Portrait d'un jeune auteur, Steven Vadcar

Le Rouennais de 20 ans Steven Vadcar persévère pour autoéditer son premier roman destiné aux adolescents, "Will la planète paradisiaque".
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Genèse d'un roman et histoire

Pour le jeune adulte, tout a débuté il y a six ans. A l'époque, il commence un récit à la main et noircit 180 pages d'un grand cahier d'école. De 13 à 19 ans, Steven Vadcar n'aura de cesse de travailler son récit pour en faire un véritable roman.

"Il s'agit d'une histoire fantastique avec des personnages fictifs" . Le début de l'histoire se déroule dans un quartier défavorisé de Saint Etienne du Rouvray, près de Rouen. Le même décor que celui où a grandi l'auteur.

Les personnages, issus de la même famille, déménagent ensuite à la campagne, à Romilly sur Andelle, dans l'Eure. "C'est là que l'histoire débute réellement et qu'un vrai monde imaginaire se met en place", explique Steven Vadcar.

De nombreux sujets de société sont abordés tels que le racisme, le manque de structure dans les quartiers défavorisés, la solidarité...

A la question de savoir si le lecteur ne va pas s'ennuyer dans une planète idéale, le jeune auteur rétorque : "La planète n'a de paradisiaque que son nom. La famille doit résoudre de nombreux problèmes relatifs aux catastrophes naturelles".

Refus du compte d'auteur

Pendant un an, le Rouennais a tapé à toutes les portes pour faire éditer son manuscrit. " La première fois que j'ai envoyé mon roman, c'était à un prestataire de services qui se faisait appeler maison d'éditions. Heureusement, je n'ai jamais signé aucun contrat qui me réclamait 2000 euros".

Steven Vadcar refuse d'avoir recours au compte d'auteur et continue son chemin.

"J'ai aussi tenté ma chance auprès de grandes maisons d'éditions comme Gallimard", raconte t-il. Des maisons d'éditions plus modestes lui répondent. Quoique négatives, les lettres l'encouragent à persévérer.

C'est ce qu'il fait en optant pour l'autoédition.

Autoédition et aide d'Envie d'agir

Dans son quartier, des éducateurs spécialisés l'orientent vers "Envie d'agir". Ce dispositif aide les jeunes à concrétiser des projets ambitieux en leur accordant une bourse de 1000 euros.

Avec le directeur d'une association partenaire, Steven Vadcar prépare sérieusement son passage devant le jury d'Envie d'agir. Il doit aussi chercher des partenaires financiers et reçoit l'appui de radios locales.

"J'ai mis un an à me préparer. Pendant un quart d'heure, face à un jury, j'ai dû défendre mon projet. J'ai réussi à être convaincant puisque j'ai obtenu cette bourse qui va me permettre de financer l'impression de 100 exemplaires" , explique t-il, non sans fierté. "Je leur ai lu les deux premières parties de mon roman. J'ai aussi mis en avant le fait que j'étais jeune et que je venais d'un quartier défavorisé". La présence de partenaires a également pesé dans la balance.

Correction, impression, promotion

Aujourd'hui, une amie douée en orthographe lui corrige son roman dont la sortie est prévue pour janvier 2011. Le choix de l'imprimeur est arrêté. "Dès que le travail de correction est terminé et que je reçois les 1000 euros sur mon compte, je contacte l'imprimerie", annonce le jeune auteur. Pour 100 exemplaires, le prix d'impression s'élève à 960 euros.

Lorsqu'on lui fait remarquer qu'il ne restera plus beaucoup d'argent pour la promotion, Steven Vadcar répond : "Les 100 premiers exemplaires, c'est pour me faire connaître et pour faire des bénéfices afin d'imprimer davantage la fois d'après ". Le Rouennais envisage de fixer le prix du livre à 13 euros.

S'ensuivra la promotion. Du 2 au 5 décembre 2010, le jeune auteur sera déjà présent au salon du livre jeunesse de Rouen : "l'occasion de parler de mon livre même s'il n'est pas encore sorti" et d'établir des contacts.

Pour contacter Steven Vadcar : michele.vadcar@orange.fr

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