Caissière ou hôtesse de caisse, la réalité

Qu'est-ce qui se cache derrière le sourire des hôtesses de caisse ? Quel est leur quotidien ? Immersion dans la grande distribution.
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Impossible de ne pas les voir. Les hôte(sse)s de caisse sont partout. Dans les supermarchés, aux guichets des stades, des musées... En tout, 170 000 personnes occupent ce poste en France et 8 fois sur 10, il s'agit d'une femme.

Avec leur sourire, elles savent tromper les apparences. Payées au Smic, les caissières doivent souvent se contenter de contrat à durée déterminée et à temps partiel. Elles travaillent en moyenne 25 heures par semaine. Chaque mois revient la même question : comment faire pour vivre avec 850 euros net par mois ?

Les horaires, quant à eux, sont assez contraignants : travail le soir, les week-end ainsi que les jours fériés. L'emploi du temps diffère d'une semaine à l'autre et n'est délivré que quinze jours avant.

Des conditions de travail particulières auxquelles s'ajoute un manque évident de reconnaissance.

Un métier dévalorisé

Combien de fois a t-on entendu cette phrase absurde : " Si tu ne travailles pas bien à l'école, tu finiras caissière". Les hôtesses de caisse ne sont pas moins diplômées que les autres. Même si la profession reste accessible sans qualification, les caissières possèdent le plus souvent un CAP ou BEP, diplômes recherchés par certains directeurs de grande surface. Il n'est pas rare non plus de trouver derrière une caisse des jeunes femmes titulaires d'une licence ou d'un master. Parce que pas de débouchés dans leur secteur, la plupart du temps. Anna Sam, ex-hôtesse de caisse la plus célèbre de France, en est le parfait exemple.

Qui plus est, il s'agit d'un métier exigeant et qui requiert des compétences. Contrairement aux idées reçues.

Compétences et qualités

L'hôtesse de caisse reste la principale intermédiaire entre les clients et le magasin. Très souvent, elle reçoit les foudres des clients mécontents. Tout est bon pour se fâcher contre la caissière : erreur de prix, article inconnu, demande de la carte d'identité pour tout paiement par chèque...

L'employée doit faire preuve de beaucoup de sang-froid et rester courtoise dans toutes les circonstances. Ambassadrice de son enseigne, l'hôtesse de caisse fidélise (ou non) les clients. Son rôle au sein du magasin n'est donc pas à négliger.

Vigilante et concentrée, elle surveille aussi les chariots pour éviter tout vol et veille à ne pas avoir d'écart de caisse au moment du comptage.

Tout le monde ne peut pas être une bonne caissière. La preuve ! Il s'agit également d'un métier nécessitant une bonne forme physique.

Un métier physique

La caissière est assise toute la journée et évolue dans un milieu très restreint. Difficile de se dégourdir les jambes lorsque l'on est ankylosée.

Chez ces employées, les problèmes de dos ou de bras sont fréquents. Quelques chiffres éclairent ce constat. En une heure, l'hôtesse de caisse enregistre environ 700 articles et soulève 800 kilos. Le nombre de clients dans une journée peut également donner le tournis. Rarement moins de 200 par jour. Sans oublier le bruit assourdissant...

Le travail est aussi très répétitif. Souvent, en fin de journée, la caissière a l'impression d'être un robot.

A cela s'ajoute un manque de perspective et d'évolution.

No futur ?

Les hôtesses de caisse ont peu de chance d'évoluer au sein de leur enseigne. Le plus souvent, on leur propose des postes temporaires en rayon ou à la station essence. Les meilleures sont mises à l'accueil, un statut peu enviable à y réfléchir.

Enfin, la recrudescence des caisses automatiques remet en cause le travail de la caissière, lequel est en mutation.

Pour découvrir l'envers du décor sur cette profession :

- Les tribulations d'une caissière , Anna Sam, éditions Stock, 2008.

- http://www.metiercaissiere.canalblog.com

- Les réflexions d'une hôtesse de caisse , Lilly C. the bookedition

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