Volerie des aigles de Kintzheim

La volerie alsacienne fut la première à voir le jour en France. Ses rapaces sont aujourd'hui issus de fécondations in vitro.
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La volerie des aigles de Kintzheim, en Alsace, est installée dans un ancien château médiéval. Elle a ouvert ses portes en 1968. Perchoirs et volières ont été installés au coeur des ruines. Son fondateur, Jacques Renaud, était un passionné de rapaces. Il souhaitait redorer la réputation des oiseaux auprès du grand public.

Aujourd'hui la volerie est devenue un parc animalier reconnu qui s'appuie sur un centre de reproduction à la pointe de la technologie. Salle d'insémination, d'incubation, les petits rapaces sont pris en charge et nourris par la main de l'homme dès les premiers jours de vie. "Tous nos oiseaux sont nés en captivité. Nous avons enregistré la millième naissance cette année", raconte le directeur du site, Eric Renaud. Aigles, buses, chouettes, vautours, les oiseaux sont près d'une centaine à être au contact du public.

Programme de conservation

Les rapaces y font figure d'ambassadeurs. Menacés dans leur milieu naturel, ils rappellent au public l'objectif des parcs zoologiques. Bien souvent les animaux présentés ne sont pas nés "naturellement" et ont bénéficié d'un petit coup de pouce de la science. "Actuellement, un parc ne peut plus se permettre d'être seulement une affaire commerciale. Il est obligé de participer à des programmes de conservation des espèces. La volerie de Kintzheim s'engage à soutenir des actions ex-situ. Elle finance notamment une étude sur les faucons pèlerins des Vosges du Nord", explique Claude Kurtz, conseiller scientifique pour la volerie et président de l'association SOS Faucons Pèlerins.

Spectacle et dressage

La visite des volières s'accompagne d'un spectacle de vol en plein-air. Les rapaces virevoltent au rythme des appels de leurs dresseurs. L'objectif est de montrer au public les différentes techniques de vol. Chaque espèce possède ses propres caractéristiques. L'aigle royal par exemple, effectue un vol battu pour poursuivre ses proies au sol. Le vautour préfère le vol plané pour explorer le territoire pendant des heures. Les faucons impressionnent par leurs assauts en piqué. L'animal replie ses ailes le long du corps pour fondre sur sa victime à des vitesses phénoménales. Les rapaces de Kintzheim sont dressés dès leur plus jeune âge. Habitués à l'homme depuis la naissance, ils apprennent à revenir au château.

Méthodes de fauconnerie

Les dresseurs utilisent des méthodes provenant de la fauconnerie. Elle a été inscrite en 2010 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Cet art de chasser du gibier sauvage à l'aide de rapaces dressés a fait ses preuves au fil des siècles. La volerie de Kintzheim s'est dotée d'une nouvelle exposition dans l'une des caves du château. Celle-ci présente des objets utilisés par les dresseurs.

Depuis quelques mois, la volerie propose également des journées d'exception. Les visiteurs y suivent le travail des professionnels et apprennent à s'occuper des rapaces. Ces moments privilégiés restent pour le moment onéreux. Il faut compter 90 euros par personne pour la demi journée et 160 euros pour une journée complète.

Pour plus d'informations : www.voleriedesaigles.com

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