Le Petit Chaperon rouge, les sens cachés

Les contes pour enfants abordent des thèmes complexes. Le Petit Chaperon rouge en est le parfait exemple. La sexualité y tient une place importante.
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Né en 1697 sous la plume de Charles Perrault, le Petit Chaperon rouge est un conte appartenant à la tradition populaire. De nombreuses versions européennes se sont greffées sur le récit de Perrault pour en faire un conte d'avertissement. Destinée à la jeunesse, l'histoire est volontiers moralisatrice. Toutefois, de nombreux thèmes sont évoqués dont la sexualité et la violence. Et si Le Petit Chaperon rouge n'avait rien d'un conte pour enfant ?

Représentation de la menstruation

Le personnage principal est une ravissante petite fille. A l'époque de Perrault, le chaperon est une coiffure féminine issue du milieu bourgeois et rendue populaire. La genèse du surnom qui lui a été attribué provient donc de sa coiffe, laquelle a été remplacée avec le temps par une jolie cape rouge. Le choix de la couleur n'est pas anodin. La petite fille se trouve aux portes de la puberté et le rouge renvoie sans conteste au cycle menstruel.

Dans les versions les plus anciennes, l'enfant doit choisir entre deux chemins : celui de l'aiguille ou de l'épingle. L'aiguille sert à coudre et fait saigner. La menstruation est représentée à travers cet objet. D'autres chercheurs ont également établi un rapprochement entre l'aiguille et la défloraison. Le chas symboliserait le sexe féminin. Au contraire, l'épingle, par sa tête, désignerait le sexe masculin. En choisissant le chemin de l'épingle, l'enfant opte pour la voie qui la mènera au dépucelage.

Le thème de la puberté est étroitement lié à celui de la sexualité, lequel borde le conte.

L'omniprésence de la sexualité

Dans la forêt, sur le chemin qui la mène à la maison de sa grand-mère, le Petit Chaperon rouge rencontre le loup. Pour se débarrasser de lui, la fillette lui indique le chemin jusqu'à la chaumière de son aïeule. Cette attitude -le repousser tout en lui indiquant la bonne route- peut être juger ambiguë.

D'ailleurs, en entrant chez sa grand-mère, le petit chaperon rouge remarque que quelque chose ne va pas. Un petit jeu s'installe alors entre l'enfant et le loup, dont l'ambivalence sexuelle est nette : "Vous avez de grands bras mère-grand... C'est pour mieux t'embrasser, mon enfant". La fillette, malgré son étonnement, se déshabille et entre dans le lit du Loup. Cette figure effrayante que l'on retrouve souvent dans les contes pour enfant symbolise le prédateur sexuel.

La figure du Loup

Le Loup, dans la version de Perrault puis celle des frères Grimm, est avide de cruauté. Il mange d'abord la grand-mère (le thème de l'anthropophagie est clairement dessiné) avant d'abuser la fillette en adoucissant sa voix. Les frères Grimm marquent le penchant du Loup pour la chaire fraîche : "Un fameux régal cette mignonne et tendre jeunesse".

Cependant, la figure masculine représentée par le Loup est contrebalancée par celle du chasseur, inventée par les frères Grimm. En effet, le chasseur délivre la grand-mère et l'enfant du ventre du prédateur. L'homme est ici bienveillant.

Une fin adoucie. Dans la version initiale, le Loup triomphe et Charles Perrault conclue avec cette morale : "Les jeunes filles, belles, bien faites et gentilles, font très mal d'écouter toutes sortes de gens".

Sources :

http://avea.net/utopie/Analyse%20du%20petit%20chaperon%20rouge.htm

http://www.psychologies.com/Culture/Philosophie-et-spiritualite/Savoirs/Articles-et-Dossiers/Ce-que-les-contes-nous-racontent/4#6

http://www.ifpvps.fr/IMG/html/Petit_chaperon_rouge.htm

Une faim de loup d’Anne-Marie Garat, Actes Sud, 2004.

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