Les "parades" d'EDF pour renforcer la sûreté nucléaire

EDF vient de rendre public son rapport post-Fukushima. Si l'opérateur disposerait d'une "marge de sûreté satisfaisante", il propose de nouvelles "parades".

Au lendemain de l'accident de Fukushima, le gouvernement a confié à l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) le soin d'organiser un "crash-test" de l'ensemble des installations nucléaires françaises pour assurer que l'ensemble des leçons de la catastrophe japonaise avaient été tirées.

La première phase de ce "crash-test" (ou audit de sûreté) vient de se terminer avec la remise de rapports d'auto-évaluation par les industriels du secteur, et en premier lieu par EDF, opérateur unique de l'ensemble du parc nucléaire français.

Une marge de sûreté "satisfaisante"

Si la situation géologique et sismologique de la France ne peut évidemment pas être comparée à celle du Japon, l'électricien assure tout de même " qu'en ce qui concerne les moyens préventifs de protection des installations contre les effets d'un séisme et d'une inondation, le niveau de robustesse actuel procure une marge satisfaisante au-delà du dimensionnement ".

En clair, la menace sismique (au regard de la sismicité de certaines régions françaises, notamment l'Alsace) a été bien prise en compte selon EDF, tout comme le sont les risques d'inondation (qui sont à l'origine de la catastrophe de Fukushima après le passage du tsunami).

Mais l'accident japonais a surtout mis en lumière une série de défaillances successives auxquelles EDF tente d'apporter des réponses. L'opérateur insiste d'ailleurs sur la "bonne robustesse des moyens de secours en place en cas de perte totale et cumulée des sources électriques et de refroidissement ".

Propositions de "parades complémentaires"

Si le rapport d'EDF ne pointe pas de faiblesses structurelles mises en avant par l'accident de Fukushima, il propose toutefois à l'ASN un certain nombre de pistes de réflexion pour renforcer la sûreté nucléaire de ses installations.

L'électricien préconise en premier lieu la mise en place systématique de "pompes autonomes" afin de renforcer la capacité de refroidissement des installations. Par ailleurs, EDF propose d'installer des groupes électrogènes "d'ultime secours" sur l'ensemble de ses sites nucléaires. Autant de mesures directement inspirées par les carences observées au Japon.

L'opérateur public préconise enfin la création d'une "Force d'action rapide nucléaire" (FARN), spécialisée dans les questions de sûreté nucléaire et de gestion des accidents et qui serait à même d'intervenir n'importe où sur le territoire en moins de 24 heures.

L'ASN rendra son rapport à la fin de l'année

L'ASN, qui a été chargée par le gouvernement de mener le "crash-test" doit désormais décortiquer les rapports des exploitants nucléaires et les incorporer à son propre rapport d'audit qui doit permettre de redéfinir les normes de sûreté nucléaires françaises en prenant en compte les enseignements japonais.

Le rapport définitif de l'ASN est attendu pour la fin de l'année.

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