Catholiques : la réconciliation des disciples d'Econe et de Rome

Lundi 16 avril 2012, Benoît XVI aura 85 ans, et la réconciliation, orchestrée par ses soins, avec les disciples de Mgr Lefebvre, est presque un miracle.
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Benoît XVI pourrait laisser l'image du pape de la réconciliation des catholiques dans l'histoire de l'église et de Rome.

En effet, Rome et Écône sont sur le point de sceller un accord, qui se traduira par la réintégration de tous les catholiques traditionalistes au sein de l'église romaine. Pour mémoire, Mgr Marcel Lefebvre, "fondateur des traditionalistes", est un homme d'église français né le 29 novembre 1905 à Tourcoing ( Nord ) et mort à Martigny (Valais) le 25 mars 1991 (à 85 ans). Comme l'indique le site Wikipedia, il fut "archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l'Afrique française, et il devient en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit . Figure de l'opposition au concile de Vatican II , il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X et le séminaire international d' Écône , créés pour « former des séminaristes en vue de la prêtrise ». En 1988 , il est excommunié latæ sententiæ pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l'aval de Rome....".

La signature d'un document entre Rome et Econe constituera un accord historique

Pour Mgr Bernard Fellay, joint par téléphone, "la signature d'un document fixant les relations entre le Saint-Siège et les disciples de Mgr Lefebvre est une question de jours.....". L'information a filtré dans plusieurs quotidiens français, ayant un large lectorat catholique.

Les revendications des catholiques traditionalistes sont parfaitement résumées par le site Wikipedia, qui précise "Elles sont avant tout religieuses. Ils sont attachés au rite romain ancien issu du concile de Trente (1545-1563), connu aussi sous le nom de « rite tridentin » ou de "messe de saint Pie V" (ou de Jean XXIII, voir plus haut), par opposition au Novus Ordo Missae (ou réforme liturgique ). D'autres motifs de discorde sont l'abandon officieux, suite à Vatican II, du latin et du chant grégorien , alors que le concile les maintenait officiellement pour la liturgie (officiellement, le NOM pouvant être célébré en latin, face à Dieu, avec le chant grégorien), mais aussi l'impossibilité de conduire certains offices tels que l'annuelle Messe des anges ou l' Office des Ténèbres ....".

L'abandon du chant grégorien dans la liturgie a en effet été une des conséquences des réformes liturgiques à la suite du concile de Trente, alors que le concile Vatican II qui a été le premier concile à définir le chant grégorien comme chant officiel de l'Église, comme l'indique avec précision Wikipedia. "Et le Missel romain issu du Concile Vatican II se place dans la continuité du travail commencé à la suite du concile de Trente : en énonçant les règles selon lesquelles le rite de la messe serait révisé, le IIe concile du Vatican a ordonné, entre autres, que certains rites "seraient rétablis selon l'ancienne norme des Pères", reprenant en cela les mots mêmes employés par saint Pie V, dans la Constitution apostolique Quo primum par laquelle, en 1570, il promulguait le Missel du concile de Trente...."

Officiellement, le Vatican attend la réponse de Mgr Bernard Fellay , le chef de fil des lefebvristes . C'est du moins l'information reprise dans "l'Observatore Romano" par certains quotidiens français. Sitôt reçue à Rome («c'est une affaire de jours et non plus de semaines", indique le porte parole du Vatican, contacté par téléphone), elle sera «aussitôt» analysée. Si cette réponse s'avère conforme aux attentes, le pape Benoît XVI annoncera très vite un accord historique avec cette branche de fidèles, plus connus sous le nom "d'intégristes".

Des émissaires de Rome et d'Ecône travaillent ensemble depuis plusieurs mois

De sources très officieuses, et dans la plus grande discrétion, des plénipotentiaires de Rome et d'Ecône ont travaillé, de part et d'autre, pour «aboutir à un accord». Ces dernières semaines, les ultimes étapes et réglages ont été finalisés entre Rome et Écône pour répondre au mieux aux demandes de «clarifications» sollicitées par le Vatican, le 16 mars 2012, comme le confirment plusieurs prélats de la curie.

Des négociations très diffciles et très délicate

Ce délicat dossier a été confié à la commission «Ecclesia Dei», abritée au sein de la congrégation pour la Doctrine de la foi, le plus important ministère du Vatican. Mais les initiés du Vatican savent qu'il est personnellement suivi par Benoît XVI. Et le pape veut un accord.

C'est ainsi que la réponse finale de Mgr Fellay, extrêmement pesée et bien préparée, devrait dénouer,- pour de bon, cette fois, une longue négociation très délicate qui fut relancée par Benoît XVI dès son élection en 2005. Certains cardinaux pensent même que Benoît XVI a été élu pape, malgré son grand âge, pour mener et réussir les négociations et la réintégration des traditionalistes au sein de l'église de Rome.

La meillleure preuve serait que le le Papel a placé son pontificat dans cette ligne de réinterprétation du concile Vatican II . Selon deux axes: évacuer l'esprit de «rupture» des années 68 et éviter d'opposer la plus haute tradition de l'Église à sa modernité.

L'accord va mettre fin à cinquante ans d'opposition

Cette réintégration attendue par de nombreux prêtres et catholiques se situe dans un contexte particulier. En effet, lundi 16 avril 2012, Benoît XVI aura 85 ans. Il est fatigué. Dans son entourage, contacté par téléphone, un cardinal explique : " Il a dû se reposer cette semaine à Castel Gandolfo de son épuisant périple au Mexique et à Cuba, puis des longs offices de la semaine sainte. Il devait retrouver le Vatican vendredi soir. En priorité sur son bureau, il y aura cette décision à prendre sur le dossier lefebvriste. Elle sera l'une des plus lourdes du pontificat....."

Depuis 50 ans maintenant, les traditionalistes de Mgr Lefebvre affichent leur opposition avec le Saint-Siège à propos du concile Vatican II. Le point d'orgue a été atteint avec une rupture juridique formelle, en juin 1988, quand Mgr Marcel Lefebvre ordonna quatre évêques malgré l'interdit du Pape.

Or, Joseph Ratzinger était chargé à l'époque par Jean-Paul II des négociations avec l'évêque frondeur. Il n'a jamais accepté ce qu'il considère comme un échec. Depuis qu'il est devenu pape, il a tout mis en oeuvre pour éviter la perspective d'un schisme durable dans l'Église catholique.

Et Benoît XVI pourrait laisser l'image du pape de la réconciliation des catholiques dans l'histoire de l'église et de Rome.

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