiste, pour ne pas dire une rétrospective. Vous le découvrirez à la Générale dans le 11e, dans un espace issu de l’architecture Eiffel & Cie. Un lieu d’exposition organisé par un collectif d’artistes et de créateurs. Vous pourrez contempler le véritable programme de l’invasion, représenté ici par l’ensemble des créatures photographiées, formant un gigantesque panneau .

Invader est également exposé à la Galerie d’Art contemporain de Franck Le Feuvre, qui présente I nvader 1000 les alias, jusqu’au 2 juillet 2011

Amateurs et collectionneurs, curieux ou passionnés, courrez voir ces deux expositions à Paris, elles achèvent de fêter l’anniversaire d’Invader qui a posé sa millième créature, le 7 juin dernier.

Galerie Franck Le Feuvre 164 rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 ( du lundi au samedi de 10h30 à19h, sauf le samedi à partir de 13h30).

La Générale au 14 avenue Parmentier 75011 (de 12h à 20h30, sauf le lundi) jusqu'au 2 juillet 2011.

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